Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

Amer


avril 2018

DANS LES ARCANES DE


Foire de Toulouse 1932 au cours Dillon : réception extérieure. Joseph Saludas. Ville de Toulouse, Archives de Toulouse, 1Fi5543 (détail).

Jusqu'à la lie


avril 2018

Arcanes d'avril tente de garder le cap en vous offrant de manière très détournée de prendre la vague, entre ciel et a(mer), avec un peu d'amertume, mais sans vous faire payer une amende trop amère. Qu'importe le flacon… il faut parfois boire la coupe jusqu'à la lie. En 1932, l'assemblée composée uniquement d'hommes – ce qui ne semble pas très paritaire à notre époque – s'apprête à lever son verre pour célébrer la foire de Toulouse. On ne peut pas lire une joie intense sur leurs visages, mais impressionnés par le photographe planté en face d'eux, ils intériorisent peut-être leur bonheur de partager ce moment de convivialité ensemble.
Installée au cours Dillon en 1928, la foire prit ensuite place sur les allées Jules-Guesde, les allées Frédéric-Mistral, puis au parc municipal des sports sur l'île du Ramier. Elle est aujourd'hui organisée au Parc des expositions. Vous avez d'ailleurs encore peu de temps cette année pour aller en profiter !

ZOOM SUR


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Parc Municipal des Sports. Piscine Nakache, île du Ramier. Années 1940. Vue de la piscine et de la brasserie attenante, avec de nombreux nageurs ainsi que des hommes et des femmes assis sur des chaises en enfilade. Présence de parasols publicitaires pour l'apéritif Dauré. Joseph Saludas, Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi1601.

La mer


avril 2018

- Quelle chance de vivre à Toulouse, vous avez la mer n'est-ce pas ?

Voici un exemple de remarque désobligeante servie généralement par nos congénères vivant au nord de la Loire, de ceux qui ne savent pas les noms des viennoiseries, et qui vous placent allègrement sur une carte la ville rose près de Palavas-les-Flots. Donc non, il n'y a pas la mer à Toulouse. En revanche, nous avons la piscine Nakache sur l'île du Ramier : Toulouse-plages avant l'heure. Un rayon de soleil et nous voilà rêvassant mollement au prochain apéritif siroté crânement sous un parasol, les yeux plissés en regardant les enfants se baigner et les jeunes premiers exhiber leurs corps sculptés.

Les goûts se suivent et ne se ressemblent plus, car si les amers furent en vogue jusqu'aux années 1970 (soyons sérieux, nos souvenirs de Suze-cassis remontent bien à l'époque des cols de chemise en pelle à tarte), ils déclinèrent au profit, entre autres, des vins cuits, plus sucrés, que nous leur préférons aujourd'hui. Et, loi Evin oblige, c'en est terminé des placards vantant les mérites des Campari, Bitter, Suze et autres élixirs de gentiane. Heureusement, il nous reste les archives photographiques pour apprécier un affichage à faire se retourner n'importe quelle vésicule biliaire.


 

DANS LES FONDS DE


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Sentence des capitouls, rendue le 19 décembre 1771 contre Jean Sacaley, imprimée et publiée le 21 dudit. Ville de Toulouse, Archives municipales, BB167, pièce n° 55 (détail).

100 sols, l'amende amère


avril 2018

Lorsqu'on a fait une bêtise quelconque (et l'échelle des bêtises est vaste), il faut s'attendre à être jugé par les capitouls. Les sentences sont adaptées à la gravité de l'acte, rien de bien étonnant à cela.

Dans l'échelle des punitions, suite à des sottises répréhensibles, on peut imaginer que les amendes décernées par les capitouls ne concernaient que celles des petites infractions.
Vrai, mais... pas tout à fait.
- Omettre de balayer les immondices devant sa porte, cela vaut bien une amende.
- Un pot de chambre déversé malencontreusement sur la perruque d'un passant, c'est non seulement une amende, mais aussi des dommages et intérêts (une perruque supportant mal le pressing, il faut en rembourser à son propriétaire la valeur d'une nouvelle).
- à ne pas tenir son chien à l'attache avant les vendanges et le laisser divaguer dans les vignes, on écope aussi d'une amende ; en prime, le vigneron peut, en toute impunité, mettre à mort votre cabot glouton.

Bon, vous admettrez qu'il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, ces amendes restent raisonnables.

Elles apparaissent même ridicules lorsqu'on lit trop rapidement certaines sentences de nos anciens magistrats municipaux. En effet, nombre de leurs jugements portent que la personne fautive d'un crime quelconque est condamnée à 100 sols d'amende (en faveur du roi).
À s'arrêter là, on ricane et... non, revenons-y. Lorsqu'on tombe sur ces 100 sols, c'est au contraire le signe invariable d'une sentence plutôt coriace. En effet, ce terme clôt les jugements à mort où le condamné se voit aussi dépouillé de ses biens (distraction faite d'un tiers pour sa femme et enfant s'il en a), ou bien encore de ceux qui sont simplement fouettés et bannis de la ville, ou envoyés aux galères.

Bref, mieux vaut transcrire les sentences dans leur intégralité sous peine de se fourvoyer, car ces maigres 100 sols cachent bien une réalité autrement plus amère.

Société des sauveteurs toulousains et de la Haute-Garonne. Bateau de sauvetage dans la Garonne. Vers 1910. Carte postale N&B, 9 × 14 cm. A. Baudillon - Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi7272.

Vague à l'amer


avril 2018

En navigation, un amer est un point de repère fixe, situé sur la côte et identifiable sans ambiguïté (clocher, tour, bâtiment isolé), utilisé pour se guider. Un peu comme un phare au milieu de la tempête… ou une base de données dans un océan de ressources documentaires.
Affublée de différents noms et de différentes formes (inventaire, catalogue, fichier ; papier, électronique, en ligne), elle n'en reste pas moins le point d'ancrage de toute recherche effectuée dans les collections des musées, des bibliothèques ou des archives, interrogeable selon un chenal balisé ou la plupart du temps tous azimuts.
Pour faciliter la navigation des chercheurs, ou des simples curieux, l'équipe des Archives se réunit régulièrement pour partager, échanger, se confronter et finalement améliorer les notices descriptives des documents qu'elle conserve ou proposer des aides à la recherche.
Bien sûr, il y a encore quelques remous ici où là : l'ampleur de nos collections et la complexité de certains documents nous met souvent au défi, mais c'est bien là ce qui fait le sel de nos métiers… tout comme la volonté collective de ramer dans la même direction.
Alors, à votre tour de prendre la mer… et bon vent !

DANS MA RUE


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Ornement couronnant la porte cochère du 8 rue du Pont-de-Tounis. Phot. Friquart, Louise-Emmnauelle ; Krispin, Laure, Ville de Toulouse ; Toulouse Métropole ; Inventaire général Région Occitanie, 2006, IVC31555_06310016NUCA.

Comme disait Jules Renard « Le bonheur est dans l'amertume »…


avril 2018

Dès que l'on pense à « l'amer », il nous vient à l'esprit, tel un réflexe pavlovien, l'image d'une bouteille de bière. Produit millénaire, la bière bénéficie, depuis une dizaine d'années, d'un nouvel engouement grâce au développement d'une filière de petites brasseries artisanales locales. Toutefois, Toulouse comptait déjà, dès la fin du 18e siècle, des établissements qui brassaient le houblon, malgré les difficultés d'approvisionnement de la plante venant du nord. S'ils ont été nombreux au 19e siècle, il n'en restait que deux après 1950, selon l'érudit Pierre Salies. Néanmoins, des vestiges visibles sur certaines façades révèlent encore cette mémoire.

Au 8 rue du Pont-de-Tounis, une sculpture ornant une des arcades montre un joyeux barbu, un verre de bière à la main. Un tonneau, des épis de blé et une branche de houblon sont également représentés. Il s'agit de l'enseigne de la brasserie « La Strasbourg ».


En haut des allées Jean-Jaurès, au 4 rue de Belfort à l'angle de la rue Corot, une mosaïque très lacunaire laisse deviner l'inscription « Brasserie Alsacienne ». Ici, se situait un des établissements brassicoles toulousains qui semble avoir fonctionné jusque dans les années 1940, moment où les bâtiments sont réaménagés en logements. On y voit encore l'ancienne malterie ouvrant sur la rue Corot.

 

SOUS LES PAVÉS


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Carte du ciel du 13e siècle, basilique Saint-Sernin de Toulouse, 2009. Jean-François Peiré, DRAC Occitanie.

Le ciel et l'amer


avril 2018

Demandez à un archéologue ce qu'évoque pour lui le terme « amer », il vous répondra très probablement « bière »... Mais cette boisson, déjà fabriquée par les Gaulois, a-t-elle laissé des traces archéologiques ? En fait, il semble que l'on peut associer à sa fabrication de grandes jarres, souvent munies d'un trou de soutirage, et des vases de ce genre ont bien été retrouvés dans la région toulousaine sur des habitats de la fin de l'âge du Fer. Mais malheureusement les parois de ces poteries ont été soumises à une analyse chimique qui n'a décelé aucune trace de boisson fermentée. Résultat : au revoir la piste d'une bibine celtique locale…

Mais « l'amer » a un sens plus méconnu : celui d'un repère utile à la navigation. On peut penser que dès le Moyen Âge le clocher de la basilique Saint-Sernin fut pour Toulouse l'élément du paysage urbain le plus visible, mais de là à imaginer que les bateliers qui descendaient la Garonne, ou plus tard parcouraient le canal du Midi, s'en sont servi comme phare… Le repère n'est peut-être pas là où on le cherche et il ne faut pas regarder l'extérieur de Saint-Sernin mais plutôt parcourir ses entrailles. Et dans une galerie un peu cachée, on aura la surprise de découvrir, dessinées sur un mur depuis le 13e siècle, deux cartes du ciel qui ont permis à des astronomes médiévaux de repérer les planètes avec le soleil en guise d'étoile d'amer...

EN LIGNE


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Elévation de façade d'un immeuble collectif avenue de Lombez réalisé par l'architecte Jean-Pierre PIERRON. Ville de Toulouse, Archives municipales, 579W1025/d.

L'amer tue, me dit-on, sauf aux Archives…


avril 2018

Ne soyez pas amers, vous n'avez plus aucune raison d'errer à la recherche des plans de votre maison ou de votre appartement.

Conscients des difficultés que vous pouvez rencontrer face à l'océan de permis de construire conservés aux Archives municipales de Toulouse (plus de 66 000, de 1943 à 2002), nous vous guiderons désormais dans vos recherches à toutes heures du jour et de la nuit ! Par quel miracle me direz-vous ?!

Grâce à une toute nouvelle page de notre site internet, un véritable petit guide numérique vous expliquant le pourquoi du comment du permis de construire, comment le trouver, le consulter, et même le reproduire au besoin. Alors, ça va mieux ?