Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

Le fil - avril 2017


DANS LES ARCANES DE


Muséum d'histoire naturelle. Grande salle de zoologie. Avril 1933. Zèbre attaqué par des Léopards. Groupe de M. Lacomme nouvellement installé. Augustin Pujol – Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi280.

Sur le fil


avril 2017

Pourquoi une lettre d'information sur le fil ? Et pourquoi pas ! Peut-être parce qu'en avril… ou alors parce que nous sommes tous un peu sur le fil du rasoir... Tentons de ne pas vous raser et de vous apporter une petite bouffée d'air frais en partageant avec vous nos pépites !

Mais y a-t-il quelqu'un au bout du fil ?

Je vais essayer de le renouer sans m'enterrer dans les arcanes des idées farfelues des contributeurs. Je me déplace sur un fil et dans tous les cas cette lettre me donne du fil à retordre. Ah… quand les hommes filaient la quenouille. Quel rapport ? Faites une pause et lisez nos petites chroniques ou billets d'histoire toulousaine avant de reprendre le cours de votre vie.

 

 

 

Commencez par parcourir une petite sélection d'images d'avril à Toulouse remontant le temps.

Un florilège sans queue ni tête issu de notre base de données en ligne mêlant images récentes et anciennes, célébration et catastrophe, et qui permet de découvrir des images de Toulouse méconnues.

 

ZOOM SUR


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Conduites de chauffage urbain, détail. Toulouse, à localiser. 21 juillet 1942. Détail - plan rapproché - de conduites de chauffage urbain dans une tranchée. Photo-Star – Ville de Toulouse, Archives municipales, 2Fi743.

Dans terre


avril 2017

Chaud devant !

Pour les sensibles au froid, rien de tel que se pelotonner devant un radiateur en marche, et pour ne plus claquer des dents, prenons une douche chaude. C'est sûr, dit comme ça, tout paraît simple. Mais les conduites, elles, ne se posent pas d'un coup de marteau-piqueur magique. Il en va d'une ville comme d'une dentition, et refaire la plomberie n'est pas chose anodine.

Grands travaux, creusement de galeries qui mettent au jour les parfois très anciennes tuyauteries, opérer des changements de direction, fixer les conduites au moyen de bagues et de vis, le tout avec force gravats, poussière, bruits stridents et douleurs… Promis, j'arrête là.

 

 

Car vous le savez autant que moi, nous vivons tous ces dérangements liés à la modernisation des équipements pour une meilleure qualité de vie. Quelle joie de pouvoir à nouveau croquer dans une pomme sucrée et juteuse, de cuisiner pour recevoir des amis sans se préoccuper de devoir recharger le poêle, bref, le luxe, comme avoir la lumière et le gaz à tous les étages. Une nouvelle conduite quoi !

Et tout cela est devenu possible à Toulouse en 1942 grâce à l'installation du réseau de chauffage à distance. Oui, m'assure-t-on, il y avait réellement de l'eau chaude dans ces tuyaux, qui fonctionnaient par paires, un pour l'aller, l'autre pour le retour à l'usine de production. Nous conservons dans les fonds deux séries de tirages représentant ces phases de travaux, où les entrailles du centre-ville ont été mises à nu.

DANS LES FONDS DE


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Projet de "Téléférique pour voyageurs, ligne Parc des Sports – Coteau de Pech-David", par la société Legendre et Cie, plan de la station supérieure du téléphérique. Ville de Toulouse, Archives municipales, 529W119/1/2 (détail).

Se déplacer sur un fil


avril 2017

Décidément, l'histoire n'est qu'un éternel recommencement, notamment en matière de transports en commun. Alors qu'il est aujourd'hui question de créer un téléphérique à Toulouse entre l'Oncopole et Paul-Sabatier, en 1936, on s'interrogeait déjà sur ce mode de transport aérien. Le devis et les plans proposés par la société Legendre & Cie, conservés aux Archives municipales, évoquent une ligne de 1800 mètres permettant de rallier le Parc des Sports à Pech David en moins de 8 minutes. Cabine de 20 voyageurs et un conducteur, vitesse de pointe frisant les 5 mètres par seconde, débit horaire d'environ 150 personnes et une batterie de dispositifs de sécurité : le projet avait tout pour réussir, mais n'a jamais été concrétisé. Toulouse reprendra-t-elle le fil de cette histoire ? Seul l'avenir nous le dira !

Intérieur de la Tour de Contrôle (Blagnac). 28 octobre 1972. Plan rapproché de 3/4 face d'une jeune femme au téléphone (épouse de Bernard Ziegler, un des pilotes de l'équipage du vol d'essai). Cliché pris lors du 1er vol d'essai de l'avion Airbus A300 B. Négatif N&B, 2,4 x 3,6 cm. André Cros - Ville de Toulouse, Archives municipales, 53Fi1997 (détail).

Allô ? Y a-t-il quelqu'un au bout du fil ?


avril 2017

S'il est une ressource précieuse, et parfois insoupçonnée, de la bibliothèque des Archives, c'est bien sa collection d'annuaires de la Haute-Garonne.

Ne vous méprenez pas, nous sommes d'accord : cela fait belle lurette que les gens qu'on y trouve n'habitent plus à l'adresse indiquée, que leur numéro de téléphone a gagné au moins quatre chiffres depuis l'impression du bottin et que vous n'y trouverez certainement pas d'information sur le mystérieux correspondant qui vous a appelé hier soir sans laisser de message…
Pourtant, cet outil se révèle indispensable quand on recherche où habitaient nos (arrières) grands-parents, s'ils exerçaient une activité particulière, ou même pour vérifier que le directeur de l'école cette année-là était bien M. Machin… Un annuaire est également bien utile quand on mène l'enquête pour savoir si des activités polluantes se sont tenues dans tel ou tel quartier ou pour localiser où se tenait telle épicerie qui figure sur plusieurs de nos cartes postales. Et en plus, on y trouve des publicités d'époque !

Alors, si désormais vous considérez d'un autre œil notre collection d'annuaires « vintage », consultez-en la liste et rendez-vous en salle de lecture !

DANS MA RUE


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Élévation de la manufacture, de la corderie, des établissements Saint Frères ; 2 rue de Belfort ; projet de construction, 3 avril 1901. B. Guitard (architecte), dessin, papier, cyanofer, 35 x 51 cm, 1901. Ville de Toulouse, Archives municipales, 64Fi8593.

Du fil à (re)tordre ! La corderie Saint frères


avril 2017

Au moment où les Établissements Saint frères ouvrent une succursale à Toulouse en 1900, la ville ne compte pas moins de dix autres corderies selon l'annuaire de cette année-là. Les frères Saint sont spécialisés, depuis le 1er quart du 19e siècle, dans le tissage et le commerce de toiles d'emballage en étoupes de chanvre et de lin. L'activité qui a vu le jour dans la vallée de la Nièvre près d'Amiens, s'est considérablement développée tout au long du 19e siècle en proposant trois gammes de produit : les toiles d'emballage, le velours de jute pour teintures et tapis et la corderie. C'est dans cette dernière spécialité que l'entreprise, à son apogée au tournant du siècle, fait construire de nouveaux bâtiments rue Belfort après avoir été localisée durant deux ans au 48 rue de Peyrolières.


Ancienne corderie Saint frères, aujourd'hui centre communal d'action sociale (CCAS). Photo Louise-Emmanuelle Friquart ; Laure Krispin, Région Occitanie – Inventaire général / Toulouse Métropole / Ville de Toulouse, 2017, IVC31555_20173100269NUCA.jpgL'édifice, dont les plans dressés par l'architecte Barthélémy Guitard, prend place sur une large parcelle rectangulaire. Il se divise en deux parties bien distinctes. Sur rue, un bâtiment présente un corps central à trois niveaux encadré par deux ailes à un étage couronné par un attique. Cet ensemble qui évoque une grande villa possède une architecture soignée de pierre et de brique. Au rez-de-chaussée sont installés les magasins de détail et des cordes, largement ouvert sur la rue par de grandes baies vitrées. A l'arrière, un grand entrepôt occupant un peu plus de la moitié de la parcelle accueille « le grand magasin ». Plus qu'un véritable centre de production, les établissements toulousains Saint frères semblent n'avoir été qu'un lieu de stockage et de diffusion de leurs produits dans le sud de la France.

SOUS LES PAVÉS


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Basilique Saint-Sernin. Dépose et ouverture du sarcophage dit de Guillaume III Taillefer, Comte de Toulouse, par l'équipe de Jean-Louis Laffont, en présence de Dominique Baudis. 23 mai 1989. Négatif N&B, 24 x 36 mm. Patrice Nin - Ville de Toulouse, Archives municipales, 15Fi8085.

J'ai essayé de renouer le fil de l'archéologie toulousaine…


avril 2017

et je suis d'abord allé voir tout naturellement du côté de la rue des Filatiers. Comme son nom l'indique, elle attira des fileurs, des tailleurs, des chaussetiers, des couturiers, des brodeurs… mais malheureusement pas beaucoup les archéologues ! Heureusement Gérard Villeval sauva l'honneur en 1961 en recueillant quelques fragments de céramiques antiques, dont une lampe décorée d'un chrisme, lors de travaux de voirie devant le numéro 5 de cette rue. Et puis il y a bien ce culot sculpté d'une tête d'ange (pas de filatier…) découvert lors d'une démolition en 1975 au numéro 35.

En fait, pour essayer de garder une trame à cette histoire, il faut avoir le courage de mettre son nez ailleurs, dans des endroits un peu particuliers : les sarcophages. Milieux clos par fonction, nous aurons des chances d'y découvrir des tissus encore conservés et de retrouver le fil de notre quête. C'est ce qui s'est passé en 1989 lorsqu'on a dû déplacer l'un des tombeaux de l'enfeu des Comtes de la basilique Saint-Sernin, qui avait besoin d'être restauré. L'occasion était trop belle et une fouille minutieuse de son contenu fut dirigée par Christine Dieulafait et Eric Crubézy. Résultat : des ossements dont certains appartiennent probablement à un membre de la famille comtale toulousaine des alentours du 10e siècle. Il avait été inhumé habillé avec chausses, chemise et tunique de toutes matières : lin, coton, soie, laine. Un vrai festival fibrique et « filique »...

EN LIGNE


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Quand les hommes filaient la quenouille...


avril 2017

« Pyrénées - Jasque Esterlet, guide aux Eaux-Bonnes - Marchande de beurre aux Eaux-Bonnes », Edouard Pingret, lithographie colorisée, Paris, 1834. Bibliothèque municipale de Toulouse, A-PINGRET (11)....cela signifiait qu'ils avaient vraiment été très très vilains.

En effet, lorsque vous rencontriez un homme exposé au carcan, tenant une quenouille dans chaque main, vous aviez là un malheureux condamné pour avoir filé le parfait amour avec deux épouses en même temps ; bref un bigame subissant là la première partie de son châtiment.

Car si avoir une épouse légitime et une maîtresse pouvait passer (et même être de bon ton selon les époques et le statut social), en revanche, s'être uni devant Dieu à deux femmes vivantes n'était pas concevable. Cela troublait l'ordre divin aussi bien que l'ordre social.

Les amateurs de quenouilles et les curieux pourront ici télécharger le numéro 15 des Bas-Fonds, Aux bigames : les quenouilles, consacré au traitement et à la punition de ce crime par la justice des capitouls. On y trouvera aussi, dans le fac-similé qui y est joint, l'intégralité de la procédure faite en 1750 contre Etienne Andrieu, à la fois voleur, escroc, faux muet et... bigame.

Quant à ceux qui voudront suivre le fil des aventures de Jean Bertier, autre bigame jugé à Toulouse, ils pourront retrouver dans l'inventaire de l'année 1775, une première procédure engagée contre lui par « l'épouse numéro 2 » (procédure #102), avant que le procureur du roi n'apprenne la bigamie et la "licence effrénée" de cet homme (qui n'hésite pas à remplir le devoir conjugal avec chacune de ses femmes à tour de rôle, là dans la même chambre), et ne le poursuive à son tour (procédure #106).

Et pour les blasés, ceux qui considèrent qu'il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, allez-donc faire un tour sur la page Dans les Bas-Fonds. La quarantaine d'inventaires détaillés de procédures criminelles vous permettra probablement de trouver là quelques affaires particulièrement atroces ; tout comme la lecture de certains des dossiers thématiques mensuels, qui pourrait certainement aussi vous replonger dans de vieux cauchemars oubliés.