L'image du moi(s)


Chaque mois, petit billet d'humeur et d'humour à partir d'images conservées aux Archives. Forcément décalé !

Image du moi(s) - année 2017


Odette Cheippe posant en compagnie d'un inconnu dans un décor de montagnes, lors d'une partie de tennis [entre 1916 et 1932]. Plaque photographique stéréoscopique négative, 9 x 12 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales 73Fi308 (fonds photographique de la famille Cheippe-Viot).

Mars 2017


Mars à la casse

Dites, en mars, ce n'est pas parce que les beaux jours pointent leur museau qu'il faut pour autant se croire tiré d'affaire.
Prenons mon cas par exemple : je me retrouve là, face à vous, alors que je n'ai rien demandé. En fait, j'étais bien tranquille étendu au soleil dans un parc, à sourire parmi les fleurettes naissantes, à les compter et à en conter à la femme la plus délicieuse qu'on puisse imaginer.
Puis voilà qu'on vient nous déranger pour m'apprendre que votre billettiste d'humeur habituel est allé dévaler des pentes enneigées. À son âge, ce sont des choses qu'on ne fait pourtant plus, à plus forte raison quand on n'a pas d'enfants pour vous y pousser.
Bref, l'inconscient se retrouve maintenant (après un bref héliportage non programmé) dans une chambre d'hôpital, hanche cassée, jambe fracturée, péroné brisé ou je ne sais quoi d'autre encore de travers.
Comme je suis bon prince, je lui souhaite un prompt rafistolage et rétablissement.
En revanche, me vient cette crainte : qu'un clown se mette en tête de venir dérider une de ses longues journées d'hôpital passée à fixer le plafond, immobile dans sa gangue de plâtre, et là il y a aura encore de la casse, je peux vous l'assurer.

Donc, un conseil, laissez-tomber la neige et allez taper dans une balle avec Odette. D'ailleurs, que je sache, Odette n'a jamais eu à souffrir de la moindre luxation ou entorse, et pourtant elle jouait en bottines à talons. Finalement, seule la plaque qui fixe cet instant est un peu cassée et rayée.

Et si vous voulez savoir comment s'est fini cet échange de tennis-ball, il vous suffit de cliquer ici.

http://basededonnees.archives.toulouse.fr/4DCGI/Web_VoirLaNotice/34_01/53Fi1612/ILUMP9999
Le carnaval étudiants dégénère, les jeunes font face aux forces de l'ordre place du Capitole, 27 février 1985. Négatif N&B, 2,4 × 3,6 cm. André Cros - Ville de Toulouse, Archives municipales, 53Fi1612.

Février 2017


Février fiévreux

Ne sentez-vous pas la fièvre monter ces derniers temps ? Une fébrilité ambiante. Une sorte d'état grippal généralisé qui n'augure rien de bon. Mi-énervé, mi-hébeté, on regarde, incrédule, les chaînes d'information continue. À poursuivre sur cette pente, notre santé risque de se détériorer irrémédiablement. Il faut réagir.
Je m'adresse à toi le fiévreux, à toi la goutte-au-nez, à toi le tousseur compulsif. Lève-toi de ton lit ou de ton canapé, et sors dans la rue. En pyjama, en robe de chambre, en pantoufles, en pilou-pilou, ce n'est pas grave. L'essentiel est d'être là. Vous tous, les grippés, les enrhumés, les rhinopharingés de la Terre, unissez-vous, mais évitez de vous toucher quand même, car vous êtes contagieux. Et puis méfiez-vous : quand on sort avec la fièvre, on peut faire des trucs bizarres.
Prenez l'exemple des étudiants toulousains en février 1985. Déjà, pour avoir l'idée d'organiser un carnaval, il ne faut pas aller bien. Imagine, tu t'habilles n'importe comment, et en plus tu défiles dans la rue devant les gens, et en faisant un vacarme pas possible pour bien qu'ils te remarquent. Franchement, si tu voulais te faire moquer, tu ne t'y prendrais pas autrement. Pour peu que tu sois un peu fébrile au départ, ça peut vite dégénérer.

 

Pierre Baudis en discussion lors de l'assemblée générale constitutive de l'association du Grand Sud-Ouest, le 25 mai 1979, à l'hôtel de ville du Capitole. Positif couleur, 4 × 5 cm, direction de la Communication - Ville de Toulouse, Archives municipales, 15Fi50/4.

Janvier 2017


Janvier, sur la vie de mon maire !

« Purée ! Ils font une exposition sur Pierre Baudis et ils m'ont même pas prévenu. Pourtant, la vérité, je l'ai bien connu moi, Pierre Baudis. Tiens, je me souviens même la première fois que je l'ai rencontré. On était dans la rue avec mon frère et le petit Majoral, on allait manger chez ma mère qui habitait encore à Saint-Aubin ; c'était la tradition, le mercredi, elle nous préparait des œufs à la soubressade, à mourir comme c'était bon.
Donc, on est dans la rue et je vois Guy, tu sais, celui qui est de Casa, qui arrive accompagné d'un type à fière allure. Il nous dit : « vous connaissez Pierre Baudis ? » en nous le présentant. Tout de suite il m'a plu cet homme. Franchement, on aurait pu croire qu'il venait de l'autre côté, tellement il était beau. Et après, chaque fois que je l'ai revu, au magasin ou chez Madame Sintès, toujours sympathique, toujours un mot pour la famille. Ma parole, un homme comme ça, sûr qu'il avait la baraka ».
A l'instar de ce témoin typique mais néanmoins imaginaire, ceux qui ont rencontré Pierre Baudis, qui fut maire de Toulouse de 1971 à 1983, en ont gardé mémoire. L'hommage qui lui est rendu dans la salle Henri-Martin du Capitole jusqu'au 15 janvier prochain permettra aux uns de raviver quelques souvenirs, aux autres de découvrir un homme dont la carrière politique, débutée en 1958, s'acheva avec son décès en 1997.