ARCANES, la lettre

Zoom sur


Chaque mois, les Archives présentent dans la rubrique "zoom sur" un document issu de ses fonds, nouvellement acquis ou bien un document exceptionnel. Retrouvez ici une petite compilation de tous ces articles.

ZOOM SUR


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Décors, tableaux et sculptures des salles de l'hôtel de ville dit Capitole : salle du conseil municipal. Les Vendanges, par Henri Bonis. Stéphanie Renard – Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num5/32 (détail).

Non merci, jamais pendant le service, de plus je préfère le rouge.


février 2017
En janvier, après les soldes, c'est le blanc. Avant le nettoyage de printemps, on commence à rafraîchir les atmosphères confinées de nos habitations, où flottent encore parfois quelques relents festifs de dinde, de galettes et bientôt de crêpes. Champagne, mousseux, clairette, citrate de bétaïne ou Alka Seltzer, que de boissons légères aux vertus plus ou moins bienfaisantes et dont le point commun est leur couleur, réelle ou promulguée, blanche.
Notons qu'en matière de boissons, l'art de la litote emploie beaucoup les couleurs, comme si cette celle-ci permettait de couvrir un tabou d'un voile recommandable, pur et innocent comme une tête blonde à l'âge où elle apprend que le mouton est blanc, grise la souris, jaune le lion et vert le crocodile. Étonnons-nous après que la langue française soit réputée difficile, alors qu'elle n'est qu'imagée. Comment expliquer que l'on peut commander un p'tit noir serré, un jaune ou du rouge à un homme vêtu de noir et de blanc, qu'on peut lui demander un verre mais pas un vert, qu'on envoie balader le vendeur de roses, qu'il est troublant de s'y pointer avec des bleus (mais que si ce sont les Bleus, attention, on risque de finir gris), et que finalement, l'emblème de la ville rose, construite couleur brique, est la violette ? C'est à y perdre son latin ou son occitan.
Heureusement il existe un monde où les choses sont simples, il se trouve somewhere over the rainbow, on y fait les vendanges entourés d'enfants joueurs à l'heure où les rayons de soleil ruissellent sur les grappes bleues de vignes vigoureuses. Ce monde enchanté existe bien : je l'ai vu, je l'ai même photographié ! Il se trouve dans la salle du conseil municipal, au Capitole, et est représenté par Henri Bonis, qui y mettait en valeur, au tournant du siècle dernier et de l'avant-dernier les produits toulousains.
Rappelons que le produit de la vigne ne se consomme pas pendant les séances du conseil et que, d'autre part, il est bon d'en user avec modération.
Exemplaire de voiturette électrique, rue du Poids de l'Huile, 8 mars 1974. Direction de la Communication - Ville de Toulouse, Archives municipales, 2Fi2714.

Vroum.


janvier 2017

Feu. Feu les embouteillages, feu les difficultés de stationnement, feu la pollution aux particules fines, feu le bruit des moteurs, feu le casse-tête pour ranger les valises et mamie dans le coffre, et les disputes pour savoir qui prend le volant. La voiturette électrique serait LA solution à tous nos problèmes existentiels. Et comme elle vivrait avec son temps, elle pourrait se trouver en version « responsive » !

Imaginez la berline dans le garage de la maison : elle ferait l'émerveillement des amis, vous pourriez y prendre place en famille, prêts à partir pour les pistes. Adaptable à la ville, elle se faufilerait partout en taille mini, se garant comme sur la photo, et puis le soir, on la rangerait comme le téléphone, dans la poche arrière du jean, après l'avoir repliée comme une tente de camping. Pop ! Eh bien, elle a existé cette voiture, il y a des preuves, photos non retouchées à l'appui.


Alors quoi, trop en avance sur son temps ? Trop individualiste pour une France en explosion démographique ? Trop petite pour une société qui voulait voir les choses en grand ?

Dans ces années-là, faute de pétrole, on avait des idées… Pour une plongée dans le Toulouse des années 1970, faites donc un petit tour du côté des nouvelles numérisations du « 15Fi », le fonds de la direction de Communication de la ville, créé par Pierre Baudis en 1972 sous le nom de STC (service des techniques de communication), et qui contient près de 11 000 reportages, dont 3 000 sont en cours de traitement et déjà en ligne.

Garonne, pont du Garigliano. 23 août 1974. Reportage sur les travaux de creusement et de coffrage du passage souterrain du pont Garigliano. Pôle image de la direction de la Communication. Ville de Toulouse, Archives municipales, 15Fi1209/4.

Grillé.


décembre 2016

Ou presque grillagé, ou derrière les barreaux, ou comme un lion en cage. Ou alors quadrillé, tiens, oui, quadrillé. Comme un artiste qui, en voulant reproduire son paysage, aurait aussi reproduit la grille lui permettant de le faire... C'est bien, on peut jouer à la bataille navale avec toutes ces cases : touché-coulé ! Soyons un peu légers, ce monde est bien lourd. Nous avons la vue obstruée par les grilles du quotidien, le corps empêché par l'armure de la société, les idées toutes pensées par le carcan de l'habitude, nous manquons d'air, étouffés que nous sommes par la pollution atmosphérique de ces temps apocalyptiques... Ce qu'il nous faudrait, c'est prendre un peu de hauteur. Tiens, essayons. Sortons du cadre de cette photo, et grimpons sur le toit de l'immeuble, oui, celui-là, là. Ou si vous avez le vertige, placez-vous au moins à la fenêtre la plus haute. Voilà. Comme ça, à l'air libre, la vue dégagée, du moins en 1974 elle l'était encore.

A cette époque, la circulation alternée n'existait pas, on pouvait rouler sur n'importe quelle voie, on pouvait brûler du gasoil, klaxonner, griller les feux, rouler sans casque : la circulation à Toulouse était un enfer. Ville engorgée, ville asphyxiée. On n'y croit pas quand c'est dit comme ça, mais je vous assure, j'ai vu des photos (et vous en verrez aussi sous peu...). D'ailleurs ce fut un des grands chantiers de Pierre Baudis : réguler la circulation, fluidifier les déplacements dans et autour de la ville. Comment ? En mettant en place les rocades, les bretelles à deux fois deux voies, comme ici, boulevard du Maréchal Juin, près de l'Île du Ramier au niveau du pont de Garigliano. Mais aussi en sensibilisant la jeunesse à la civilisation routière, vous voulez voir ? Montez donc salle Henri-Martin [NDLR : au Capitole] à partir de demain... l'exposition sur Pierre Baudis vous y attend ! Allez, un petit teasing en attendant.

Pile du vieux pont suspendu, après dynamitage. Vestiges d'une pile du pont Saint-Pierre avec, en arrière-plan, l'usine et la chaussée du Bazacle. Cliché Francis Alexandre, direction de la communication. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2Fi1202.

Pile.


novembre 2016

Comme une chaloupe de pierre échouée en pleine Garonne, fermant la porte sur un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, l'ancien pont Saint-Pierre expirait ici, soufflé par la dynamite. Boum.

La photographie du sous-œuvre éventré que nous avons ici nous livre sans ambages la face cachée de la pile, son intérieur, son intimité, son moi profond, si je puis dire. Et, nous transformant un instant en augure, on voit très bien dans ces entrailles le blocage (ou remplissage) de béton derrière le parement de briques, remontant à la construction du premier pont. L'autopsie ainsi réalisée détermine donc que le cadavre naquit en 1852 : paix à son âme.

Des restes de cette pile, tel un bateau de pierre ivre de soleil sous un ciel d'azur, allaient renaître en 1986 un ouvrage d'art, d'esthétique plus légère sur une nouvelle structure, réalisé par l'entreprise Campenon-Bernard. Le cinquième pont Saint-Pierre, le nôtre, avec ses piles neuves, est parti pour durer au moins deux fois plus longtemps que les quatre précédents. En revanche, l'arche suspendue des temps jadis est, elle, bel et bien perdue.

[Pyrénées. Gavarnie. Brèche de Roland] - Mention manuscrite sur la plaque : « 108 ». Vue d'ensemble panoramique.Négatif NB sur plaque de verre, 13 × 27 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 67Fi122.

Roland


octobre 2016

Oui, il y a un olifant au musée Paul-Dupuy, celui-là même qui aurait servi au neveu à prévenir son Charlemagne d'oncle que l'arrière-garde était tombée en embuscade, pour faire court. Mais laissons le cor où il est, et prenons le décor à bras le corps.
La composition étagée de l'image montre des strates minérales, plus ou moins accidentées, qui s'étendent du premier à l'arrière-plan, de gauche à droite, avant de laisser un morceau de ciel, là, tout en haut, respirer. Ouf. À la lisière entre la terre et l'air, une curieuse bande rocheuse en pointillés s'érige, mystérieuse, dans un sourire édenté.
Nous ne sommes pas au Far West, John Wayne ne va pas dévaler la pente sur un cheval fougueux, pas plus que Tornado ne va se cabrer sous un éclair vengeur. Non. En revanche, nous pouvons admirer le résultat de la colère (ou du désespoir) de Roland qui, voulant détruire son épée avant de mourir, la jette contre la montagne... qui ouvre une brèche (oui m'sieurs, dames) ! À moins que ce ne soit son cheval qui frappa du sabot, mu sous les mêmes tourments que le maître. Peu importe la version, pourvu qu'on ait l'ivresse, la féerie de l'imagination, et que, par le bout de la lorgnette montagneuse, l'on puisse voir, de l'autre côté... l'Espagne !

L'abbé Ludovic Gaurier (1875-1931) était un pyrénéiste et limnologue éminent du début du 20e siècle. Il a laissé de nombreuses photos de ses expéditions en montagne, dont les Archives municipales de Toulouse conservent un fonds constitué de plaques de verre. Vous les trouverez dans la sous-série 67Fi.

Montres solaires en laiton gravé (avec boussole). Cliché : pôle image de la direction de la Communication. Ville de Toulouse, Archives municipales,15 Fi 3062.

Ô.


septembre 2016

Comme un sou neuf, ils brillent. Que sont-ce ? Deux cadrans solaires horizontaux, en laiton, avec boussoles intégrées s'il vous plaît, conservés au musée Paul Dupuy. De tels instruments de mesure furent créés par un ingénieur de Louis XIV, ceux-ci étant signés de l'un de ses successeurs, Jean Lefébure, actif sous Louis XV.

Voyez-donc sur ce détail le petit index en forme d'oiseau dont le bec pointe sur les graduations des latitudes. Oui, parce que nous ne sommes qu'au 18e siècle, et que Tom-Tom® n'est pas encore sur le marché, il faut indiquer à la montre à quelle distance et inclinaison se trouve le soleil. Ces petits objets, dont nous n'avons ici que des photos, sont apparentés à la section horlogerie du musée. Normal : ils donnent l'heure. Et le nord.

Et avoir un nord, c'est bien. Pour les tête-en-l'air et les déboussolés, pour les voyageurs et les indécis, pour ceux qui vont et ceux qui viennent, c'est important d'avoir une direction, un chef de travaux, une ligne directrice, un fil d'Ariane. Nous sommes le territoire, nous avons la carte, arrive la rose des vents, le point cardinal : nous avons un nouveau directeur !

Pose des rails du tramway, 04-04-1929. Carrefour rue Alsace-rue de Metz; Place Esquirol. 4 avril-1929. Vue d'ensemble en plongée. Louis Albinet. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2 Fi 788.

Oust


juillet-août 2016

« Hit the road, Jack », dehors et place à la relève, à la nouveauté, à la technologie. Autrement dit, on ôte les vieux rails qui commencent à dater (1887, on peut dire que ça date) et on dote la place Esquirol de l'aiguillage complexe qui lui échoit. En tant que croisée des chemins, ou du moins des deux axes du cœur de ville, elle est centrale dans le réseau des transports de la Société des Transports en Commun de la Région Toulousaine.

Nous sommes en avril 1929, et, depuis 2 ans, Léon Planchot, qui a du pain sur l'ouvrage, remet sur rails et dans le droit chemin la STCRT. L'heure est au changement -c'est-maintenant-, et quand il s'agit de moderniser, on n'y va pas avec le dos de la pioche : on remplace. C'est pourtant le début de la fin, le déclin pas encore annoncé du tramway toulousain, qui, tandis que la Garonne continue de filer sous ses ponts pavés de bonnes intentions, se voit peu à peu concurrencé puis remplacé par l'autobus, dont les premières lignes circulent déjà en cette année 1929.

Aujourd'hui, les rails ont disparu mais pas la circulation, les bâtiments sont toujours là même si les commerces qu'ils abritaient ont changé. Ainsi va la vie, les routes se croisent et s'en vont, chacune vers son horizon, ou du moins jusqu'à la station suivante. Estacion venanta esquiròl [ɛstajubenɛntoɛskirɔl].

Transport d'arbre au domaine de la Flambelle. 17 septembre 1964. André Cros. Ville de Toulouse, Archives municipales, 53 Fi 4750.

Recyclage


juin 2016

Recycler, c'est réutiliser ce qui existe et qui ne sert plus, autrement dit, faire du neuf avec du vieux. Et en matière de vieux, aux Archives, on a de quoi faire (non, je ne parle pas du personnel.) Mais de là à dire que le vieux ne sert plus, il y a plusieurs pas que je ne franchirai pas (je tiens à ma place). Et même, je vais vous faire une confidence, les archives ne sont pas recyclées. Non non non, on n'envoie pas les tonnes de papier entreposées dans les magasins se faire mâcher, digérer, et finir en cahiers d'écoliers.

En revanche, on recycle ce que l'on veut pour Arcanes. La photographie étant plutôt mauvaise élève en matière de recyclage, je me suis dit que mine de rien, j'allais dévier de la trajectoire. Car, voyez-vous, deux solutions s'offraient à moi : soit recycler un article ancien de cette lettre, soit parler de réutilisation au sens plus large. Alea jacta est, j'ai choisi la deuxième, et par l'exemple, s'il vous plaît.

Et hop, ni vu ni connu, voici une image d'André Cros commandée par la pépinière de la Flambelle en 1964. Nous la recyclons ici, sur le site des Archives, pour illustrer l'outil de recherche en ligne, où vous trouverez certainement de quoi vous éviter le déplacement, et les émissions de CO2 qui vont avec !
La prochaine fois, on la sérigraphie sur des tee-shirts ;)

21. Exposition de Toulouse 1908. Édition officielle. Village Noir. Famille Sénégalaise. Jardin des plantes. Mai-octobre 1908. Portrait en pied d'une famille sénégalaise de quatre personnes posant devant une case du Village noir, à l'occasion de l'exposition internationale de Toulouse en 1908. Au verso, tampon : "collection Warnant". Carte postale NB, 9 x 14 cm, Provost. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9 Fi 227.

Noir.


mai 2016

Faut voir. D'autres sont vus, ou regardés. C'est une question de point de vue. La grande tradition des non moins grandes expositions internationales de la fin du 19e et début du 20e siècles en faisait son sujet : venir voir. Tout. Et le tout Toulouse, en 1908, se pressa pour mirer les avancées techniques, agricoles, industrielles, la mode, les génies civil et militaire, l'éducation et l'enseignement, et les colonies. Oui, les colonies, pas celles que l'on chante et qui sont jolies, non, les autres, celles qui déchantent. Et vraiment, fallait le voir, il y avait Le Village Noir. Avec de vrais noirs dedans, venus tout exprès, de fort fort loin, Sénégal, Congo et Soudan. Presque cent personnes ont ainsi vécu six mois au Jardin des plantes, sous les yeux curieux des visiteurs toulousains.

Cette idée est gênante aujourd'hui, parquer des quidams d'outre-méditerranée ou d'ailleurs, d'ailleurs, voyons ! L'homme n'est pas un animal ! Enfin, en ces temps-lointains, du moins. Parce qu'il a suffi, d'avancées scientifiques en progrès technologiques, que l'usage de la caméra, déjà en vogue, s'immisce dans nos vies, et de nos jours, c'est une autre histoire. Non, maintenant, on enferme les gens de leur plein gré dans des maisons avec jardin à plantes et bassin d'agrément, simplement pour les regarder vivre pendant 6 mois... Et si l'origine de la télé-réalité remontait finalement à l'exposition internationale de Toulouse de 1908 ?

Vers 1860. Attribué à Eugène Trutat. Plaque stéréoscopique au collodion humide. Vieille femme assise, en extérieur, avec coiffe et châle. Ville de Toulouse, Archives municipales, 51 Fi 2453.

Humide


avril 2016

Surtout. Il le faut encore humide sur sa plaque de verre, pendant l'exposition, mais surtout, il le faut encore humide au moment du développement. Parce qu'une fois sec il devient imperméable, donc indéveloppable. Nous parlons ici de collodion. Humide. Collodion humide. C'est LE procédé photographique moderne des années 1850-1851, celui qui révolutionne la prise de vues, qui permet de passer de plusieurs minutes de pose à quelques secondes, tout en conservant une très grande finesse de rendu.

Imaginez, vous pouvez enfin prétendre photographier un être vivant ET reproduire l'image obtenue (ce qui n'était pas possible avec le daguerréotype). En revanche, vous devez être parfaitement équipé d'un petit laboratoire portatif, pour passer fissa la plaque exposée dans ses bains de révélateur et fixateur. Bertrand Lavédrine* nous raconte dans son ouvrage sur les photographies anciennes que l'une des premières expéditions parties photographier le Mont-Blanc en 1861 transportait pas moins de 250 kg de matériel, nécessaires même s'il n'y avait eu qu'un seul négatif. Nous sommes d'accord, un smartphone aurait aussi bien fait l'affaire. (Ah, non, nous ne sommes pas d'accord ? D'accord.)
Mais à propos de montagne, de grand air et d'environnement, le collodion humide, ce n'est pas de l'eau de source. Entrent dans sa composition : du nitrate de cellulose, de l'alcool, et de l'éther. Puis, pour le rentre sensible à la lumière (et lui donner un quelconque intérêt, fut-ce celui de devenir une photographie encore exploitable 166 ans après sa création (... qui parlait de smartphone...?) ), il faut encore y adjoindre les sels d'argent (de la photographie argentique, la boucle est bouclée).

Sincèrement, je ne me risquerais pas à aller goûter au contenu du flacon (même s'il y a l'ivresse), mais je veux bien vous montrer le résultat, qui fait toujours son petit effet, puisque la plaque de verre apparaît comme un négatif lorsqu'elle est posée devant un fond clair, et comme un positif si elle est devant un fond noir.

*Source : Bertrand Lavédrine, (re)Connaître et conserver les photographies anciennes, C.T.H.S., Paris, 2007.

[Rue piétonne. La rue Saint-Rome]. Rue Saint-Rome. 7 décembre 1974. Pierre Baudis, maire de Toulouse, inaugure la rue Saint-Rome, première rue piétonne en coupant un ruban, entouré par la foule attentive ; un mannequin est pendu devant une façade commerciale avec un panneau promotionnel. Photographie NB, 14,5 x 23 cm. Atelier municipal de photographie. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2 Fi 3504.

Mu


mars 2016

Promotion. Promouvoir. Pro-mouvoir, littéralement mouvoir en avant, bouger, se mettre en marche quoi. Ou aller au marché, se balader dans les rues au gré du marché, battre le pavé ou le jeter dans la mare... non, je m'égare. Alors la promotion, qu'est-ce finalement, et pourquoi une photo de badauds et badaudes à l'arrêt devant le ruban ?

Est-ce que Pierre Baudis inaugurant la « piétonté » de la rue Saint Rome est en pro-mouvance ? L'heure est plutôt à l'a-motion (im-motion... im-mobilité) en ce moment de recueillement devant les deux lames de métal qui se meuvent l'une contre l'autre dans un crissement sourd avant de séparer à tout jamais deux bandes de fibres qui s'en sont allées choir sur les pavés provocant l'acclamation de la foule en liesse...

A moins que ce recueillement ne soit celui de rigueur devant la roideur immobile d'un article en promotion, là, à quelques centimètres au-dessus de l'édile prononçant, qui sait, l'oraison de la crise battant son plein en ces années noires... 1974, ou comment l'un des deux axes principaux de la ville antique s'était transformé (ou finalement si peu), en mille neuf cent soixante ans ?

D'une rue de mouvement en une rue de mouvance, d'un donjon à une réserve d'eau, des archives à un ailleurs, de Toulouse à Paris, tout bouge. Notre conservateur en chef se meut, il a de l'avancement, il est promu.

Porte du couvent des Dominicains à Toulouse au moment des expulsions. Couvent des Dominicains (détruit) actuellement résidence hôtel de Mansencal, 3bis rue Espinasse. 1903. Porte de l'ancien couvent des Dominicains, sans son battant, murée par un étagement de matériaux de construction ; gravats devant la porte, échelle posée sur la grille d'une fenêtre. Photographie NB collée sur carton, 29 x 22 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 3 Fi 239.

Porte de la Sainte Échelle


février 2016

Enquête.
Une porte, sans porte, ouverte sur un étagement de matériaux de construction qui bloquent entièrement l'accès à l'intérieur, est surmontée d'une croix. A gauche de la porte, une fenêtre, barrée d'une grille scellée dans la maçonnerie, reçoit les montants d'une échelle. Au sol des débris de ce qui peut passer pour la porte, une poutre, une hache et un pied de biche. Contre le bord droit de la photographie, une gouttière descend discrètement le long du mur avant d'y disparaître et d'en ressortir au bas, gueule ouverte.

Tout dans cette image est muralité, obstruction, enfermement. Qu'est-ce ?
Parfois l'on n'y voit goutte. J'ai beau chercher un indice, rien.
Au dos du carton une inscription mentionne « porte du couvent des Dominicains à Toulouse au moment des expulsions ». Bon. Suis-je plus avancée ? J'aimerais comprendre, mais je commence à divaguer. Finalement, cette porte n'ouvre sur rien, la foi, qui pourrait m'aider, comme l'indique fièrement la croix, attestant la bonne foi du bâtiment, est bafouée. Une échelle, vite, sortir de ce mauvais pas, je grimpe et me heurte aux barreaux, c'était un leurre, quel effroi.

Mais pourtant, en 1905, quand l'État se démet de l'Église et expulse les congrégations de leurs fiefs, les dominicains ne sont déjà plus là depuis belle lurette. Ils ont pris la poudre d'escampette à la Révolution, remplacés par des chevaux nous a-t-on dit, mais manifestement par des briques, planches et linteaux, sagement étagés, en ordre de bataille, prêts à bondir sous la hache, grimper à l'échelle et s'atteler à la restauration du lieu. Et moi, à la mission à laquelle je m'étais dignement assignée dans le but de vous offrir une réponse à l'incandescente question de où-quand-comment-qui-et-pourquoi, du haut de mon ignorance, au faîte de la technologie moderne, abondamment abreuvée d'informations à portée de soif, au terme échu, j'ai chu. Le photographe m'a enfermée dans son cadre, j'y finirai sans doute, gueule ouverte, à moins que... par la gouttière... mais chut !

Ah mais... moribonde, je perçois dans mon oreillette une voix grésillante s'élever doucement. « Pas si vite » me susurre-t-on, « les congrégations, qui auraient dû demander dès 1901 (et sa fameuse loi) une autorisation pour exister légalement, furent donc jetées à la rue, sans autre forme de procès, dès 1903. » Quelle fin ! J'en agonise de plus belle. « Et ce n'est pas tout », assure la voix sibylline qui me semble à présent venir d'outre-monde : « détruit bien plus tard, le bâtiment laisse aujourd'hui la place à la résidence d'habitation « Hôtel Mansencal », au 3bis rue Espinasse ». C'en est fait de moi comme du reste de mon corps, j'expire mon dernier souffle. Je fus.

Allez... parce que c'est vous, une version retouchée de notre Sainte Echelle, téléchargeable.

[Inondations de 1875]. Rue du Pont-Saint-Pierre, quartier Saint-Cyprien. Fin juin 1875. Vue d'ensemble de la rue après l'inondation du 23 juin 1875. Au second plan le dôme de La Grave. Cliché collé sur carton, format du tirage : 16 x 21 cm, 1875, photographie NB. Fait partie de l'album "Inondation de Toulouse. 23 juin 1875. Provost Père & Fils". Ville de Toulouse, Archives municipales, 16 Fi 20/4.

Débit de l'eau


janvier 2016

Les 23 et 24 juin 1875, la Garonne a déferlé sur Toulouse et ravagé la ville, des Sept-Deniers à Saint-Michel. Jules Chalande évoque 208 morts. On aurait dénombré, entre autres, 1219 maisons écroulées et 3 ponts balayés (Saint-Michel, Empalot, Saint-Pierre). Seul le Pont Neuf a résisté. Ce bilan accablant a marqué Toulouse car cette crue reste la plus dévastatrice que la ville ait connue dans son histoire.
La Garonne menaçait les zones de plaine depuis le 21 juin. Aux pluies diluviennes sont venues s'ajouter les eaux résultant de la fonte des neiges. Le 23, la prairie des Filtres était recouverte et progressivement le fleuve s'est transformé en torrent qui dévasta tout sur son passage.

Le quartier Saint-Cyprien a été particulièrement touché par l'inondation. « Saint-Cyprien, hier encore si florissant, si animé, si vivant, repose aujourd'hui dans le lugubre silence de la mort, qui l'a enveloppé d'un double linceul apporté par le même fléau, - l'eau du fleuve débordé et les matériaux de ses constructions, qui ne sont plus que des décombres souillés de boue », voici ce qu'écrit Théophile Astrie en 1875.

Joseph Provost et son fils, photographes officiels des inondations de Toulouse avec d'autres, ont pris de nombreux clichés à cette occasion, images diffusées dans des albums commémoratifs. Cette vue spectaculaire pourrait, sans légende, donner à croire qu'un séisme, ou une guerre, a ravagé la ville.

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[Portrait d'une enfant sur un tricycle à tête de cheval]. Entre 1867 et 1870. Portrait carte de visite, papier albuminé collé sur carton. Au dos, publicité : "Provost. Photographe. 23, rue Louis Napoléon, 23. Toulouse". 10 x 6,5 cm. Jacques-Joseph Provost dit Joseph Provost. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1 Fi 5473.

Du jouet comme accessoire photographique...


décembre 2015

L'invention par Eugène Disdéri, en 1854, du portrait au format carte-de-visite, va connaître un succès exceptionnel, et toute la bonne société du Second Empire va vouloir disposer de son album de famille.

On y trouvera en bonne place, à côté des ancêtres, les images des membres de la famille impériale, de ministres, de militaires, d'ecclésiastiques. Et l'on aura également à cœur d'y présenter bien évidemment sa propre famille. Mais pour pouvoir soutenir la comparaison avec le reste de la société bourgeoise de l'époque, il fallait se montrer sous ses meilleurs atours. Pour cela, les photographes mettent à la disposition de leurs clients à la fois toute une garde-robe, une série d'accessoires allant du fauteuil et du guéridon et, pour les enfants, un assortiment de jouets qui devait faire ressembler la salle d'attente en une annexe de la Samaritaine.

Ici, le choix s'est porté sur un superbe tricycle doté d'un guidon en forme de cheval de bois. C'est un type d'objet que l'on retrouve souvent sur les clichés de cette période et qui semble avoir été en tête du hit-parade des jouets de l'époque. On notera cependant le sérieux de l'enfant qui paraît hypnotisé par le photographe...

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Types toulousains. 10. Le petit athlète. Jamais assez ! Carte postale N&B, 14 x 9 cm, phototypie. Edition Labouche frères, cliché Charles Armand Baudillon. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9 Fi 5130.

Toute ma vie j’ai rêvé d’être… un gros costaud !


novembre 2015
Et c'est ce dont rêve certainement déjà ce « petit athlète » photographié dans l'atelier de Baudillon et édité dans la série « Types toulousains » des frères Labouche. Et comment douter que ce rêve pourrait se réaliser pour lui lorsque l'on voit la facilité qu'il a de tenir à bout de bras, sur les doigts, cette pierre qui semble tout droit sortie du lit de la Garonne ? Une seule ne lui suffisant pas, il en a apporté deux autres qui attendent à ses pieds qu'il veuille bien s'en occuper et qui justifient la légende « Jamais assez ! ». Il a déjà toute la tenue de l'athlète adulte de l'époque, des sandales blanches au pantalon de toile, du « marcel » rayé à la ceinture certainement colorée qui lui tient les reins. Pour lui, on sent bien dans son regard sérieux et concentré qu'il fera tout pour réaliser ce rêve. Pour moi…
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La guerre 1914 à Toulouse. 1re série n° 2. Les blessés. La première étape sur la civière, après un douloureux voyage. Carte postale N&B, 9 x 14 cm, phototypie. Édition historique de l'Ancienne Photographie Provost, 1914. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9 Fi 4921.

Les premiers blessés de la guerre de 14


octobre 2015

Parmi les nombreuses séries de cartes postales réalisées à Toulouse lors des premiers mois de la guerre en 1914, on en trouve une éditée par « l'Ancienne photographie Provost » spécifiquement consacrée aux soldats français blessés.

Les premiers arrivèrent en gare Matabiau au tout début du mois de septembre, peu de temps après leurs homologues allemands prisonniers. Le Cri de Toulouse du 26 de ce mois rapporte l'émotion que ces convois suscitaient chez les Toulousains : « La foule fait la haie sur leur passage, on les acclame ; mieux, simplement, respectueusement, les têtes se découvrent. Des larmes coulent, silencieusement, des yeux des femmes ; c'est tout un déploiement clandestin de petits mouchoirs ». Amenés dans des ambulances ou en tramways dans les divers hôpitaux mis en place dans la ville, ils y passaient quelques semaines loin du front avant de repartir dans l'enfer des tranchées.

Pour en savoir plus, n'hésitez pas à commander l'ouvrage édité par les Archives municipales « Toulouse, 1914-1919. Cartes postales photographiques » et à vous promener dans la Toulouse de la Grande guerre en visualisant la carte thématique « Sur les traces de 1914-1918 dans Urban-Hist.

« Modèle du plan général, A ». Encre et gouache sur papier. Sans date, auteur inconnu. Ville de Toulouse, Archives municipales, ii 738 détail.

Toulouse, la ville qui n'existait pas


septembre 2015

Remarquablement conservé, avec ses couleurs toujours fraîches et pimpantes, ce plan de ville est en fait un leurre !

Mais pourtant n'est-ce pas le pont Neuf que je vois à droite ? Non. Et là, c'est certainement le ravelin qui mène à la porte Saint-Cyprien ? Non plus ! Si si, je sais, je sais, je crois reconnaître le projet des quais et des places par l'ingénieur Saget… Et bien ça non plus ; il faut vous rendre à l'évidence, cette ville n'existe pas !

Ce que nous avons devant les yeux est en fait un « plan modèle », dressé afin de guider les ingénieurs qui allaient lever le cadastre de Toulouse en cette fin de 18e siècle. Une représentation comprenant tous les types d'édifices, d'équipements et autres particularités qu'une ville peut présenter.

A noter l'absence cruelle de fontaine publique (de toute manière à cette époque la seule fontaine de Toulouse ne coule qu'une année sur deux).

« Sé canto, qué canto », Chanson toulousaine. Paroles françaises de Louis de Simianes. Cartes chansons L. Gorde, Paris. Carte postale N&B, imprimée, 9 x 14 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9 Fi 7148.

Un hymne occitan…


juillet-août 2015

S'il est une chanson en langue d'oc qui est aujourd'hui reprise en chœur par des centaines de gosiers toulousains en maintes occasions au point d'être parfois qualifiée d'hymne occitan, c'est bien le « Sé canto ». Son auteur est encore demeuré anonyme, bien que l'on en attribue souvent la (noble) paternité au grand Gaston Fébus, comte de Foix et vicomte de Béarn (1331-1391). Cette chanson conte les plaintes d'un amoureux dont la dulcinée se trouve de l'autre côté des montagnes.

Il en existe plusieurs versions dialectalement différentes, mais son origine est semble-t-il bien béarnaise. Elle est chantée dans tout le Midi occitan, et le Val d'Aran a même récemment adopté comme hymne officiel son adaptation locale, Montanhes Araneses. Quant aux Toulousains, ils en ont fait le chant des supporters du Toulouse F. C. à l'entrée des joueurs sur la pelouse.

En voici une version des paroles avec leur traduction française de Louis de Simianes avec le sous-titre original de « Chanson toulousaine »…

Villa Roquelaure. Périole. Banlieue de Toulouse, vers 1920. Photographie N&B collée sur papier, 14,5 x 22 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2 Fi 876.

Des lapins à Périole ! ...


mai 2015

Non, ce n'est pas dans notre réservoir qu'ils étaient élevés, mais non loin d'ici, dans l'ancienne propriété dite « Villa Roquelaure ».

Et il s'agissait d'une véritable lapinière, c'est-à-dire d'un élevage de lapins. Il faut dire que cette banlieue, pourtant proche de la ville, était encore, comme toute la ceinture nord de Toulouse, à très forte dominante agricole. Ces lapins devaient d'ailleurs profiter amplement des productions maraîchères locales. Depuis, les exploitations de type rural ont été remplacées par de nouvelles cages à lapins. Mais ceci est une autre histoire...

Toulouse-Paris 1904. Huet. Carte postale N&B, 14 x 9 cm. Photographie, cliché A. Baudillon, Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9 Fi 7263.

Quand on courait entre Toulouse et Paris...


avril 2015

En août 1904, un an après la création du Tour de France,le journal l'Auto dont le rédacteur en chef était Henri Desgrange organise une grande course à pied : Toulouse-Paris. Il s'agit de rallier la capitale sur un parcours de 737 km sans étape. 23 concurrents sont sélectionnés, et 17 prennent le départ le lundi 15 août à 16h00. Parmi eux, l'on trouve Huet (Gaston ou Georges ?), qui pose ici dans le studio du photographe A. Baudillon dans une attitude de gagnant. S'il se présente effectivement en tête au 1er contrôle à Montauban à 21h02 précises, il disparaît des pointages postérieurs. Il passera en 7e position sur la ligne d'arrivée au Parc des Princes en 169 heures 5 minutes, mais se verra disqualifié par la direction de la course à l'issue de cette compétition et frappé d'une pénalité sévère, sans que l'on en connaisse les raisons.

La course fut gagnée par Léonce Dechartre, âgé de 48 ans, ancien coiffeur reconverti en livreur de journaux. Il accomplit les 737 km du parcours en 142 heures 19 minutes 5 secondes, soit une moyenne à l'heure de 5,150 km. Durant les cinq jours de courses, il n'avait dormi qu'une dizaine d'heures.

La presse toulousaine. Première série. 7. Opéra. Carte postale N&B, 9 x 14 cm. Phototypie, Edition de La Vie toulousaine. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6706.

Quand la presse toulousaine se caricaturait...


février-mars 2015

L'on a beaucoup parlé en ce début d'année de presse et de caricature, à l'occasion des tragiques événements qui ont touché « Charlie-Hebdo ». Avant 1911 et la naissance du « Cri de Toulouse », la presse humoristique n'existait pas en tant que telle dans notre ville. Cependant, vers 1908, le journal « La Vie toulousaine » édita une série de 12 cartes postales intitulée « La Presse toulousaine » et fit appel au crayon de dessinateurs locaux pour représenter de manière parfois caricaturale chacun de ses confrères d'alors. La grivoiserie n'était pas absente de ces images, comme en témoigne la carte réservée à « L'Opéra », dont le sous-titre était : « Revue artistique, théâtrale, mondaine ». C'est la seule qui n'a pas été réalisée par le dessinateur J. Lanère : elle est signée des initiales « J. M. », derrière lesquelles se cachait peut-être un autre grand artiste, Jan Metteix.

La Toulousaine. Carte illustrée reproduisant un dessin en couleur d'un homme chantant "La Toulousaine". Sous le dessin partition et paroles en occitan du refrain de la Toulousaine. Au dos les paroles en occitan des 4 couplets. Carte postale couleur, 10 x 14 cm ; imprimerie, Barré et Dayez, 1949. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6849

La Toulousaine, véritable hymne municipal


septembre 2014
S'il est une chanson qui, avant celle de Claude Nougaro, a représenté de manière forte l'identité locale, c'est bien cette « Toulousaine » ou plutôt cette « Toulousaino » en langue d'oc. C'est en 1845 que Louis Deffès (1819-1900) mit en musique ce poème que l'écrivain occitan Lucien Mengaud (1805-1877) avait écrit l'année précédente, mais ce n'est qu'en 1882 que le grand musicien l'offrit à la Ville de Toulouse.
Cet hymne fut chanté pour la première fois sur la scène du théâtre du Capitole le 30 avril 1845, et on en fêta le cinquantenaire en grande pompe au Grand-Rond en 1895. Trois ans plus tard, à l'occasion de la fête des Cadets de Gascogne, Léon Bourgeois, ministre de l'Intérieur, s'exclama après l'exécution de ce morceau : « Il n'est pas au monde une ville qui ait un chant pareil à celui que nous venons d'applaudir ; la Toulousaine est le chant national de Toulouse, connu de toute la France. » De nombreux maires l'entonnèrent par la suite mais cet air n'est pratiquement plus aujourd'hui chanté que dans la cour de l'hôtel du May, chez les Toulousains de Toulouse. Il est également chanté lors de chaque finale du Concours international de chant de Toulouse.
Il a été supplanté depuis 1967 par la belle chanson de Claude Nougaro, « Ô Toulouse », dont le refrain n'est d'ailleurs autre que le premier vers de la Toulousaine : « Ô moun pays! ô moun pays ! ô Toulouso, Toulouso! »...
L'inénarrable Biscot dans Parisette, Grand ciné-roman Gaumont de Louis Feuillade publié par Paul Cartoux dans La Dépêche de Toulouse. Carte postale publicitaire de la Société Gaumont. Carte postale imprimée, 14 x 9 cm. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 5965.

Quand le cinéma faisait sa presse...


En 1921, Louis Feuillade réalise un grand film muet qui obtient très vite, dès sa sortie nationale en mars 1922, un énorme succès : « Parisette ». Il est vrai qu'il réunissait un plateau de choix autour de Sandra Milowanoff, qui jouait le rôle-titre, avec notamment à ses côtés « l'inénarrable » Georges Biscot et un certain René Clair. Il était en fait divisé en 12 épisodes, ce qui lui conférait une structure feuilletonesque dont les lecteurs des journaux étaient alors très friands. C'est certainement ce qui explique que cette œuvre cinématographique connut une traduction littéraire dans plusieurs titre de la presse régionale française, dont notre Dépêche locale, sous la forme d'un « ciné-roman ».
La Toulousaine. Carte illustrée reproduisant un dessin en couleur d'un homme chantant "La Toulousaine". Sous le dessin partition et paroles en occitan du refrain de la Toulousaine. Au dos les paroles en occitan des 4 couplets. Carte postale couleur, 10 x 14 cm ; imprimerie, Barré et Dayez, 1949. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6849

La Toulousaine, véritable hymne municipal


septembre 2014
S'il est une chanson qui, avant celle de Claude Nougaro, a représenté de manière forte l'identité locale, c'est bien cette « Toulousaine » ou plutôt cette « Toulousaino » en langue d'oc. C'est en 1845 que Louis Deffès (1819-1900) mit en musique ce poème que l'écrivain occitan Lucien Mengaud (1805-1877) avait écrit l'année précédente, mais ce n'est qu'en 1882 que le grand musicien l'offrit à la Ville de Toulouse.
Cet hymne fut chanté pour la première fois sur la scène du théâtre du Capitole le 30 avril 1845, et on en fêta le cinquantenaire en grande pompe au Grand-Rond en 1895. Trois ans plus tard, à l'occasion de la fête des Cadets de Gascogne, Léon Bourgeois, ministre de l'Intérieur, s'exclama après l'exécution de ce morceau : « Il n'est pas au monde une ville qui ait un chant pareil à celui que nous venons d'applaudir ; la Toulousaine est le chant national de Toulouse, connu de toute la France. » De nombreux maires l'entonnèrent par la suite mais cet air n'est pratiquement plus aujourd'hui chanté que dans la cour de l'hôtel du May, chez les Toulousains de Toulouse. Il est également chanté lors de chaque finale du Concours international de chant de Toulouse.
Il a été supplanté depuis 1967 par la belle chanson de Claude Nougaro, « Ô Toulouse », dont le refrain n'est d'ailleurs autre que le premier vers de la Toulousaine : « Ô moun pays! ô moun pays ! ô Toulouso, Toulouso! »...
93. Toulouse. Remparts de l'Arsenal. Carte postale NB, phototypie, Labouche Frères, Toulouse, 9 x 14 cm. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 5108.

Une des rares vues des anciens remparts toulousains


Au début du 20e siècle, il ne reste déjà plus grand chose de la fabuleuse ceinture de remparts antiques et médiévaux qui enserrait la ville. Seuls ceux qui délimitaient, dans sa partie occidentale, le terrain militaire de l'Arsenal et qui dataient des 15e-16e siècles, étaient encore debout sur une grande longueur, ce qui fournit au photographe de la Maison Labouche cette perspective intéressante. On remarque que les lices servaient de promenade, qu'un jardin y avait été aménagé et qu'une barrière, à gauche, formait une séparation avec la chaussée du boulevard.

« Liberté - Egalité - Fraternité », d'après la médaille de F. Caqué. 21 septembre 1944. Anniversaire de la proclamation de la 1re République (21 septembre 1792)". Carte timbre et tampons humides : "Exposition de l'imagerie populaire dans les révolutions. 1789 1830 1848 1944. 28 nov. 44". Dessin de la médaille représentant Marianne au bonnet phrygien avec légende "République française". Carte postale, 14x9 cm. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6694.

L'anniversaire de la République


Le 21 septembre 1944 était une date à ne pas manquer : c'était en effet celle de l'anniversaire de la 1re République (1792), et la France tout juste libérée ne pouvait que fêter le rétablissement de cette République confisquée depuis juillet 1940. L'année 1944 s'inscrivait alors dans une série de dates-clés de notre Histoire : 1789, 1830 et 1848. Le 16 septembre 1944, était émis le 1er timbre à l'effigie de Marianne, celui dessiné par Edmond Dulac avec une valeur faciale de 1f50 et d 'une couleur rose vif. Quelques semaines plus tard, le 28 novembre 1944, il faisait l'objet d'une oblitération spéciale à Toulouse, à l'occasion de « l'Exposition de l'imagerie populaire dans les Révolutions ».

LE ROY, Éric. Denise Bellon, Éditions de La Martinière : Paris, 2004, 224 p. [Cote AMT : 3478]

Des photos, des femmes, des photographes…


Alors que la quatrième édition du Festival de la photographie amateur de Toulouse (MAP) vient de s'achever, l'intérêt des Toulousains pour le 8e art n'est plus à démontrer. Aussi, dans le cadre de la préparation d'une prochaine exposition, la bibliothèque des Archives municipales s'est-elle récemment enrichie de plusieurs ouvrages sur la photographie en général, et son évolution en France dans les années 20 et 30 en particulier.

Cette période tumultueuse, entre deux guerres mondiales, a vu se développer, à Paris notamment, la « Nouvelle photographie », celle qui se définit comme un art à part entière, et s'épanouir le talent de femmes venues, de Hongrie ou d'ailleurs, chercher en France l'occasion d'offrir aux autres leur vision du monde.

Ces femmes photographes, qui ont durablement marqué l'histoire de la photographie, ont pour nom Denise Bellon, Florence Henri, Yvonne Chevalier, Nora Dumas ou Ergy Landau.

Elles figurent désormais en bonne place dans notre bibliothèque.

Exposition de Toulouse [1924]. Les pays latins et leurs colonies. Industrie, Commerce, Agriculture, Arts, Sciences, Tourisme, etc. Juin-octobre 1924"; "Grand-Rond. Vue d'ensemble. Mention imprimée: "Photographe officiel: Photo Merlin, 13 rue Alsace, Toulouse (en face le Musée)". Phototypie, 9 x 14. Merlin, Toulouse.

La dernière grande exposition internationale de Toulouse


C'est en juin 1924 qu'elle ouvrit ses portes et elle ne les referma qu'en octobre. Le thème en était « Les pays latins et leurs colonies », et elle permit entre autres aux Toulousains de découvrir un véritable souk tunisien avec ses artisans. Les pavillons étaient installés au Grand-Rond, où l'on pouvait notamment se sustenter dans un grand café-restaurant, ainsi que dans toute l'Allée des Soupirs. On connaît par les cartes postales de la Maison Merlin le « palais » de l'Alimentation et celui des Beaux-Arts. Il y avait également un superbe pavillon chinois qui servait de dancing.
Cadastre de 1571-1680, matrice du capitoulat de Saint-Barthélémy, faubourgs, moulon 23, article 32. Archives municipales de Toulouse, CC 52.

On a retrouvé le teinturier Jaubart (2)


Ogier (permettez cette familiarité) a encore laissé des traces de son passage parce qu'il achète et vend des terres à Toulouse. Là c'est le cadastre qui nous renseigne.

Comme il réside dans l'île de Tounis, le cadastre va nous apporter certaines informations, car à partir de 1619 trois parcelles ont été enregistrées à son nom, puis entre 1655 et 1661 elles passent entre les mains de ses enfants et héritiers : Marguerite, épouse Rouède, Perrette, et Jacques, lui aussi marchand teinturier.

Puis, par acte du 24 juin 1626, il acquiert quatre parcelles et une grosse métairie dans les faubourgs du capitoulat de Saint-Barthélemy proche des fourches patibulaires (la Salade) ; il revendra le tout le 5 juillet 1654 à Jean Ponsan –d'où le nom actuel du quartier de "la Salade-Ponsan".

Las, s'il n'avait pas vendu sa métairie et les terres, Ogier serait peut-être passé à la postérité en laissant son nom au quartier de "la Salade-Jaubard".

Pour aller plus loin il faudrait se rendre aux Archives Départementales afin consulter les actes notariés.

Finalement, Ogier Jaubart est même cité dans les registres des délibérations des capitouls. En 1618 il demande à ce que lui soit inféodé un vacant sis à Tounis ; puis en 1625 il obtient l'inféodation d'un autre vacant touchant son jardin, proche les moulins du Château.

Bref, si on doit bien reconnaître que ces informations sont loin de nous autoriser à écrire la biographie d'Ogier Jaubart, il n'en demeure pas moins que cet homme est l'exemple même de tous les individus, laissant çà et là des empreintes dans nos archives, administration oblige.

Par contre, n'oublions pas que pour retrouver de telles données, il faudra au curieux accepter de passer de longues heures de prospection dans la salle de lecture. Patience et longueur de temps sont les clefs de toute recherche.
Paroisse de la Dalbade, sépultures 1640-1655. Archives municipales de Toulouse, GG 35, nf, 2e de couverture (abjuration de Pierre Bourgez).

On a retrouvé le teinturier Jaubart


Dans Arcanes 21 du mois dernier nous vous avions présenté l'acte d'émancipation d'un certain Ogier Jaubart. Il s'agissait alors pour nous d'un parfait inconnu.

On ne savait de lui que ces seules bribes d'informations : il était le fils de Bonnet Jaubart, teinturier de Toulouse, et avait environ 25 ans en 1605.

Or Ogier Jaubart est bien présent dans nombre de documents de nos archives.

Tout d'abord dans les registres paroissiaux, ancêtres de notre état civil. C'est ainsi que le13 mai 1633 on y trouve l'acte de baptême de sa fille Jeanne, ou encore les actes de sépulture de son fils Jean-Jacques le 5 janvier 1642, de son épouse Marie de Baylac, morte en septembre 1653 à l'âge de 52 ans, et finalement du sien, un an plus tard. Oui, ça devait bien arriver un jour, Ogier Jaubart est finalement mort. Il sera inhumé en l'église de la Dalbade « sous le banc des ouvriers » le 17 août 1654.

Un petit rappel : son épouse est affublée d'une particule. Soit, mais n'en déduisons rien sur ses origines, en effet la particule est généralement accolée aux noms de jeune fille des femmes mariée. Autre chose, on lira Oger, Ogier, Auger, ou Jaubart et Jaubard ; c'est toujours le même personnage, la graphie n'est absolument pas soumise à des règles si ce n'est celle d'une phonétique relative.

Ces registres paroissiaux, si l'on prend le temps de les dépouiller page à page, nous livrent non seulement les baptêmes, mariages et sépultures de ceux que l'on y recherche, mais quelquefois beaucoup plus.

Ainsi on découvre qu'un compagnon teinturier travaillant pour Jaubart se noie dans la Garonne en 1646 ; qu'en 1654 une « pauvre femme inconnue » meurt à Tounis dans un logis loué à madame Dufaur et appartenant à Jaubart. Le plus inattendu reste cet acte d'abjuration d'un Réformé de Montauban en 1646, inscrit en tête d'un registre où il n'a pas vraiment sa place. On découvre là une assistance assez relevée et, parmi les témoins, Marie de Baylac, épouse d'Ogier Jaubart.

Le mois prochain nous orienterons nos recherches sur Ogier et ses biens immeubles… En attendant, sachez que les registres paroissiaux sont tous en ligne sur le site des Archives, amusez-vous donc à y rechercher les Jaubart, attrapez-les tous !

Actes officiels : acte d'émancipation fait par Bonnet Jaubart en faveur de son fils Ogier, passé devant le viguier de Toulouse, 1er décembre 1605, parchemin.

Un parchemin double face


Nous voilà avec un superbe parchemin (quelque peu troué il est vrai) faisant état de l'émancipation d'Ogier Jaubart par son père. L'acte est passé devant le viguier de la ville le 1er décembre 1605.

Mais qui est donc Ogier Jaubart ? Il n'apparaît nulle part dans les inventaires des archives de la Ville (et Google n'en a pas entendu parler non plus). Pourtant Ogier Jaubart est bien toulousain, et nul doute que, comme chacun d'entre nous, il aura laissé une ou plusieurs traces dans nos archives publiques.

A suivre donc dans le prochain numéro d'Arcane une rubrique « à la recherche d'Ogier Jaubart » ; espérons que nous aurons là quelques documents qui permettront de faire revivre ce personnage, qui est peut-être un peu votre ancêtre, ou habitait près de chez vous …

Et au verso une note bien étrange, non datée mais postérieure à 1797, mentionnant cette méthode révolutionnaire d'écriture qu'est la pasigraphie.

« pasigraphie, est l'art d'écrire la langue qu'on sait, de manière à se faire lire dans les langues qu'on ignore. Cette écriture universelle n'a que douze caractères et 12 règles.

Le C. Demainieux, fondateur du Propylée ou Vestibule des voyageurs, rue du fauxbourg Montmartre n° 25 ».

La révolution n'a pas eu lieu, la pasigraphie n'a su percer et rapprocher les hommes. Las, nous devrons donc nous contenter de Facebook !
PAYA, Didier et CATALO, Jean (dir.). Le cimetière Saint-Michel de Toulouse, Paris : INRAP / CNRS Éditions, 2011, Coll. Recherches archéologiques, 240 p. [Cote Archives municipales de Toulouse : 3466]

Mémoires d’outre-tombe…


Dans le cadre du projet Urban-Hist, la bibliothèque des Archives municipales s'est récemment enrichie de nombreux ouvrages sur les cimetières de France et de Navarre. Parmi eux, une étude de l'INRAP sur un vaste cimetière médiéval découvert à Toulouse à l'occasion de fouilles préventives dans le quartier Saint-Michel vient désormais compléter le fonds d'histoire locale.

Présentant de nombreux tableaux, graphiques et croquis, il dessine le portrait en creux d'une société qui relègue ses morts aux marges de la ville, dans un cimetière suburbain éloigné de son église de référence, mais qui, dans le même temps, s'attache à conserver la mémoire du défunt, par l'utilisation de caveaux et de plaques tombales.

Pour en savoir plus sur les cimetières en général, et ceux de Toulouse en particulier, n'hésitez pas à consulter le catalogue de la bibliothèque : http://basededonnees.archives.toulouse.fr/4DCGI/Web_BibRechGT/ILUMP15143
L'Auta « que bufo un cop cado mès » : Histoire, Arts et Lettres en Midi toulousain, 5e série, numéro 28, octobre 2011. Archives municipales de Toulouse, REV57/2011/28.

L’Auta, que bufo un cop cado mès…


Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les collections des Archives municipales de Toulouse ne comportent pas que des documents d'archives. Outre leur bibliothèque d'ouvrages et leurs fonds documentaires, elles conservent également de nombreuses revues, dédiées notamment à l'histoire locale.

La première d'entre elles s'intitule L'Auta « que bufo un cop cado mès » (c'est-à-dire, pour les non-initiés, L'Autan « qui souffle une fois par mois »). Tout un programme pour une publication mensuelle… Éditée par la société Les Toulousains de Toulouse et Amis du Vieux-Toulouse, elle propose à chaque nouveau numéro une dizaine d'articles variés sur l'histoire de notre ville.

Par ailleurs, dans le cadre du plan de conservation partagée des périodiques en Midi-Pyrénées, les Archives municipales de Toulouse ont été désignées en 2008 le premier des établissements de conservation de cette publication.

http://basededonnees.archives.toulouse.fr/4DCGI/Web_VoirLaNotice/12_01/ReV57/ILUMP10141

MARCOS, Violette & Juanito. Itinéraire d'un anarchiste : Alphonse Tricheux (1880-1957), Portet-sur-Garonne : Nouvelles Éditions Loubatières, Collection « Libre parcours », 2011, 200 p.

Biographie d’un ouvrier tourneur en métaux


Biographie d'un ouvrier tourneur en métaux, émigré à Cuba avec sa famille au début du XXe siècle, revenu à Toulouse vingt ans plus tard et devenu militant anarchiste. Son histoire, qui aurait pu rester dans l'oubli, a été redécouverte et reconstituée grâce à des documents d'archives (registres d'état civil, listes de passagers, rapports des Renseignements généraux). Une véritable enquête historique.
Pour découvrir d'autres livres de la bibliothèque, consulter le catalogue en ligne.
Grand Théâtre du Capitole. D[irecti]on Maurice Carrié. Création de Parsifal et reprise de la Tétralogie de Richard Wagner. 21 avril - 17 mai 1928. M. Kunc, 1er Grand Prix de Rome, Directeur du Conservatoire de Toulouse. Phototypie, 14 x 9. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6403.

Quand Aymé Kunc dirigeait Wagner…


C'est au printemps 1928 que le Théâtre du Capitole connut cet exceptionnel moment musical. Aymé Kunc (1877-1958), 1er Grand prix de Rome, qui préféra toute sa vie rester à Toulouse plutôt que de se lancer dans une carrière nationale et internationale à laquelle il était promis, était alors directeur de notre Conservatoire. Il offrit à cette occasion aux Toulousains le plaisir de réentendre la fameuse Tétralogie, mais surtout de découvrir pour la première fois Parsifal, le grand opéra de Wagner créé en 1882 à Bayreuth.
2. Toulouse. Rue Alsace-Lorraine. Vers 1910. Vue d'ensemble prise vers le boulevard de Strasbourg et le fond de la rue de Rémusat. Phototypie, 9 x 14. Editeur : Clémence-Isaure, Toulouse. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6825.

Les cartes dans la carte…


Les clichés de certains paysages urbains peuvent parfois recéler des informations intéressantes. Cette vue classique du bout des rues de Rémusat et d'Alsace-Lorraine, qui met en relief l'architecture à la fois des grands magasins « Au Capitole » (à gauche) et des immeubles de bureaux et de rapport (dont celui bien connu de la Compagnie française) en est un bon exemple. On y découvre, dans la partie gauche, le studio d'un des grands photographes toulousains de l'époque, Merlin, et à droite le magasin « Au rêve du collectionneur », maison éditrice par ailleurs de séries de cartes postales de qualité que nous apercevons sur les tourniquets en devanture.
Laté 28 en vol. Terrain d'aviation. Années 1930. Vue d'un avion Latécoère 28 en vol au dessus d'un champ d'aviation. Au premier plan sol, herbe ; au second l'avion ; au fond hangars. Photographie N&B, 11,8 x 17. Archives municipales de Toulouse, 1 Fi 1055.

L’histoire de l’aéronautique à Toulouse


A Toulouse, le premier meeting aérien a eu lieu sur un vaste terrain herbeux route de Bayonne, du 30 juillet au 1er août 1910. Mais l'aéronautique toulousaine prend réellement son envol à partir de 1917 avec la création de l'usine de Pierre-Charles-Georges Latécoère à Montaudran. Puis, peu de temps après, avec Emile Dewoitine, mécanicien chez Latécoère, qui fonde sa propre entreprise à l'automne 1920 et utilise Francazal comme terrain d'aviation.

En 1927, la société Latécoère, précurseur des lignes aériennes postales, devient la Compagnie Générale Aéropostale. A bord d'un « Laté 28 », Mermoz, Dabry et Gimié effectuent la première traversée Toulouse – Santiago du Chili du 11 au 15 mai 1930.

En avril 2011, les Archives ont fait l'acquisition de 7 photographies qui donnent à voir les débuts de l'aviation aux lendemains de la première guerre mondiale. L'une d'elles montre le fameux Laté 28 en vol.

Stade Toulousain. Equipe 1re de rugby (1911-1912). 1911-1912. Vue d'ensemble de l'équipe. Phototypie, 9 x 14. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 5071.

Servat était déjà là !...


Et en plus, c'était déjà un avant ! Voici, à ses côtés, l'équipe qui allait devenir championne de France le 31 mars 1912 :

De gauche à droite, debout : Les avants Servat, Falc, Tavernier, Mariette, Capmau, Pascarel, Bergé. Assis : Les 3/4 Jauréguy, Moura, Moulines, de Fozières ; au centre: Mouniq (capitaine), internat. 1er rang : Bioussa, 1/2 d'ouverture, Dutour, arrière (intern.), Meyssonnier, 1/2 de mêlée (internat.)". 1911-1912. Vue d'ensemble de l'équipe.

On ne peut que souhaiter qu'il en soit de même 100 ans après, en juin prochain…
[Magasin de "Chapellerie - Modes"]. Vue d'ensemble de la vitrine. Vers 1910. 4-6-8 rue d'Alsace-Lorraine. Carte photo. Photographie, 9 x 14. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6812.

La valse des vitrines…


A l'heure des grandes mutations urbaines et du renouvellement des enseignes, voici une carte-photo du superbe magasin de chapellerie et de modes du début de la rue d'Alsace-Lorraine (n° 4-6-8) d'il y a un siècle. Si vous avez chez vous des images de ce type, n'hésitez pas à nous les confier : elles nous racontent en effet un morceau d'histoire de la vie économique et architecturale de la Cité essentiel à sauvegarder.
718. Toulouse. Grand rond, bassin et kiosque. Effet de neige ; 718. Toulouse. Grand rond, bassin et kiosque. Effet de neige. Avant 1904. Vue d'ensemble. Carte postale N&B, BAUDILLON, D. T., Toulouse, phototypie, 9 x 14. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6626.

L’hiver est là ! Vive la neige !


Toulouse connaît régulièrement de gros épisodes neigeux. S'ils causent certains désagréments aux citadins, ils font généralement le bonheur des enfants.
[Photo de classe]. Vers 1920. Identifiée par le vendeur comme étant l'école de la rue de l'Esquile. Portrait de groupe des enfants avec leur instituteur. Carte photo. Carte postale NB, 9 x 14. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6542.

C’est la rentrée des classes !


Ces écoliers en blouse noire étaient, semble-t-il, scolarisés dans une école toulousaine, mais laquelle ? Les renseignements que nous avions localisant cette institution rue de l'Esquile se sont avérés erronés : il n'y avait en effet aucun établissement scolaire dans cette rue dans les années 1920….
Libération de Toulouse, occupation du consulat d'Espagne : lettre du consul à M. Verdier, représentant le gouvernement de la République, demandant la protection de l'Etat français pour ses collaborateurs et lui-même, 22 août 1944. Archives municipales de Toulouse

Occupation du consulat d’Espagne lors de la Libération de Toulouse : lettre à François « Forain » Verdier ?


Lettre adressée à M. Verdier, commissaire régional, représentant le gouvernement de la République Française, le 22 août 1944 par le consul d'Espagne.

Après la libération de Toulouse des troupes armées ont occupé le consulat d'Espagne et ont arboré un drapeau sans doute républicain. Le consul demande la protection de l'Etat Français pour lui-même et ses collaborateurs. Ce document, écrit juste après la Libération, a été acheté le 8 février 2010 pour enrichir les fonds des Archives sur les républicains espagnols.

Le destinataire de la lettre pose question. En effet, François « Forain » Verdier, résistant célèbre, fut commissaire de la République dans la clandestinité. Mais il fut arrêté en décembre 1943 et fusillé en janvier 1944 dans la forêt de Bouconne. Son successeur fut Jean Cassou, grièvement blessé pendant la Libération. Officiellement le 22 août, c'est Pierre Bertaux qui occupe ce poste. Quel est ce M. Verdier mentionné dans la lettre du consul d'Espagne ?
Scènes toulousaines. 47. Les Ponts-Jumeaux. "Un départ de bateau-mouche le dimanche". Voyagée en 1908. Au 1er plan, le bateau-mouche chargé de passagers. Vue d'ensemble. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6677.

Ah ! Les beaux dimanches sur le canal…


Dans les années 1900, l'un des buts de promenade favoris des Toulousains était les Ponts-Jumeaux. Pour les plus aisés, ils pouvaient prendre place à bord des bateaux-mouches qui jouissaient, comme on le voit sur cette image, d'un franc succès.
Photographie de courses de taureau à Saint-Sébastien en 1893. Plaque de verre positive. Archives municipales de Toulouse, 4 Fi 275.

Plaques de verre concernant les courses de taureaux


Au cours du mois d'avril 2010 les Archives ont fait l'acquisition de 5 plaques de verre positives concernant les courses de taureaux à Saint-Sébastien en 1893 et portant la mention E. Trutat. Il s'agit probablement de diapositives que le photographe et directeur du muséum d'histoire naturelle de Toulouse utilisait lors de ses nombreuses conférences.

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