Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

MALLETTE


septembre 2020

DANS LES ARCANES DE


Mallette ayant appartenu à Jean Robert Calvayrac et contenant des albums photographiques de la guerre 1914-1918 et des photographies de famille. Cliché Stéphanie Renard (2020). Mairie de Toulouse, Archives municipales, Fi non coté.

Ouvrez la malle au trésor


septembre 2020

Entamer des recherches dans les archives, c'est un peu comme se lancer dans une chasse au trésor. Vous ouvrez la malle et… hop ! Vous voici entraînés dans une folle aventure, ponctuée d'indices rocambolesques, de faits inattendus et de parcelles de vie. Vivre une telle expérience vous tenterait, mais vous ne savez pas comment vous lancer ? Vous ne savez même pas où sont les archives ? Bientôt, plus d'excuses...

Trois soldats posant à Berneville, proche d’Arras, en décembre 1915, avec « le masque anti-asphyxiant à la mode à ce moment-là » (2015). cliché Jean Barbier. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 1Num15/1/55.Elles vous ouvrent grand leurs portes à l'occasion des Journées du patrimoine. Une occasion unique d'explorer les coulisses d'espaces non visitables le reste de l'année. Alors, si partir à la chasse au trésor vous tente, lancez-vous ! Vous serez guidés au travers des méandres de la mémoire, dans les profondeurs d'eaux anciennes.
Si vous préférez les sensations fortes, l'atelier « tu ne tueras point mais tu peux toujours essayer » est fait pour vous !  Les archives sont des vieilleries et de ce fait ne vous intéressent pas ? Venez bousculer vos certitudes avec l'atelier « Documents numériques : un archivage presque parfait » et la démonstration du portail sur le patrimoine toulousain UrbanHist. Si en revanche, vous faites partie de nos fidèles lecteurs, vous connaissez déjà une partie des trésors conservés ici. Mais êtes-vous sûrs de tout connaître ? La présentation du fonds photographique de Jean Dieuzaide ou les opérations de numérisation du patrimoine vous réservent quelques surprises… Nous vous montrons le chemin, tous revêtus de l'accessoire à la mode. Alors, n'hésitez plus, venez ouvrir la malle au trésor !

ZOOM SUR


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Grève SNCF voyageur seul. Dans les environs de Toulouse. Le 23 octobre 1963. Vue d'un voyageur avec sa valise marchant seul sur la voie ferrée dans les environs de Toulouse. André Cros – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi3142.

Gare


septembre 2020

Le monde se partage en deux catégories de personnes : celles qui aiment le mois de septembre et celles qui ne l'aiment pas. Toutes les raisons sont valables, quel que soit le groupe dans lequel on se trouve. On peut déplorer la fin des vacances ou apprécier que leur interminable longueur ait enfin trouvé un terme. On peut se réjouir de retrouver les camarades de classe, les enseignants, les collègues, les entraînements de rugby, de porter enfin ces jolis vêtements neufs mais un peu trop épais pour le mois d'août, ou pas. Les bouchons se reforment gentiment sur des axes trop fréquentés, ce qui conduit à des décisions fracassantes : « puisque c'est comme ça, je vais prendre les transports en commun ! ».
Eh bien, il était temps. Cette possibilité est offerte aux toulousains depuis le milieu du 19e siècle, lorsque la ligne de chemin de fer ralliant Bordeaux et poursuivant vers Sète dépose ses paquets de voyageurs, leurs valises, malles, mallettes et boîtes à chapeaux dans le quartier Matabiau. Le réseau de tramways d'alors, conçu pour convoyer les voyageurs entre les différents quartiers de la ville et le chemin de fer, est très bien représenté sur le portail UrbanHist, avec ses 4 lignes au départ de la gare. Vous apprendrez notamment que celle-ci est agrandie tout juste 50 ans après son inauguration. Des plans indiquent l'emplacement prévu pour les consignes à bagages, ce qui vous permettait de laisser votre bagagerie sur place le temps de faire un tour en fiacre pour rapporter quelques souvenirs, puis de repartir fissa : direction l'étang de Thau, le port de Sète, les tielles et le muscat. Parce que oui, il y a d'autres avantages au mois de septembre : celui de partir en congés sans emporter la foule dans son balluchon, les familles bruyantes, les bambins criants, les voisins de plage envahissants, et autres désagréments pour juillettistes et aoûtiens.
Quant aux joies de la circulation à la rentrée, certains semblent leur avoir trouvé une parade : marcher sur les voies, mallette en main. Il n'est pas certain que ce soit efficace, ni confortable, ni sûr.

DANS LES FONDS DE


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[Le chirurgien du village pratiquant une incision à la tête d'un patient]. Gravure de Jan Baptist de Wael, entre 1642 et 1669. Rijksmuseum, Amsterdam, inv n° RP-P-1892-A-17380 (détail).

MAL À LA TÊTE


septembre 2020

C'est parce qu'elle a une amie souffrant de « maux de tête horribles » qu'en 1764, la marquise de Livry, écrivant de Paris, s'enquiert auprès de son amie toulousaine, la présidente Dubourg, « de sçavoir d'un médecin ou chirurgien la façon dont on applique un poumon de mouton sur la teste, et dans quel cas ce remède est salutaire »1.
Remède de bonne-femme ou de grand-mère, pensez-vous ? Que nenni ! Le monde médical toulousain, toujours à la pointe de la recherche, utilise régulièrement ce traitement en cas de traumatisme crânien.
Par exemple dans le cas de Marie Amblard, frappée à la tête d'un violent coup de caillou2 en mai 1753. Après lui avoir fait quatre points de suture, le chirurgien lui prescrit immédiatement la totale, c'est-à-dire une saignée au bras, une à la jugulaire, et une dernière au pied. Mais ce n'est pas tout : un traumatisme crânien étant à craindre, il ordonne l'application d'un poumon de mouton sur la tête de Marie. Las ! Elle décédera tout de même quelque vingt jours plus tard.
D'autres ont le poumon plus heureux. Ainsi, en octobre 1745, le chirurgien et docteur agrégé Bernard Carrière traite Jeanne Boulet, après une agression à « coups de poings et de bûche sur différantes parties de son corps »3, particulièrement à la tête. Si son rapport indique qu'il lui prescrit « une saignée au pied, l'usage du vulnéraire de Suisse intérieurement et de l'eau d'arquebusade extérieurement », on sait qu'il va aussi lui appliquer un poumon de mouton, car les experts nommés deux jours plus tard lui font enlever ce curieux cataplasme. Convaincu de l’efficacité de son traitement, Carrière pratique la même opération trente ans plus tard en soignant un confrère passé à tabac et ainsi décoré de deux belles bosses ayant « le volume d'un œuf de pigeon »4. Il explique : « je l'ai fait saigner au pied tout de suite et lui ai ordonné l'aplication d'un poumon de mouton sur la tête pour prévenir de plus grands accidens ». Avec succès certainement, puisque la victime, le chirurgien Sergeant dit Noël, est rapidement remise sur pied.
En septembre 1755, le chirurgien Bernard Darlès, constatant une tumeur traumatique sur la tête d'Antoine Vigneaux, indique qu'il faut faire des « apliccations propres pour prévenir les acxidants comme le peaumon de mouton sur la teste et les veulnereros intérrieurs et ostres »5.
Terminons ce rapide tour d’horizon de cures contre les traumatismes et maux de tête en juillet de cette même année 1755, où le chirurgien Rivière, appelé au chevet de Marie Dardignac6, cabossée dans une rixe, recommande d'appliquer des compresses imbibées d'eau de vie sur le crâne. Trois jours plus tard, ne voyant pas d'amélioration, il ordonne cette fois l'application... d'un pigeon ! Et par pigeon, il entend un pigeon entier que l'on « applique ouvert encore vivant sur la tête […] pour ouvrir les pores et pour faire transpirer les fuliginosités du cerveau dans les transports excités par la fièvre maligne, pour la phrénésie, pour l'apoplexie & pour la létargie »7.

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1 - 5S 456, lettre du 31 août 1764.
2 - FF 797 (en cours de classement), procédure du 2 mai 1753.
3 - FF 789/6, procédure # 122, du 4 octobre 1745.
4 - FF 819/5, procédure # 099, du 7 juin 1775.
5 - FF 799/7, procédure # 196, du 19 septembre 1755.
6 - FF 799/4, procédure # 126, du 3 juillet 1755.
7 - Voir « Les pigeons de la discorde », Dans les bas-fonds, (n° 35) novembre 2018, page 11, note 38.

LES COULISSES


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Lycée de Toulouse (1909-1910). Photographie d'une classe de garçons du lycée Fermat posant dans la cour de l'établissement. De Jongh frères, Louis Fréon - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 3Fi1508.

Un tour de magie


septembre 2020

L'archiviste est parfois un peu magicien. Comme ce dernier, il lui arrive de se produire sur l'estrade face à un public prêt à être charmé. Pour le tour que nous allons évoquer aujourd'hui, l'archiviste-magicien a besoin : d'un espace de spectacle (la classe), d'un public (des élèves) et d'un accessoire (la mallette pédagogique). Le tour est simple ! L'archiviste ouvre sa belle mallette et transporte en un claquement de doigts les élèves dans un autre temps.

Contre toute attente, les premières expérimentations en matière de politique éducative dans un service culturel ont eu lieu, en France, dans les services d'archives. Un premier service éducatif est créé en 1950 aux Archives nationales, alors que Charles Braibant en est le directeur. Cette politique est relayée sur l'ensemble du territoire par une circulaire posant un objectif clair : « mettre les élèves […] en contact direct avec les documents d'histoire ». Ouvrir les archives aux futurs citoyens, c'est évidemment bien plus qu'un contact frontal avec l'histoire à travers les documents originaux, cela permet d'initier à la recherche historique, à l'utilisation des documents d'archives et d'apporter une illustration vivante et concrète des programmes scolaires. C'est aussi, ne l'oublions pas, un beau moyen de sensibiliser aux métiers du patrimoine.

Le service éducatif des Archives nationales est un succès qui se répand au sein des services d'archives départementaux. Si le premier public ciblé est l'enseignement secondaire, l'enseignement primaire ne tardera pas à intéresser les archivistes à partir des années 70. Aux Archives municipales de Toulouse, l'offre éducative a été mise en place dans les années 80, à l'initiative de Christian Cau, directeur.

Le service éducatif repose sur un duo archiviste-professeur qui travaille main dans la main sur des contenus qui répondent aux programmes scolaires de tous niveaux, de la maternelle à l'Université, sur un temps scolaire, voire péri-scolaire. L'offre proposée peut prendre plusieurs formes, en différents lieux, avec toujours un objectif d'adaptabilité aux spécificités de chaque classe. Comme évoqué ci-dessus, l'archiviste peut utiliser une mallette pédagogique, destinée à une exploitation directement en classe et composée de reproductions de documents ou d'objets sur lesquels les élèves vont porter une réflexion. Ces derniers peuvent aussi se déplacer au sein des Archives, pour des visites ou des ateliers. Le travail pédagogique peut avoir une nature plus originale, comme des balades historiques, des ressources numériques ou encore des jeux. À Toulouse, le service éducatif des Archives municipales accueille près de 1000 élèves par an. Il met à disposition des élèves et enseignants de nombreuses ressources avec pour sujets le développement urbain de Toulouse, les guerres mondiales, les grandes figures locales ou encore l'histoire de l'écrit.

Quand l'archiviste-magicien ferme sa mallette et quitte la scène, il espère avoir su donner l'illusion à son public, en lui faisant apparaître l'histoire sous les yeux, et que chacun rentre chez soi avec un esprit un peu plus éclairé.

DANS MA RUE


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Vue aérienne de l'hôpital Rangueil, années 1980. Pôle image de la direction de la Communication - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 2Fi1905

T'as mal où ? Mal au cœur, mal à la tête mal partout !


septembre 2020

Ces paroles d'une chanson de Françoise Hardy permettent d'introduire sans trop de difficulté cet article sur l'hôpital de Rangueil, dont l'histoire démarre à la toute fin des années 1950.
Les ordonnances Debré de 1958, relatives notamment à la création de centres hospitaliers et universitaires (CHU), à la réforme de l'enseignement médical et au développement de la recherche médicale, sont à l'origine de la création d'un nouvel établissement public de soins à Toulouse.
Saisissant les opportunités offertes, le Doyen Guy Lazorthes (1910-2014) s'empare du dossier et présente au conseil de la faculté de Médecine et à la commission administrative un rapport démontrant la nécessité de faire face à la progression croissante des besoins sanitaires et du nombre d'étudiants en médecine à Toulouse. En effet, à cette époque, la ville fait face à une augmentation constante de la population, due notamment au développement économique du territoire. Les hôpitaux historiques de l’Hôtel-Dieu et de la Grave, ainsi que celui de Purpan du début 20e siècle, alors très vieillissants, peinent à répondre aux besoins sanitaires.

Hôpital Rangueil avec au premier plan la faculté de médecine, 30 octobre 1975. Pôle image de la direction de la Communication - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 15Fi2013/2.Le nouvel hôpital universitaire est déclaré d'utilité publique le 1er octobre 1963 et des terrains sont achetés par le ministère de l'Éducation nationale. Les travaux confiés aux architectes Paul de Noyers et Noël Le Maresquier démarrent en 1969 et se poursuivent jusqu'en 1975, date à laquelle la ministre de la Santé, Mme Simone Veil, inaugure l'établissement. Celui-ci mêle les techniques de soins les plus modernes tout en proposant un accueil le plus agréable possible pour les patients et leur famille.

Le CHU de Rangueil est implanté sur un terrain de 35 hectares environ sur les coteaux de Pech-David, surplombant la ville, à 230 mètres d'altitude. A ses pieds s'organisent sur la pente douce de la colline, la faculté de médecine en lien direct avec l'hôpital. Ce dernier se compose d'un ensemble de grandes barres de 8 à 10 étages reliées entres elles par les sous-sols  (plateaux médico-techniques) et distribuées par un bâtiment d'accueil en R+1. Très ouvertes vers l'extérieur, les façades alternent les éléments vitrés et les pans de murs couverts de briquettes rouges.

Depuis le début des années 2000, le site historique de Rangueil connaît un important programme de réhabilitation et de renouvellement architectural avec notamment la construction du bâtiment H3 inauguré en 2011 et dénommé « Guy Lazorthes », en hommage à l'initiateur du premier CHU toulousain.

SOUS LES PAVÉS


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Coffre en fer forgé du XVIIe siècle exposé au Musée Saint-Raymond dans les années 1930, anonyme, publié dans le Bulletin municipal de la ville de Toulouse de décembre 1934, Mairie de Toulouse, Archives municipales, PO1, décembre 1934, p. 1270 (détail).

Le coffre qui s'est fait la malle


septembre 2020
Les archives départementales de l'Hérault conservent, dans leur série C, une correspondance entre le contrôleur général des Finances, Michel-Robert Le Peletier des Forts, l'intendant du Languedoc, Louis-Basile de Bernage de Saint-Maurice, et son subdélégué, Joseph de Comynihan, concernant la recherche d'un trésor à Toulouse en 1727. En effet, sous l'Ancien Régime, la recherche d'objets précieux était apparemment soumise à l'accord des autorités, à l'instar des archéologues d'aujourd'hui qui doivent obtenir une autorisation de la direction régionale des Affaires culturelles avant de commencer une fouille. Le roi Louis XV lui-même fut d'ailleurs consulté sur cette demande !
On apprend ainsi qu'un certain Jean de Scorbiac pensait pouvoir faire une découverte intéressante dans le quartier toulousain du Bazacle, près du moulin. Il était sûr de lui, puisqu'il l'avait déchiffré dans les prophéties de Nostradamus et qu'il avait repéré l'endroit où creuser grâce à une baguette de sourcier… Il fit finalement une fouille au mois de juin 1727, mais n'en retira rien, sinon une drôle d'histoire. Ayant, soi-disant, bien repéré un coffre en fer avec une sonde, il vit la terre s'entrouvrir au moment où il allait le retirer et celui-ci glissa, s'enfouissant hors de portée… Le coffre, englouti, s'était donc fait la malle.
Ses interlocuteurs ne furent pas dupes et Jean de Scorbiac fut même qualifié de visionnaire, évidemment dans son sens péjoratif d'illuminé.
Ce coffre quasi découvert aurait pu ressembler à celui que nous présentons sur le cliché ci-contre, où nous voyons un exemplaire en fer forgé du XVIIe siècle conservé par les musées de Toulouse.

EN LIGNE


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École mixte du Nord, 13 boulevard d'Arcole. 20 septembre 1978. Reportage montrant l'arrivée des écoliers - et les abords de l'école - le jour de la rentrée des classes. Tirage N&B 18 x 24 cm. Pôle image de la direction de la Communication - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 15Fi1824 - vue n° 1 (détail).

Apprendre sans mal(le)


septembre 2020

Comme vous le savez peut-être déjà, les Archives municipales disposent d'un service éducatif, chargé notamment de la médiation culturelle à destination des professeurs et de leurs élèves. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'il propose également en ligne de nombreuses ressources pédagogiques accessibles à tous.

L'équipe a en effet beaucoup travaillé cette année à réorganiser sa rubrique sur notre site Internet, pour mettre en avant la richesse et la diversité de ses contenus, élaborés dans le cadre de l'éducation artistique et culturelle, mais aussi pour en faciliter l'accès.

Ainsi, en écho au dispositif « nation apprenante », vous pouvez désormais embrasser d'un seul coup d'œil la liste des randonnées urbaines organisées, des expositions itinérantes à emprunter, des ateliers mis en place ou des visites et stages proposés.

 

De quoi faire allègrement le plein de connaissances, sans le moindre excédent de bagages…