L'image du moi(s)


Chaque mois, petit billet d'humeur et d'humour à partir d'images conservées aux Archives. Forcément décalé !

Image du moi(s) - année 2018


La guerre. N° III. Série comique, 1914, carte postale illustrée, 9 x 14 cm, Jan Metteix – Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi5497

février 2018


Février les couleurs du drapeau

On le sait peu, mais la première version de notre drapeau national a été adoptée par la Convention le 15 février 1794. Il s'agissait alors du pavillon de la Marine de guerre française « bleu au mât, blanc au centre, et rouge flottant ». Il devint le drapeau national de France pour la première fois en 1812. La légende veut que ce soit le grand peintre David qui en ait réalisé les travaux préparatoires. Si vous voulez mon avis, à l'instar de Salvador Dali vantant les qualités d'une marque de chocolat, il a fait des trucs mieux dans sa carrière.
De toute façon maintenant, c'est trop tard, on ne peut plus changer, ou alors il faudrait faire une nouvelle révolution, et un étendard national, si laid soit-il, semble un motif bien futile pour entamer un grand chambardement. Par ailleurs, il y a quelque chose de vraiment vexant en matière de vexillologie, c'est le culot des Néerlandais. David ne s'est peut être pas foulé en 1794 mais alors eux ils ont juste fait pivoter notre drapeau de 90 degrés. Et voilà, le tour est joué. On frôle le casus belli !!! C'est vrai qu'elle pourrait être plus belle notre bannière, n'empêche que c'est la nôtre !
S'il faut en venir à la guerre, comment faire l'impasse sur la propagande patriotique qui a usé et abusé de l'étendard tricolore. Cette carte postale éditée à Toulouse durant le conflit 1914-1918 et signée par Jan Metteix, en est un bon exemple. Avec cette singularité d'un prosélytisme ésotérique où le message, au lieu d'être mis en évidence, est dissimulé. Bon, il faut reconnaître que ça ne vole pas très haut : « Merde pour le roi de Prusse ». C'est à peu près du niveau de la cour de récréation. Ah ! c'est sûr que si les Allemands avaient pu déchiffrer ce message, ils auraient été bien attrapés ! Mais reconnaissez qu'on ne leur a pas facilité la tâche ; non seulement c'est écrit en français, mais en plus à l'envers. Ils sont probablement passé à côté, occupés qu'ils étaient à monter la garde au milieu d'un plat de choucroute en tenant un chapelet de saucisses à la main.

 

Vue de Jacqueline du Bief effectuant un saut de patinage artistique à Toulouse en septembre 1953, Négatif N et B, 6 x 6 cm. André Cros – Ville de Toulouse, Archives municipales, 53Fi4971.

janvier 2018


Dans les bras de janvier
Les premiers jours suivant les fêtes de fin d'année sont généralement assez décevants. Premiers accrocs dans les nouvelles résolutions prises 35 minutes auparavant. Cadeaux rigolos offerts par personnes sinistres, revendus sur Internet. Fermetures éclair et boutons à la peine, la tartiflette n'y est pas étrangère, à moins que ce soit le foie gras, ou le chapon ; pourtant la bûche avait l'air légère ! Ce n'est quand même pas le vin chaud ou le champagne...
Je vous le dis tout de suite, cette attitude n'est pas la bonne. C'est déjà pénible d'être bouffi : s'il faut que ce soit en plus de culpabilité, autant renoncer. Prenons exemple sur nos amis animaux : au lieu de s'interroger sur le bien fondé de l'ingurgitation de 150 noisettes ou de questionner la nécessité de dévorer un banc de truites saumonées, une fois rassasiés, ils hibernent.
Et après tout, que va-t-il se passer de vraiment si intéressant d'ici la fin du mois de mars ? Ne pourrions nous pas aussi décider de passer les trois prochains mois au lit et n'en sortir qu'au retour des beaux jours ? Il suffirait pour cela de se munir d'un bon livre, bien épais : tenez, au hasard, le second volume de l'Encyclopédie historique de la photographie à Toulouse (1914-1974) de François Bordes publié voici quelques semaines aux éditions Privat. Vous y trouveriez un article complet consacré à André Cros, auteur de ce magnifique cliché de Jacqueline du Bief, championne du monde de patinage artistique, qui semble se pâmer dans les bras d'un amant invisible.