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Le canal du Midi


Toulouse célèbre doublement le canal du Midi en 2016 : les 350 ans de l'édit de construction et les 20 ans de son inscription UNESCO. Découvrez le canal dans la ville, sa richesse historique et patrimoniale souvent méconnue.

Une histoire en cinq étapes


Le XVIIe siècle


Depuis l'Antiquité, de nombreux projets de création d'un canal reliant l'océan Atlantique à la mer Méditerranée ont été imaginés.

La conception d'un tel ouvrage aurait en effet constitué un véritable enjeu économique et politique, en évitant aux bateaux et aux marchandises de contourner la péninsule Ibérique. Mais le problème, récurent, de l'alimentation en eau d'un tel ouvrage avait réduit à néant les projets successifs. C'est en parcourant la Montagne Noire que Pierre-Paul Riquet chercha et trouva le premier la solution à ce problème jusque là demeuré insoluble.
Dans un contexte politique d'affirmation de l'absolutisme royal, Pierre-Paul Riquet propose un « grand dessin visionnaire ». Les moyens techniques mis en œuvre pour le creusement du canal et pour la construction des ouvrages d'art qui lui sont associés sont exceptionnels pour l'époque. Terrassement, déblaiement des terres constituent un véritable défi technique, auquel le génie inventif de Riquet ne cessera de répondre.
Les travaux débutent en janvier 1667, le canal est inauguré le 15 mai 1681 et finalement ouvert au trafic en juillet 1684 sur la totalité de son parcours. Mais le tronçon entre Castelnaudary et Toulouse fonctionnait déjà depuis 1674.

[Canal du Midi], Carte du Canal du Midi entre Toulouse et Sète mettant en lumière l'alimentation en eau du Canal. 1681. Titre : "La Carte des Eaux de la Montagne Noire, du Lers, du Fresquel, de l'Aude et autres Rivières emploïées pour le Nouveau Canal de Languedoc et pour la Jonction des deux Mers Océane et Méditerranée, jusqu'à la présente année 1681 par P. Du Val, géographe du Roy. En Bas, à gauche : "à Paris, chez l'auteur en l'Isle du Palais, sur la Quay de l'Horloge, au Grand Louis. Avec Privilège du Roy. 1681. "DU VAL, P. (géographe du Roy), DU VAL, P., Paris, 1681, 44 x 56. Archives municipales de Toulouse, 20 Fi 167.

[Canal du Midi], Carte du Canal du Midi entre Toulouse et Sète mettant en lumière l'alimentation en eau du Canal. 1681. Titre : "La Carte des Eaux de la Montagne Noire, du Lers, du Fresquel, de l'Aude et autres Rivières emploïées pour le Nouveau Canal de Languedoc et pour la Jonction des deux Mers Océane et Méditerranée, jusqu'à la présente année 1681 par P. Du Val, géographe du Roy. En Bas, à gauche : "à Paris, chez l'auteur en l'Isle du Palais, sur la Quay de l'Horloge, au Grand Louis. Avec Privilège du Roy. 1681. "DU VAL, P. (géographe du Roy), DU VAL, P., Paris, 1681, 44 x 56. Ville de Toulouse, Archives municipales, 20 Fi 167.

Le XVIIIe siècle


A partir de 1720, Toulouse connaît une période de prospérité due à la modernisation des campagnes environnantes et à l'ouverture du canal de Languedoc.

L'apparition d'un urbanisme volontaire et planifié favorise l'activité économique, les projets d'embellissement et de développement de la cité. Entres autres travaux et desseins urbains, les améliorations apportées aux voies de circulation sont notables.
La construction du canal de Brienne (ou canal de Saint-Pierre), ouvert à la navigation le 14 avril 1776, appartient à ces grandes opérations. Il assure la jonction entre la Garonne en amont du barrage du moulin du Bazacle et le canal du Midi au bassin de l'Embouchure. Les bateaux pouvaient ainsi éviter le passage dangereux de la chaussée du Bazacle pour rejoindre le canal depuis le port Saint-Pierre.

En outre, le port Saint-Etienne devient le centre du commerce des grains et la principale porte d'entrée de la ville à partir du milieu du XVIIIe siècle. Pour répondre aux besoins toujours grandissants des négociants et des bateliers, peu d'années avant la Révolution Française, l'extension du port Saint-Étienne est mise en œuvre.

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Le XIXe siècle


Grâce à la construction du canal latéral à la Garonne (ou canal de Garonne) à partir de 1838, le rôle économique du canal du Midi a été conforté. En effet, elle a permis d'assurer la poursuite de la navigation de Toulouse à Bordeaux et l'aménagement des écluses de dérivation a facilité l'exploitation à des fins industrielles de l'énergie hydraulique ainsi disponible.
En 1852, la concession simultanée du chemin de fer et du canal latéral, en construction tous les deux, à la même compagnie lie ces deux voies de communication pour de nombreuses années. L'objectif est de développer en parallèle deux modes de transport jugés complémentaires et également d'éviter que le chemin de fer ne prenne son essor au détriment du canal.

Le vaste programme de construction du port Saint-Sauveur et des bassins du radoub, entamé en 1830, avait déjà offert aux négociants et bateliers des infrastructures adaptées à leur activité.


XXe siècle


Malgré les volontés affichées, dès la fin du XIXe siècle, le canal subit la concurrence du chemin de fer.

Dans le courant du XXe siècle, son obsolescence dans le domaine économique est amplifiée face à l'évolution des autres modes de transport. Ancien donc moins adapté aux nouveaux moyens de locomotion, peu adaptable, il a failli être remplacé par une voie rapide dans la ville.
En revanche, son attrait patrimonial et paysager contribue au développement du tourisme fluvial, surtout à partir des années 1980, et permet de donner un second souffle à cet ouvrage d'exception.

Reconstruction du pont de Guilheméry. Vue d'ensemble de la zone. 08 septembre 1975. Négatif N&B. Direction de la communication. Archives municipales de Toulouse, 15 Fi 1227/6.

1996


Le 7 décembre 1996, l'UNESCO a inscrit le canal du Midi et le canal de Brienne sur la liste du Patrimoine Mondial.

 

Le canal du Midi, printemps 2009-2010, Patrice Nin. Pôle image, Direction de la communication de la ville de Toulouse, L1003382.Le canal du Midi, automne-hiver, 2009-2010, Patrice Nin. Pôle image, Direction de la communication de la ville de Toulouse, canal-midi-37.

L'inscription sur cette liste consacre la valeur universelle exceptionnelle d'un bien culturel ou naturel afin qu'il soit protégé au bénéfice de l'humanité.« Le Comité a décidé d'inscrire le bien proposé sur la base des critères culturels (i), (ii), (iv) et (vi), considérant que le site est de valeur universelle exceptionnelle en tant qu'une des réalisations les plus extraordinaires du génie civil de l'ère moderne. Il est représentatif de l'étechnologique qui a ouvert la voie à la Révolution industrielle et à la technologie contemporaine. En outre, il associe à l'innovation technologique un grand souci esthétique sur le plan architectural et sur le plan des paysages créés, approche que l'on retrouve rarement ailleurs. »

En savoir plus : whc.unesco.org/fr/list/770