Grille d’entrée de l’ancienne ENICA, 23 avenue Henri Guillaumet. Années 1970. Négatif couleur, 9 x 13 cm. Roger Gril – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 34Fi516

février 2026


Février, c’est grillé
C’est un peu l’histoire de la poule et de l’œuf pour savoir qui du gril ou de la grille a précédé l’autre. Quel cuisinier facétieux a eu la brusque illumination, en faisant griller des poivrons, d’installer son barbecue en travers d’une fenêtre ? Ou quel architecte singulier s’est dit, en disposant des barres de fer croisées sur une porte : « Tiens, je me ferais bien cuire des saucisses là-dessus » ? Nous ne le saurons probablement jamais.
Nous savons en revanche qu’à Toulouse le mois de février est tout feu tout flamme : l’incendie de 1442 et l’immolation de Vanini en 1619 peuvent en témoigner. Ce même mois a vu se produire un autre triste évènement beaucoup moins connu. En effet, le 27 février 2001 s’éteignait Roger Gril, représentant d’une lignée de photographes toulousains, actifs à Toulouse et particulièrement dans le quartier du Faubourg Bonnefoy des années 1890 à 1990. Alexandre, René, Roger, mais aussi Ernestine et Andrée grâce à qui une partie du fonds familial a intégré les Archives de Toulouse.
On y trouve des photographies des bals populaires de la place Béteille durant les années 1930, d’autres des barricades sur le faubourg Bonnefoy lors des journées de la Libération en août 1944 ou encore immortalisant le discours du Général de Gaulle au balcon du Capitole le 16 septembre 1944. Mais aussi des clichés de famille, des commandes de clients tels que l’École Nationale d'Ingénieurs de Construction Aéronautique (ENICA), on y voit même le tout jeune Claude Nougaro photographié au sein de la chorale du réveil de Bonnefoy.
 
Gâteau des rois chez les Ariègeois, 1960, tirage N&B, 10,5 x 14,5 cm. Emile Godefroy – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 19Fi6526

janvier 2026


C'est pas de la tarte !
Il est fascinant de constater combien les traditions ont la vie dure. On associe généralement le rite de la galette des rois au culte des trois mages de la tradition chrétienne. Mais son origine est à chercher ailleurs, dans l’héritage païen romain. En effet lors des fêtes Saturnales, qui se déroulaient lors de la semaine du solstice d’hiver, un esclave était désigné seigneur d’un jour et pouvait durant cette période exaucer tous ses souhaits.
Comme souvent, le syncrétisme aidant, la tradition a été intégrée au nouvel ordre religieux et l’éphémère monarque est devenu le symbole des mages Melchior, Gaspard et Balthazar devenus à cette occasion rois. Choisi par l’entremise d’une fève, là aussi provenant des usages du vote à la romaine, dissimulé dans un gâteau le fugace souverain à vu son pouvoir s’amenuiser nettement. 
Avec les années la tradition s’est sécularisée et la galette s’est progressivement émancipée du signifiant religieux. Mais il existe des particularités locales. Ainsi, au nord d’une ligne allant de La Rochelle à Grenoble la frangipane règne en maître, alors que dans le sud la brioche fait de la résistance. J’ai récemment réalisé combien celle que l’on appelle par ici la « Limoux »  de par sa forme circulaire et son centre évidé, décorée de fruits confits aux multiples couleurs, ressemblait effectivement à une couronne royale ornementée de pierres précieuses.