DOSSIER

Les témoignages des attentats


En janvier et en novembre 2015, la France a été touchée par une série d'attaques terroristes meurtrières qui a entraîné de fortes mobilisations citoyennes et le dépôt, devant des lieux symboliques, de témoignages que certains services d'Archives ont collectés.

CONSERVER


La mémoire de demain

Le temps de la sauvegarde

Aux collectes réalisées dans l'urgence a succédé un temps plus long : celui de la restauration et du conditionnement des différents témoignages récupérés.

Deuxième mission fondamentale des Archives, la conservation consiste à assurer l'intégrité physique des documents collectés. On distingue la conservation préventive qui désigne l'ensemble des mesures prises pour assurer la sauvegarde des documents en agissant sur les causes de leur détérioration, de la conservation curative (restauration) qui traite les effets de ces dégradations.

Les objets des collectes


État des lieux  
Sur 511 documents collectés après les attentats de janvier, 420 ont été conservés, certains étant trop endommagés pour être restaurés. En novembre, la pluie et la cire des nombreuses bougies disposées à leurs côtés ayant fortement abîmé les messages, seuls 279 ont pu être récupérés. Ainsi, le fonds « Je suis Charlie » est-il peut-être plus représentatif de la diversité des témoignages déposés par le public devant l'hôtel de ville, le fonds du « 13 novembre » étant quant à lui plus partiel.


Des témoignages matériellement hétéroclites
Composés essentiellement de messages écrits sur des feuilles de papier, des cartes ou du carton (souvent de récupération, notamment pour ceux déposés en novembre), ces fonds de témoignages comprennent aussi des dessins, des photographies, des peintures et quelques objets (banderoles, bougie, crayons, drapeau, galets, tee-shirt, robe, sculpture).



Des témoignages à restaurerLa restauratrice des Archives au travail. Photo Frédéric Maligne, Ville de Toulouse.
Si la collecte a été un travail d'équipe, la restauration qui suppose un long et minutieux travail technique a été confiée à la restauratrice des Archives, Alice Kerlo. Sa première action a été de séparer les objets puis de faire sécher les documents détrempés en utilisant du papier buvard quand l'encre commençait à couler. Ensuite, elle a entrepris la restauration des pièces qui étaient déchirées, froissées ou abîmées par la présence d'adhésif. Il s'agissait d'ôter délicatement, à l'aide d'une spatule chauffante, le scotch qui à terme risquait de les détériorer, pour le remplacer par du papier Japon en fibres de cellulose.


Des conditions de conservation spécifiques
Une fois restaurés, les témoignages ont été conditionnés dans des pochettes en plastique neutre protégées dans des boîtes et stockées dans des tiroirs, à l'abri de la lumière et de la poussière, dans une pièce dont l'hygrométrie et la température sont en permanence contrôlées. Les objets et compositions d'objets parfois volumineuses ont été protégés avec des matériaux spécifiques puis conservés dans des boîtes ou mis à plat sur des étagères.
 

Sauvegarder l'éphémère, le reportage de novembre 2015

Les campagnes photographiques
Les témoignages ont fait l'objet de campagnes photographiques in situ de la part des Archives et de la direction de la Communication de la mairie. Offrant une vision d'ensemble de ce que le public a déposé, ces prises de vue ont aussi permis de conserver une trace des documents trop dégradés ou éphémères pour être récupérés (tels les messages laissés à la craie, les installations de bougies, les fleurs).
En exemple, quelques images du reportage réalisé en novembre 2015 par Stéphanie Renard, photographe aux Archives de Toulouse.