ARCANES, la lettre

Dans les fonds de


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archive ou de ressources en ligne. Retrouvez ici une petite compilation des articles de la rubrique "Dans les fonds de", dédiée à la présentation de documents issus de nos fonds.

DANS LES FONDS DE


Page de garde du livre VI des Annales manuscrites, 1618-1633. Mairie de Toulouse, Archives municipales, BB278.

Prendre son pied avec les Annales


mai 2020

Certains ont vu dans le confinement l'opportunité de reprendre des lectures mises de côté ou sans cesse repoussées par manque de temps. Le Décaméron me semblait fort judicieux, tout comme la trilogie du « Hussard »*. Mais voilà, en cinquante jours ou plus, on (re)devient insatiable : Boccace ou Giono sont vite croqués et ne suffisent plus.
Restait un morceau de choix que l'on aurait presque oublié : les onze volumes des Annales manuscrites des capitouls (oui, on vous a toujours seriné qu'il y en avait douze, mais le premier a été saccagé – il a toutefois été partiellement reconstitué par notre ancien directeur).
Dans les Annales, cette succession de chroniques manuscrites depuis la fin du 13e siècle jusqu'en 1787, tout le monde trouve son bonheur. En matière d'écriture, si les chroniques écrites par Guillaume de La Perrière sont un chef-d'œuvre d'éloquence – quoique truffées de digressions et d'histoires antiques que rares sont capables de connaître sans avoir recours à Internet. En revanche, certaines, plus tardives, ont été bâclées et leurs auteurs devraient en rougir de honte du fond de leur tombeau. Quant à celles de la fin du 18e siècle, elles perdent en spontanéité et deviennent de moins en moins digestes.
Alors, pour en revenir à la thématique d'Arcanes de ce mois-ci, les Annales font défiler des pieds de tous formats et de toutes les couleurs : depuis la chronique rimée de 1681 par Germain de Lafaille en vers de 12 pieds (vues 221 et suivantes), jusqu'aux capitouls qui se prosternent perpétuellement aux pieds du roi (plus souvent en paroles qu'en réalité, il est vrai), tout ne semble être plus que pied(s).
Mais les pieds qui nous ont le plus frappé sont indéniablement ceux de saint Edmond, roi d'Angleterre, qui, à défaut d'être précisément mignons, sont particulièrement bien décrits dans la chronique de 1644 et reposent parmi les corps saints du trésor de la basilique Saint-Sernin.


Bien entendu, si vous vénérez saint Castor, il vous faudra plutôt lire les pages suivantes, mais si vous ne jurez que par saint Thomas, vous pouvez toujours lire la chronique de l'année 1587 et y compter les ossements du dominicain.

* J'en connais même une qui est en train de lire les 21 volumes (pas un de moins) de l'ouvrage Le Consulat et l'Empire d'Adolphe Thiers. Autant vous dire qu'elle ne sera pas déconfinée d'ici demain.

[Évasion de la comtesse d'Aubigny de sa prison de Londres en 1643]. Gravure de Jan Luyken, publiée chez Pieter van der Aa, Leiden-Amsterdam, 1698. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-1896-A-19368-1464.

Jouer les filles de l’air


avril 2020

Voilà, la première journée d'étude sur la justice capitulaire n'a pas eu lieu – du moins, pas encore… –  ; elle devait traiter des pratiques de la justice et des espaces du crime, mais ça, vous le saviez déjà. Ce que vous ignoriez encore est que l'an prochain, à pareille date, dev(r)ait se tenir une deuxième journée d'étude organisée par les Archives de Toulouse, toujours sur la justice capitulaire, mais qui aborderait cette fois la double thématique de l'arrestation et de l'enfermement.
Bon, qui vivra verra, et nous verrons bien ce qu'il adviendra de ce projet.

En attendant, aux Archives, l'enfermement sous l'Ancien Régime a déjà été traité – de manière très détournée, dans un dossier des Bas-Fonds (« La grande évasion », n° 33, septembre 2018), où, comme le titre l'indique, il est exclusivement question d'évasions des prisons.
Et ce n'est pas tout : l'évasion a de beaux jours devant elle, puisque deux étudiantes en histoire, Darcey à l'université de Durham (cherchez sur la carte d'Angleterre, en haut – non, plus haut encore) et Anaëlle à celle de Toulouse, poursuivent chacune des recherches approfondies sur le sujet et doivent, à l'heure qu'il est, être en pleine rédaction de leur mémoire de master.

Pourquoi un tel engouement pour les filles de l'air ?
Peut-être parce que Toulouse, ville de brique, n'a que des prisons de broc et qu'il est si facile de s'en échapper. Non pas que les serrures y soient moins solides qu'ailleurs, mais ce sont les murs qui se trouvent être plutôt … poreux.
Pensez, l'évasion la plus rapide qu'il nous ait été donné de trouver s'est faite en moins d'une heure ! Oui, vous avez bien lu, moins d'une heure pour percer le mur et retourner gambader dans de vertes prairies. Ça laisse songeur.
Ah, quelle aubaine pour certains criminels que Toulouse n'ait pas été construite en pierre !
Comme le sujet est loin d'être clos, ceux qui sont curieux de pénétrer dans les anciennes prisons de l'hôtel de ville pourront toujours le faire à distance. En effet, parmi les nouvelles (res)sources proposées en ligne depuis le confinement, vous trouverez deux procédures de 1785 : "Il avoit aussi mauvaise mine que la porte du Châtelet de Paris" et "L'agité des prisons" qui exauceront vos vœux de voyage virtuel dans le temps et, si vous retrouver ainsi enfermés dans les geôles ne convenait pas finalement pas, il n'y aurait qu'à appuyer sur la touche « ECHAP » en haut à gauche de votre clavier pour recouvrer votre liberté.

Cachet d'une lettre de la marquise de Livry au président Dubourg, mai 1784. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 5S457

Pile solaire


mars 2020

De quoi peuvent donc deviser deux dames de la haute société du 18e siècle lorsqu’elles échangent une correspondance soutenue pendant près de trente ans entre l’une à Paris (et à Soisy, l’été), et l’autre à Toulouse ?
De chiffons, oui. On se tient au courant des modes en vogue à la cour ou à la capitale, on s’échange des techniques de broderie, de couture. De cuisine, aussi, et autant vous dire que les canards engraissés « à la toulousaine » font fureur à Paris. De jardinage, bien entendu, avec des plantes nouvelles qui font fureur ou que l’on trouve simplement belles. Les cancans de Paris, Versailles ou de Toulouse n’y manquent pas, depuis le mariage espéré de telle fille de famille, les incartades de tel(le) autre, les grossesses et les accouchements, la fistule du marquis de N… et les maux d’estomac de Mlle N… que les purges ne suffisent pas à apaiser.
De telles informations, qui ne doivent guère surprendre entre deux amies d’enfance éloignées de deux cents lieues, sont le liant nécessaire de toute correspondance épistolaire.
En revanche, on doit accorder que ces deux dames affichent un intérêt marqué pour les arts : les pièces de théâtre en vogue sont, non seulement, décrites, mais encore critiquées, comme les ouvrages des philosophes ou des pamphlétaires.
Les avancées de la médecine éveillent aussi leur curiosité, particulièrement les voies parallèles comme le mesmérisme. Pour compléter le tableau, ces dames suivent avec intérêt les expériences des premiers ballons aérostatiques et ne se lassent pas d’en commenter les applications possibles. Et voilà même que madame Dubourg, la Toulousaine, parle à son amie d’une pile solaire, cette « découverte qui a été faite pour conserver la chaleur du soleil ».
Comme quoi, les femmes et leur intérêt pour la culture scientifique ne datent pas d’hier. Il y a même fort à parier que mesdames de Livry et Dubourg ont elles-mêmes participé ou fait des expériences, mais cela on ne le découvrira qu’en lisant l’intégralité de leur correspondance.
À cet effet, 446 lettres écrites entre 1774 et 1782 ont été rendues disponibles sur notre base de données en ligne. Et ce n’est qu’un début, car la correspondance échangée entre 1763 et 1773 devrait être numérisée l’an prochain.

Visuel pour l'accès à "Meurtres à la Carte" à partir du portail d'UrbanHist, femme poignardant un homme dans son lit, gravure de Caspar Luyken, 1704. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-1896-A-19368-2209.

Tant s’en faut


février 2020

Certains de nos lecteurs le savent déjà, quelques-uns en sont même devenus des utilisateurs passionnés, d'autres n'ont jusqu'à présent entendu qu'une sourde rumeur bien inquiétante.
Oui, la carte de Toulouse sur UrbanHist a vu éclore depuis septembre dernier de mystérieuses icônes en forme de tête de mort qui la parsèment au gré des… meurtres !
Donc, cette nouveauté – Meurtres à la carte est son nom – se présente comme une couche cartographique interactive et interrogeable où l'on replace les lieux des meurtres ou de découverte de corps morts dans des circonstances suspectes.
Et si, parmi vous, certains ont de secrets inavouables et sanglants sur la conscience, il n'y a nulle sueur froide à avoir : nous ne nous intéressons qu'au crime entre 1670 et 1790 (pas qu'on ait les idées étroites, mais il faut se limiter aux sources disponibles de nos fonds).
Il y avait 59 meurtres pour commencer, 62 à ce jour, et ce n'est pas fini, tant s'en faut !
Les étudiants de master d'histoire du droit de l'université Toulouse-I – Capitole et ceux d'histoire de l'université Toulouse-2 – Jean-Jaurès travaillent pour vous, main dans la main avec les Archives, et exhument des fonds de la justice criminelle des capitouls les prochaines affaires de meurtres qui viendront s'ajouter à celles déjà référencées.

Alors, suivez-nous et plongez dans le crime.

"Samson s'approcha de Mme de la Motte et lui imprima un fer rouge sur la peau". gravure sur bois (détail), s.d., Bibliothèque Inter-Universitaire Santé, Paris-Descartes, réf : CISB0591.

À fleur de peau


janvier 2020

Si les tatouages les plus divers ont le vent en poupe depuis quelques années, il fut un temps où les marques sur la peau se portaient aussi – mais elles étaient toutefois réservées à une sorte d'élite : les criminels condamnés.
Généralement placées sur l'épaule droite, ces marques apposées au fer rouge par le bourreau (ce qui est autrement plus douloureux que l'aiguille d'un tatoueur) n'étaient guère variées : seule la fleur de lys venait orner les épaules des voleurs et autres malfrats.
Puis, la palette de cette marque d'infamie s'est élargie et, en 1738, fleurissaient désormais des V, des GAL et des W, quelquefois encore des M (pour cette dernière lettre, nous ne savons toujours pas si la marque était vraiment au fer rouge).
Marque indélébile ? Pas nécessairement, puisque l'on s'ingéniait à masquer, brouiller, voire enlever complètement ces marques, au prix de douleurs inconcevables et au péril d'infections aussi diverses que fatales.

Le fonds d'archives de la justice criminelle des capitouls offre un large éventail de cas, tant de coupables condamnés à la marque, que de rapports d'expertises d'épaules de suspects, jusques là même aux ratées du bourreau, et deux dossiers spéciaux des Bas-Fonds publiés en 2016 (« La marque de l'infamie » – n° 02) et 2017 (« Couvrez cette marque que je ne saurais voir » – n° 17) invitent les chercheurs à explorer plus avant les thématiques et problématiques liées à la marque de l'infamie.

Exemplaire vierge d'un diplôme du conservatoire municipal de Toulouse. Concours international de Musique. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 20Fi1195.

La, la, la, la, laaaaa…


décembre 2019
Ce rapide billet pour vous faire part, à l'occasion de la prochaine célébration du bicentenaire du Conservatoire régional de Toulouse (1820-2020), de la numérisation de l'ensemble des palmarès de l'Ecole. Cette opération d'envergure (dix registres, soit 4459 pages), actuellement en cours de réalisation, devrait être mise en ligne en début d'année prochaine. Elle viendra compléter les registres déjà numérisés au cours d'une précédente campagne ( 1R618, 1R619, 1R620, 1R621 et 1R622) et facilitera l'accès aux résultats des élèves de 1821 à 1979.
A S.A. Mohammed [sic] el Habib, Bey de Tunis et à M. Lucien Saint, résident de France, Toulouse a ménagé un accueil enthousiaste et franchement sympathique (1923). Marius Bergé - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 85Fi147.

Aboutissement


novembre 2019

Autant vous le dire tout de suite : le traitement des reportages photographiques du publiciste toulousain, Marius Bergé (1874-1959) – journaliste pour Le Télégramme, L'Express du Midi, Le Bulletin municipal, fondateur du Cri et de La Gazette de Toulouse – m'a occupée un bon bout de temps ! Plusieurs semaines en effet m'ont été nécessaires pour mener à bout la description et l'analyse de chacune de ces 1 900 plaques de verre documentant la vie toulousaine de l'entre-deux-guerres. Des semaines entières passées à parcourir et éplucher la presse de l'époque pour contextualiser ces photographies et retrouver les articles dont elles étaient souvent l'illustration. Un travail d'enquête immersif qui m'a permis d'identifier les lieux, les événements représentés, et d'exhumer parfois certains pans et personnalités de l'histoire locale, de la fin du premier conflit mondial à l'avènement du Front populaire.
Un traitement passionnant, dont l'aboutissement a été la conception d'un plan de classement permettant à chacun, selon ses envies et axes de recherches, d'accéder au fonds et de le prendre ainsi par le bout qu'il souhaite !
Cher Marius Bergé, cela a été un honneur et un plaisir non dissimulé que de passer ce bout de temps en compagnie de vos photographies que les lecteurs d'« Arcanes » peuvent désormais découvrir en suivant ce lien…

Homme poignardé dans son lit. Gravure de Caspar Luyken, 1704. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-1896-A-19368-2209.

L'été meurTRIer


octobre 2019

À quoi avons-nous passé l'été, loin des plages bondées et des terrasses de cafés ombragées ?
À nous plonger dans les dossiers de procédures criminelles des capitouls pour trier, sélectionner et compiler un bel ensemble de meurtres de toute facture, de noyades accidentelles (ou quelquefois aidées par une main meurtrière), d'accidents de la circulation et de mises à plat fatales causés par des carrosses filants, des charrois pesants ou des chevaux emballés.

Voilà ! Tout ceci est désormais placé sur une carte interactive (on va dire un SIG, depuis le temps, vous le savez), sur UrbanHist pour être plus précis.
Là, sur cette nouvelle couche au nom évocateur de « Meurtres à la carte », chaque point signale et ouvre sur une fiche d'information, succincte sur la version grand public d'UrbanHist, ou extrêmement détaillée sur UrbanHist+. Cette dernière livre, en prime, les transcriptions intégrales des pièces majeures de la procédure, et un moteur de recherche. Ça fait rêver ou saliver.

Seulement 59 meurtres entre 1670 et 1790, c'est tout ?
Que nenni ! Chaque mois, de nouvelles affaires vont venir enrichir la base. Ainsi, 15 cas de morts suspectes ou accidentelles sont en préparation et devraient vous être servis incontinent.
De plus, le classement progressif des procédures criminelles (pour l'année 2019-2020, la décennie 1750 sera livrée dans son intégralité) nous promet la découverte de nouveaux crimes qui viendront peu à peu s'ajouter à ceux déjà référencés.

P.-S. en passant, si parmi vous se trouve un légiste (assermenté ou pas) disposé à donner un peu de son temps, nous sommes preneurs.

Délibération n° 228 du conseil municipal du 13 décembre 2002 (extrait). Mairie de Toulouse, Archives municipales, 1217W49, vue 453.

Sceaux et usage de sceaux


septembre 2019

« SIGILLUM NOBILIS CAPITOLII TOLOSANI » : voilà ce que l'on peut lire sur le sceau qui clôt chaque délibération publiée par le conseil municipal de la mairie de Toulouse (comprendre, pour les non-latinistes : « Sceau du noble Capitole toulousain »).
Le sceau officiel de la ville est composé de cette devise encadrant ces célèbres armoiries, si connues des toulousains (un agneau nimbé, portant la croix de Toulouse en bannière, avec en arrière-plan le château Narbonnais et la basilique Saint-Sernin).

 

 

Loin d'être réservé à d'antiques parchemins, l'usage des sceaux est toujours d'actualité de nos jours. L'authenticité des délibérations étant garantie par un certain formalisme, la présence conjointe de la signature du maire, ou de l'un de ses représentants, et de la marque du sceau officiel de la ville, constituent un signe important de validation de ces documents officiels.

Quant à la délibération choisie pour illustrer ce billet, il semble que deux sceaux aient été nécessaires plutôt qu'un !

CARTULAIRES. Compilation générale des privilèges de la ville et de nombreux titres des archives, exécutée par ordre des capitouls de l'année 1539-1540, connue sous le nom de "Vidimé du Livre Blanc", Cartulaire de Jean Balard (1540). 1152-1539. Registre parchemin, 885 feuillets (vue 31). Ville de Toulouse, Archives municipales, AA5.

Préceptes centenaires


juillet 2019
Une chose est sûre, à Toulouse, la préservation des archives, c'est de l'histoire ancienne ! Il y a cinq cents ans, nos élus de l'époque, les capitouls, s'alarmaient de l'état déplorable de leur dépôt d'archives. Certes, la tour des Archives est à l'abri des effractions derrière son épaisse porte en fer aux serrures alambiquées, mais le bâtiment est tout bonnement insalubre. Les titres et privilèges de la ville sont rongés par les rats ou gâtés par l'humidité, et les sceaux chargés de les authentifier tombent en morceaux.
Les capitouls décident alors de prendre des mesures pour remédier à cette situation. Une nouvelle tour est construite (l'actuel Donjon du Capitole, qui accueille aujourd'hui l'office de Tourisme). Les documents y sont entreposés sur des supports adaptés : étagères, râteliers et coffres fermés à clés pour les pièces les plus précieuses. Les versements et les prêts sont consignés dans un répertoire, et le dépôt est visité une à deux fois par an par les membres du corps capitulaire. Vous retrouverez les prémices de cette prise de conscience archivistique toulousaine dans le cartulaire de Jean Balard, aux vues 31 et 32.
Le Minotaure. Cliché de P. Jacquelin, 2019. Mairie de Toulouse, Archives municipales.

L'envol des Géants


juin 2019
La piste des géants a pris son envol en fin d'année 2018 à Montaudran. Les créatures de la Compagnie La Machine ont été installées dans leur halle, et l'opéra Le Gardien du Temple a été joué dans les rues de Toulouse début novembre 2018.
Comme suite à la fermeture de l'Espace Croix-Baragnon à l'été 2018, les Archives municipales ont pris en charge et traité les archives conservées dans ce lieu de culture. Dans le fonds d'archives de la direction Recherche et Développement culture, se trouvent des dossiers sur le décollage du projet, de la construction de la Halle de la Machine à l'organisation de l'opéra qui a dévoilé le Minotaure. Il faudra encore un peu de patience pour découvrir le contenu du versement 1272W, actuellement en cours de classement et mis à la disposition du public en fin d'année 2019. En attendant, quelques pièces sur cette aventure sont consultables dans le versement d'archives de l'ancien directeur général des affaires culturelles, M. Jean-Louis Sautreau (versement 1209W).
Construction du pont de Pinsaguel, XIXe s. Ville de Toulouse, Archives municipales, cote 1Z191.

Édile et poète à la fois


mai 2019

Il fut un temps où l'inauguration d'un pont, ouvrage d'art par excellence, donnait des envies d'envolées lyriques à nos hommes politiques. « Il suffit de passer le pont, c'est tout de suite l'aventure », disait l'un de nos poètes contemporains. C'est ce que dut penser le président Cazes lors de l'inauguration du pont qui enjambe la Garonne, reliant Pinsaguel à Portet-sur-Garonne.

Par deux fois, la fureur du fleuve fut fatale à ce pont construit par l'ingénieur Berdoulat en 1826, tout d'abord lors des crues de 1835 qui détruisirent trois arches en brique de la rive gauche. Reconstruites en 1838, elles subirent à nouveau le débordement du fleuve en 1875 qui anéantit le village de Pinsaguel, à l'exception de l'église Saint-Pierre. Les arches manquantes furent remplacées par un tablier métallique continu, de type Eiffel, ce qui donna un air curieux à ce pont réalisé pour moitié en maçonnerie et en métal. 

Ciel mon Zénith !


avril 2019
 

À Toulouse, si vous cherchez le zénith, vous le trouverez non seulement au-dessus de votre tête, mais aussi sur le plancher des vaches dans le quartier des Arènes ! Inauguré en 1999 et d'une capacité de 11000 personnes, le Zénith de Toulouse est l'une des plus importantes salle de spectacle de France. Grâce aux reportages photos de la mairie de Toulouse, vous pouvez admirer les différentes phases de construction de cet étonnant bâtiment aux allures de « soucoupe volante » !

 

 

 

 

 

Livre des proprietés des choses Barthélemy l'Anglais, traduit du latin par Jean Corbichon (1401-1425). Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits. Français 9141 (détail du feuillet 171 v°, enluminure réalisée par le maître de Boucicaut).

Jeune et jolie


mars 2019

Les procédures criminelles des capitouls nous entraînent dans un monde où les langues se délient, où les gestes et pratiques des uns sont scrutés par les autres.
À l'évidence, lorsque la voisine est jeune et jolie, les locataires du dessus, du dessous ou d'en face rivalisent de contorsions ou de subterfuges (pas toujours très discrets) afin de tenter d'apercevoir un bout de gambette, voire plus lorsque la chance leur sourit. D'autres se contentent d'écouter aux portes.
Lors de procès pour prostitution ou maquerellage, ceux qui viennent témoigner n'hésitent pas à se vanter d'avoir épié cette voisine « fort jolie et fort dégourdie » depuis leur fenêtre ou à travers les fentes et trous des cloisons ou du plancher. D'autres accordent même volontiers avoir eux-même ménagé ces observatoires de fortune en soulevant un carreau ou en creusant un œilleton.
Le sculpteur Loubeau n'est pas en reste, puisque par un trou du plancher il assiste aux ébats de sa... sœur !
« Par le trou de la serrure », le dernier dossier téléchargeable des Bas-Fonds fera peut-être le bonheur des voyeurs, mais que l'on se rassure : les scènes les plus torrides ont été sagement laissées dans les procédures et il faudra donc venir les consulter sur les documents originaux en salle de lecture.

Un petit conseil tout de même, essayez de rester discrets ou il pourrait vous en cuire comme à Hugues Larivière qui, en 1762, croyant surprendre l'intimité des soeurs Dupuy s'est fait attraper la main dans le sac (plutôt l'œil collé à la serrure) et vertement tancer en ces termes « F... vieillard si nous pouvions te jetter dans l'eau nous t'empêcherions bien de nous regarder ! »

Détail papier à entête du Grand Hotel Tivollier. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Z625/2.

Tivollier, l’empereur toulousain du pâté de foie gras !


février 2019
Menu du 18 février 1911 signé Henriot. Ville de Toulouse, Archives municipales,1Z264/1/.Difficile à Toulouse d'évoquer le gras sans parler du canard et plus particulièrement de foie gras, tradition culinaire ancrée dans notre région depuis des lustres. Déjà les capitouls, le 28 décembre 1788, se délectaient de cinq foies de canard servis avec un ragoût. Le « pâté de foy » de canard était un mets réservé aux personnes aisées et/ou aux grandes occasions. Grâce à la capacité de voyage des pâtés, surtout à la saison froide, ce foie gras jouissait d'une renommée qui s'étendait à toute l'Europe.  
À Toulouse, depuis Pâques 1858, le foie gras est synonyme de « maison Tivollier » avec son célèbre « pâté Tivollier ». Médailles et récompenses consacrent la réputation planétaire du « Pâté Tivollier » : Paris, Philadelphie, Londres, Liverpool, Moscou, Vienne, Chicago, etc. « Le pâté Tivollier » est incontournable et trouve place dans tous les menus, au milieu d'autres plats loin de répondre à nos préoccupations actuelles de santé puisque, à l'époque, le menu était une succession de mets et non pas un choix. Le temps passé à table lors des repas festifs était fort long.
Après avoir été préparé en sauce, en croûte, au sel, ou au torchon, aujourd'hui, modernité oblige, on peut même utiliser le micro-ondes et le congélateur.
Café - restaurant, 15 place du Président-Wilson. 3 février 1913. Plan d'ensemble de la terrasse du grand café restaurant Lafayette avec le personnel posant devant. Mention sur l'image: "Baron G. Duquesne, 3-2-1913". Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi1107.

De comptoir en comptoir


janvier 2019

Grâce aux photos que nous conservons précieusement aux Archives, vous pourrez voyager dans le temps, flâner de comptoir en comptoir, pour vous imbiber de l'ambiance des cafés de l'époque. Immersion totale des années folles jusqu'aux années sixties pour les amoureux de ces époques.
Devinez ainsi les conversations de ce groupe de badauds assis en terrasse  dégustant leur verre de vin au début du 20e siècle. Imaginez l'ambiance des années folles dans la grande salle du café-bar du Dix-Avril, à la manière des scènes décrites par l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerald dans son livre Gatsby le Magnifique. Enfin, transportez-vous dans les années sixties, avec le snack des Nouvelles galeries dont le design du comptoir, des chaises et de l'éclairage, aux lignes pures et sobres, est inspiré de la mode américaine. Ce voyage spatio-temporel prend fin, à vous chers lecteurs de le prolonger à souhait.

Récit de carrière de Nicole Roux-Loupiac et Jean-Philippe Loupiac, architectes, Atelier 13 à Toulouse (1966-2017) : vidéo de présentation. Arrêt sur image. Nicole Roux-Loupiac et Jean-Philippe Loupiac (Atelier 13) / Annaëlle Guérin (Agence Bird) - Ville de Toulouse, Archives municipales, 3Num33.

Quand les archives donnent de la voix…


décembre 2018

Saviez-vous que nous comptons parmi nos collections des archives audiovisuelles ? Et saviez-vous que, parmi celles-ci, nous conservons également la parole de plusieurs témoins du XXe siècle toulousain ?

Recueillis par des professionnels lors de campagnes ciblées, auprès de personnes choisies pour le rôle qu'elles ont tenu dans les événements relatés, ces récits, le plus souvent filmés, apportent des informations que même le plus complet des dossiers administratifs ne peut laisser entrevoir : un côté sensible, palpable, « humain ».

Quatre thématiques ont jusqu'ici fait l'objet d'une collecte de témoignages :
• la restauration du couvent des Jacobins,
• le travail des architectes de l'Atelier 13, • l'ancienne usine papetière JOB,
• l'œuvre des photographes Jean Dieuzaide et André Cros.

Les enregistrements qui en sont issus sont librement accessibles en ligne et mis à disposition du public, dans le respect de quelques règles de réutilisation.

Alors, si vous ne supportez plus les films de Noël, tenez bon : vous savez désormais qu'il existe une alternative...

Portrait d'Émilienne Gosse posant à l'avant d'un canot sur la Seine à Courbevoie, 7 septembre 1917, négatif N et B stéréoscopique. Raoul Berthelé - Ville de Toulouse, Archives municipales, 49Fi1189 (détail).

Sans voix


décembre 2018

Il en est un qui n'a pas voix au chapitre au sein de la rédaction d'Arcanes. « Trop déprimant ! », s'entend-il répondre à chaque proposition d'article.
Pauvre de lui ; torturé depuis son enfance par des clowns faussement gais, des cirques miteux, des trapézistes rampants et des numéros d'écuyères sur de poussifs poneys, il porte cette indélébile blessure et traîne son mal ; il cherche sa voie dans une thérapie fort peu académique : l'image du moi(s) qu'il présente régulièrement sur le site des Archives.
Rejeté par Arcanes, contraint à faire cavalier seul, P... (nous pourrions aussi l'appeler Z...) nous offre depuis 2013 des billets d'humeur mensuels (mensuelle conviendrait aussi bien) autour d'une image forte conservée dans les collections des Archives. Au fil des mois, des années, nous avons pu mesurer l'océan infini de sa déprime devant les gens heureux, les vélos, les enfants, les walkman, les ados, les mobylettes, les post-ados, les quarantenaires en trottinette, les vieux-beaux gominés, sans oublier cette profonde aversion pour les clowns en tout genre.

L'écriture comme catharsis. Nul ne saurait dire si sa thérapie marche, mais, finalement, il faut avouer que l'on s'en moque : s'il écrit, c'est avant tout pour notre plus grand plaisir.

Le pastel. Gros plan sur les graines. 40 × 30 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 3Fi260 (détail).

En avoir un grain…


octobre 2018

C'est finalement drôlement cathartique de rédiger tous les mois un petit billet dans la lettre d'informations des Archives. En dépit des figures imposées, cela nous donne ainsi l'occasion de vous rouler (gentiment) dans la farine… tout en séparant le bon grain de l'ivraie. Car même si nous sommes parfois pris d'un petit grain de folie, nous nous efforçons toujours d'apporter une information fiable et (nous l'espérons) utile à votre moulin.

Mais revenons-en à la spécialité du jour : figurez-vous qu'il existe, dans le thésaurus de la bibliothèque, une entrée « Boulangerie », qui vous permet de consulter, d'un côté les notices des ouvrages indexés, et de l'autre, celles des articles de presse répertoriés. Toutes nos collections d'imprimés pertinentes accessibles en un seul clic !

Et si vous poussez un peu plus avant vos investigations, vous découvrirez que certains articles sont désormais lisibles depuis votre écran (en cliquant sur le contenu du champ Documents associés), sans même avoir à quitter votre chez vous… car si, en 1930, les boulangeries doivent fermer le dimanche sur décision du préfet, nos ressources numérisées sont, quant à elles, toujours disponibles.

Jeune fille transportant du pain, années 1960, fonds Ribière. Ville de Toulouse, Archives municipales, 41Fi359.

De la multiplication des pains...


octobre 2018

Il en est question dans les arrêtés municipaux réglementant l'établissement de la taxe et la vente du pain à la fin des années 1930 à Toulouse. Les temps sont durs, la guerre est à nos portes, et l'on ne rigole plus sur le prix du pain.

En 1939, finit les pains dits « de luxe » (ils n'étaient pas dorés à l'or fin, mais seulement faits sur commande avec de la farine de qualité supérieure, dite « de force » ou « de gruau »). En ces temps de restriction, la règle est aux pains dits de « consommation courante » et pour ce pain de tous les jours, la police administrative veille attentivement à ce qu'aucune farine gâtée ou avariée n'entre dans sa composition.

Toute règle ayant son exception, il reste possible, moyennant quelques centimes de francs supplémentaires, d'égayer sa table avec des pains « de fantaisie », des flûtes parisiennes ou des petits pains en forme de brioche ou de pistolet.

Sur le chemin du Do


septembre 2018
 

Depuis près de deux siècles, nombreux sont les jeunes Toulousains à être partis à la recherche de l'accord parfait sur les bancs du Conservatoire. Depuis 1820, cette institution dispense à la fois des enseignements de musique, de chorégraphie et d'art dramatique.

Bien que cet établissement soit désormais à rayonnement régional, ses archives historiques sont conservées aux Archives municipales de Toulouse. Vous pourrez, en ligne ou dans notre salle de lecture, parcourir au choix les palmarès des élèves, admirer les ornements de leurs diplômes et découvrir en images l'histoire du Conservatoire à rayonnement régional de Toulouse.

 

 

 

Archives municipales, 2 rue des Archives. 29 juillet 2016. Magasin de la bibliothèque. Collection du Journal officiel de la République française (PO16). Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num13 (vue 61).

Être bibliothécaire, ou comment veiller à toujours en avoir plein le dos...


septembre 2018
Rassurez-vous tout de suite : ceci ne sera pas une longue tirade sur la solitude du rat de bibliothèque, ni même un exposé circonstancié à la manière du monologue d'Hamlet… Non, je vais vous parler des livres, de leur structure, de leurs « habits » ; bref, de la reliure.

Tout comme on parlerait d'un petit animal, le livre possède une tête, une queue et… un dos. Il s'agit de la partie opposée à la gouttière, qui est elle-même la tranche qui n'est ni en haut ni en bas. Formé par le fond des cahiers, c'est-à-dire par la partie pliée des feuilles qui le composent, il peut, dans le cas des ouvrages anciens, posséder des nerfs, être complété par un « faux dos » et même être ornementé, grâce à la dorure ou l'estampage à froid.

Évidemment, les plus beaux dos de la bibliothèque appartiennent aux collections de la Réserve. Ce sont également les plus fragiles. Il faut donc veiller à les manipuler avec précaution (en évitant d'appuyer pour forcer l'ouverture) et lutter contre ses instincts (ne jamais attraper un livre par sa coiffe).
Vous voilà désormais avertis et prêts à consulter nos trésors. Ne reste plus qu'à les trouver !
L'Alouette, la meilleure lieuse du monde. Fabriquée par les usines Amouroux Frères, Toulouse. Pont-Neuf et place Saint-Étienne. Vers 1900. Carte postale illustrée, 14 × 9 cm. B. Sirven, imprimeur-éditeur - Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4096.

Et la tête, alouette !


juillet - août 2018

Alors, voilà : ne sachant pas par où commencer la rédaction de cet article, j'ai décidé de revenir aux fondamentaux. Étymologie, quand tu nous tiens...

Caput, itis, n. : tête ; personne entière ; vie, existence ; personnage principal ; chef ; partie principale, capitale.

Merci Félix ! Grâce à toi, nos lecteurs ont ainsi l'occasion de découvrir notre magnifique collection de dictionnaires latin-français, ô combien capitale dans notre catalogue, et je sais qu'ils apprécieront...
On aurait pu aussi évoquer la bibliothécaire, la personne entière responsable des collections bibliographiques, mais je crois qu'il vaut mieux s'abstenir et garder une part de mystère… Avec un tel personnage principal, la saga de l'été risquerait de vous faire opiner du chef plus que de raison...

Nous reste donc la tête. Pensante ou chercheuse, de mort ou d'affiche, la perdre n'est jamais bon signe, si tant est qu'on tienne à la vie… Mais arrêtons-là avec ces pensées négatives : tâchons de passer un bel été (pourquoi pas à Toulouse ou dans un champ de blé ?) et forgeons-nous de beaux souvenirs, à conserver précieusement dans un coin de notre tête...

Affiche de propagande anti franquiste représentant un poing rouge terrassant un homme vert en costume.Crédit en bas à gauche : "Altavoz el frente. Informacion y propaganda para el pueblo en armas. Servicio de Mundo Obrero [Haut-parleur du front. Information et propagande pour le peuple en armes. Service de Mundo Obrero] - Ville de Toulouse, Archives municipales, 11Fi38.

Toulouse, capitale de l'exil républicain espagnol


juillet - août 2018

Dès 1939 et durant plusieurs décennies, notre ville a joué un rôle fondamental dans la continuation du fonctionnement des institutions politiques et culturelles de l'Espagne, pays ami et voisin, soumis à la dictature.

En janvier 1939, la chute de Barcelone sonne le glas de la république espagnole et l'exil pour des centaines de milliers de républicains. Durant la seconde guerre mondiale, les exilés espagnols s'organisent : propagande, réseau clandestin, résistance, guérilleros. A la fin du conflit, nombre d'entre eux comprennent que l'exil va s'installer dans le temps.

Dès septembre 1944, salle du Sénéchal, se tient le premier congrès en exil du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol). Les organisations politiques et syndicales telles que le PSOE, la UGT (Union Générale des Travailleurs) installent leur siège social à Toulouse et tiennent régulièrement des congrès rue Pargaminières dans le cloître des Jacobins ou rue du Taur, rue de Rémusat. La CNT (confédération nationale du travail) quant à elle, élit domicile rue de Belfort. Les journaux CNT, El Socialista, Ruta, Mondo Obrero sont imprimés à Toulouse. Peu à peu, les espagnols s'intègrent à la communauté toulousaine par le travail et l'éducation tout en maintenant une cohésion identitaire par de nombreux rassemblements culturels avec la création du Casal Catala en 1944, la 1re exposition intitulée « L'art espagnol en exil » en 1947 et l'Ateneo Espanol en 1959.

Aujourd'hui plusieurs associations perpétuent la mémoire de cet exil. De nombreuses manifestations culturelles et festives dont Cinespaña, « Toulouse Espagnole » réunissent les descendants de ces exilés, du temps où Toulouse était capitale de l'exil républicain espagnol. 

Être verni au musée


juin 2018
 

Eh oui, au musée des Augustins, il n'y a pas que les tableaux qui sont vernis !

Jean Escudier, gardien chef au musée des Augustins, en tient lui aussi une bonne couche lorsqu'il gagne à la Loterie nationale en 1952. Cet événement lui a valu d'être l'objet d'un reportage du photographe toulousain André Cros.

Nous avons ainsi un aperçu en image, façon « Martine à la plage », de la vie de notre employé municipal :
M. Escudier fait valider son ticket gagnant,
M. Escudier à son poste derrière son guichet,
posant avec un groupe d'enfants dans le cloître du musée,
seul dans sa cuisine,
en plein repas de famille,
jouant aux cartes au tripot du coin,
posant cigarette à la main devant un tableau…

Une autre époque en somme !

Loterie nationale, Chance & Fortune ,1re tranche (vers 1900). Reproduction. Carte postale couleur, 14 × 9 cm. André Galland - Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4340.

Grattage ou tirage : tentez votre chance !


juin 2018
Ah… le loto du dimanche ! Les petites balles qui tournent, la main « innocente » qui les attrape, les numéros qu'on coche sur une petite grille achetée avec espoir, et parfois le cri de joie de votre mémé, qui a enfin réussi à remplir une ligne / colonne / diagonale (au choix) de son petit carton… Et tout çà pour quoi ? Des trucs à manger ou à boire le plus souvent… Nostalgie, quand tu nous tiens.

Bien sûr, il y a depuis longtemps maintenant la version télévisée : plus de joueurs, plus de gains… surtout pour la Française des Jeux. Alors, pourquoi ne pas utiliser cette manne financière pour aider à restaurer notre patrimoine qui en a, il est vrai, bien besoin ? C'est l'idée lancée par le plus royal de nos présentateurs télé : Stéphane Bern, inspiré par ce qui se fait notamment au Royaume-Uni.

Là-bas, les revenus générés par la loterie nationale ont permis de rénover le Royal Albert Hall, une des salles de concert les plus prestigieuses d'Europe, ou encore de restaurer la verrière du British Museum. Tout de même.

Alors, si vous souhaitez tenter votre chance, et contribuer par la même occasion à sauvegarder des monuments historiques, sachez que les tickets à gratter du « loto du patrimoine » seront mis en vente début septembre, et que le tirage du super loto correspondant aura lieu la veille des journées du patrimoine.

Et si l'histoire de la loterie en France vous intéresse, vous trouverez peut-être dans notre bibliothèque un livre ou deux à piocher dans notre collection...
École supérieure d'agriculture du Sud-Ouest. Purpan-Toulouse : "Le repas en commun des poules et des dindes couveuses". Voyagée en 1926. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4981.

Le sucre au secours des poules


mai 2018
On peut être comte et connaître des déboires domestiques bien contrariants. Au début du 19e siècle, le lieutenant général, le comte Clauzel, domicilié rue Tolosane à Toulouse, voit son poulailler subir les assauts de nuisibles, en particuliers de rats, fléau des villes et des champs. Les poules et les rats devinrent le sujet de conversation dans tous les salons de notre ville. Comment se débarrasser de cette vermine ? Une recette infaillible fait alors son apparition. Il suffit de mélanger du plâtre avec de la farine de Millet et du… sucre. La bête qui a consommé cette mixture est alors assoiffée et se jette sur la bassine d'eau déposée à coté. Le mélange de l'eau avec la bouillie sucrée fait gonfler le ventre du pauvre animal et alors… 
Dommage que cette recette ne soit pas restée dans les annales, car il paraît que certains de nos contemporains connaissent des vicissitudes avec les rats des champs, surtout dans le nord du canton et que les produits modernes n'en viennent pas à bout. 
Extrait du plan de la façade côté rue Gamelin de la biscotterie Paré réalisé le 30 août 1963 par L.Cuvillier et H.Benard, architectes SN ING AM&ECP, ING CONSEIL. Ville de Toulouse, Archives municipales, 604W853.

Biscottes sucrées, biscottes Paré !


mai 2018

Les biscottes Paré, avant de devenir Heudebert et de passer sous l'enseigne LU puis Mondelez, embaumaient à Toulouse les environs de la rue Gamelin, dans le quartier de Fontaine-Lestang, où elles étaient fabriquées à partir des années 1950 (voir le projet de construction d'une usine de 2000 m² pour la fabrication des biscottes 708W4213).
En plein essor, en 1963, la biscotterie s'agrandit et prévoit l'extension de ses ateliers et entrepôts côté Nord ainsi que les espaces dédiés aux bureaux administratifs et commerciaux, vestiaires, service médical, locaux sanitaires et sociaux qui étaient devenus nettement insuffisants en raison de l'augmentation de personnel (voir le permis de construire relatif à l'extension de l'usine 604W853).
En 1974, elle emploie alors près de 300 personnes. Mais ses activités n'étant pas assez compétitives, un regroupement au nord de la Loire est envisagé. La société toulousaine de Minoterie, souhaite dès lors reprendre les terrains occupés par la biscotterie Paré avec un projet de construction de près de 1000 logements comme en témoigne « l'étude de possibilité de construction » réalisée le 10 avril 1974 (102W213). Finalement cette étude ne sera pas suivie de faits pour le plus grand plaisir de nos papilles même si l'usine a depuis longtemps abandonné la croustillante et cassante biscotte pour les barres céréalières et les pains grillés !

Sentence des capitouls, rendue le 19 décembre 1771 contre Jean Sacaley, imprimée et publiée le 21 dudit. Ville de Toulouse, Archives municipales, BB167, pièce n° 55 (détail).

100 sols, l'amende amère


avril 2018

Lorsqu'on a fait une bêtise quelconque (et l'échelle des bêtises est vaste), il faut s'attendre à être jugé par les capitouls. Les sentences sont adaptées à la gravité de l'acte, rien de bien étonnant à cela.

Dans l'échelle des punitions, suite à des sottises répréhensibles, on peut imaginer que les amendes décernées par les capitouls ne concernaient que celles des petites infractions.
Vrai, mais... pas tout à fait.
- Omettre de balayer les immondices devant sa porte, cela vaut bien une amende.
- Un pot de chambre déversé malencontreusement sur la perruque d'un passant, c'est non seulement une amende, mais aussi des dommages et intérêts (une perruque supportant mal le pressing, il faut en rembourser à son propriétaire la valeur d'une nouvelle).
- à ne pas tenir son chien à l'attache avant les vendanges et le laisser divaguer dans les vignes, on écope aussi d'une amende ; en prime, le vigneron peut, en toute impunité, mettre à mort votre cabot glouton.

Bon, vous admettrez qu'il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, ces amendes restent raisonnables.

Elles apparaissent même ridicules lorsqu'on lit trop rapidement certaines sentences de nos anciens magistrats municipaux. En effet, nombre de leurs jugements portent que la personne fautive d'un crime quelconque est condamnée à 100 sols d'amende (en faveur du roi).
À s'arrêter là, on ricane et... non, revenons-y. Lorsqu'on tombe sur ces 100 sols, c'est au contraire le signe invariable d'une sentence plutôt coriace. En effet, ce terme clôt les jugements à mort où le condamné se voit aussi dépouillé de ses biens (distraction faite d'un tiers pour sa femme et enfant s'il en a), ou bien encore de ceux qui sont simplement fouettés et bannis de la ville, ou envoyés aux galères.

Bref, mieux vaut transcrire les sentences dans leur intégralité sous peine de se fourvoyer, car ces maigres 100 sols cachent bien une réalité autrement plus amère.

Société des sauveteurs toulousains et de la Haute-Garonne. Bateau de sauvetage dans la Garonne. Vers 1910. Carte postale N&B, 9 × 14 cm. A. Baudillon - Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi7272.

Vague à l'amer


avril 2018

En navigation, un amer est un point de repère fixe, situé sur la côte et identifiable sans ambiguïté (clocher, tour, bâtiment isolé), utilisé pour se guider. Un peu comme un phare au milieu de la tempête… ou une base de données dans un océan de ressources documentaires.
Affublée de différents noms et de différentes formes (inventaire, catalogue, fichier ; papier, électronique, en ligne), elle n'en reste pas moins le point d'ancrage de toute recherche effectuée dans les collections des musées, des bibliothèques ou des archives, interrogeable selon un chenal balisé ou la plupart du temps tous azimuts.
Pour faciliter la navigation des chercheurs, ou des simples curieux, l'équipe des Archives se réunit régulièrement pour partager, échanger, se confronter et finalement améliorer les notices descriptives des documents qu'elle conserve ou proposer des aides à la recherche.
Bien sûr, il y a encore quelques remous ici où là : l'ampleur de nos collections et la complexité de certains documents nous met souvent au défi, mais c'est bien là ce qui fait le sel de nos métiers… tout comme la volonté collective de ramer dans la même direction.
Alors, à votre tour de prendre la mer… et bon vent !

Bar-Restaurant « Au Tonneau », 9 place du Pont-Neuf. 1976. Vue de l'entrée de l'établissement encadrée par les menus proposés. Au premier plan voitures garées et chaises. Jean Ribière - Ville de Toulouse, Archives municipales, 41Fi283 (détail).

Choucroute garnie


mars 2018

Ce mois-ci, vous êtes « garnis » : avec un thème surgi des tréfonds d'un esprit vraisemblablement torturé, il a bien fallu trouver une approche particulièrement capillotractée pour vous parler des collections de notre bibliothèque, bien « garnie ».

Alors, j'ai cherché longtemps : bouquet, panier, choucroute… et pourquoi pas cassoulet ou bouillabaisse ? Une fois rendue à ces extrémités culinaires, j'ai dû me résoudre à vous « compter », par le menu, les mille et unes richesses de nos fonds bibliographiques...

Sachez donc que nous conservons plus de 12 700 titres. Certains sont parfois reliés ensemble à l'intérieur d'un même volume, ce qui réduit donc quelque peu le nombre d'objets « livres » posés sur nos rayonnages… Ils peuvent appartenir à différentes collections, identifiées par provenance (bibliothèque Hermet, dépôt de l'école des Beaux-Arts...), nature (usuels, instruments de recherches, travaux universitaires…) ou destination (bibliothèque professionnelle).
Mais ce n'est pas tout. Nous conservons également une importante collection de périodiques : 315 titres répertoriés au dernier recensement. Eux sont en revanche uniquement organisés par typologie (presse, revues, publications officielles…).

Toutes ces ressources sont à votre disposition, en salle de lecture, dans les limites que peuvent éventuellement imposer leur état de conservation. Elles sont là pour vous permettre d'approfondir un sujet, de compléter une étude ou de mettre en contexte un document d'archives. Alors, n'hésitez pas !

Et si, comme à moi, cet article vous a ouvert l'appétit, vous trouverez ici (en bonus) une recette à votre disposition.

« La violette de Toulouse », dessin avec une fillette qui propose des violettes à deux autres enfants. Au fond le donjon du Capitole. Marcel Pendariès - Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi5487.

Bouquet garni de violettes


mars 2018

Alors que nous bravons le froid, le vent glacial et multiplions les épisodes neigeux, une petite fleur d'hiver marquée par sa corolle d'un bleu tendre et son délicieux parfum est en pleine floraison.

La violette a trouvé dans la région toulousaine sa terre de prédilection dès le 19e siècle. Sa culture est alors entreprise par les maraîchers de Lalande, Saint-Jory, Aucamville et Castelginest, qui vendent les bouquets de fleurs fraîches présentés dans des paniers ronds en osiers dans la cour Henri IV du Capitole puis le réfectoire des Jacobins. En 1960 la violette de Toulouse obtient un label de renommée internationale et devient l'emblème de la ville. Mais sa culture décline peu à peu et les producteurs abandonnent sa production à partir des années 1970.
Quelques irréductibles amoureux de la précieuse essaient de la cultiver de nouveau dès les années 1990.
La violette de Toulouse se refait alors une beauté pour retrouver le devant de la scène : le Festival de la Violette, les expositions, la Maison de la Violette et diverses animations concourent à cette renaissance permettant ainsi à la ville de renouer avec un symbole de son histoire et de son patrimoine.

 

Références : ouvrages B4182 et B1847, périodique REV145

Squelettes d'animaux présentés dans la salle Edouard Filhol du Muséum d'Histoire naturelle de Toulouse, vers 1920. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi7309.

Jauni be good


février 2018

Oui vieillir à parfois du bon, comme cette carte postale quasi centenaire. Le papier jauni, le grain de l'image ont un charme suranné qui nous mettent tout de suite dans l'ambiance de ce début de siècle. Mais de jaune, il n'en sera pas question dans les quatre volumes consacrés aux œufs de l'inventaire des collections du Muséum d'histoire naturelle de Toulouse de 2013 (1219W95 ; 1219W96 ; 1219W97 ; 1219W98).

Dans ces registres, pour chaque œuf conservé, il y a un numéro d'inventaire, la discipline concernée (ici l'ornithologie), le nom scientifique, la nature, la provenance, le mode d'entrée et bien sûr l'état du spécimen. Quant à savoir s'il y a un jaune dans l'œuf, l'histoire ne le dit pas !

[chien noir sur fond jaune] Tirage photographique noir et blanc contrecollé sur carton. Cliché Jean-Baptiste Allard, « La photographie Toulousaine » (entre 1872 et 1897) - Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi169 (détail).

Jauni à la rage


février 2018

- Un cas de jaunisse, on en a vu un ; un seul c'est vraiment trop peu pour s'étendre dessus. Il s'agit de la mésaventure arrivée à cette pauvre Marie Rouzières qui, victime de ragots peu flatteurs sur sa vertu, colportés par des voisines, en attrape une jaunisse. Sautant sur l'occasion, Jeanneton va enfoncer le clou et la traiter de... vérolée ! C'en est là trop pour Marie qui va la poursuivre en justice pour cas de diffamation (FF834/1, procédure #026, du 6 mai 1790).
- La peste, c'est surfait et puis on pense immédiatement à peste noire, or là on est bien loin du jaune. Vous pourriez toujours faire un petit tour dans les registres de dénonce de peste (par exemple le GG997) mais, comme ils ne sont pas encore numérisés, il est à craindre que le bacille soit toujours actif... ce serait dommage de repartir de chez nous avec un bubon ! (à noter tout de même que nous avons été plusieurs à le manipuler et personne ne manque à l'appel).
- La suette miliaire, nous ça ne nous évoque aucune couleur particulière, je dirais le rouge vif ou le rose chaud à cause des violentes éruptions cutanées qu'elle provoque, mais après tout les cas manquent de nos jours à Toulouse pour s'en assurer vraiment. En tout cas ceux qui ont réchappé à l'épidémie qui surprend et assomme Toulouse en mai 1782 pourraient nous le dire. Quant aux victimes, vous les trouverez sagement rangées dans le registre GG1012.
- Finissons par la rage, et là on se rapproche insensiblement du jaune car, en effet, ne dit-on pas vert de rage. À Toulouse on parle souvent d'une recrudescence de la rage à la fin du 18e siècle, voir carrément d'une épidémie, mais en fait le danger rode depuis des siècles, il frappe épisodiquement et la moindre morsure de chien peut causer une réelle psychose. Mais, inutile de s'étendre plus avant, si vous voulez en savoir plus, il ne vous reste plus qu'à télécharger puis lire le dernier numéro des Bas-Fonds : "Cabots, dogues, mâtins et bassets".

Quant à la photographie qui vient égayer ce billet, rassurez-vous, elle n'a rien a voir. Ce caniche cycliste ne semble absolument pas atteint de la maladie hydrophobique, son maître non plus d'ailleurs : on le verrait à ses moustaches qui là sont tombantes et non hérissées. En revanche, ce tirage noir et blanc a bien jauni avec le temps.

Zone verte de Sesquières, entrée du camping municipal de Rupé, 1982. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2Fi4385.

Poser ses valises "au Rupé"


janvier 2018

L'hiver est bien installé et voilà que nous pensons déjà à la chaleur, aux grillades et longues soirées d'été. Pour cette invitation au voyage, pourquoi ne pas songer à poser ses valises au camping municipal de Rupé ?

Situé près de la zone verte de Sesquières, au 21 chemin du Pont de Rupé, il doit son nom à un maître chaussatier (artisan du textile), Jacques de Rupé, qui possédait une métairie en ce lieu au 16e siècle. Pour développer le tourisme, la Ville, a acheté, en 1962, une parcelle de 28 000 m², a procédé à l'aménagement des installations et a décidé le classement du camping de Rupé dans le domaine public communal en 1970. Depuis sa création, la Ville a assuré son exploitation en régie directe.

Mais pour maintenir le classement du camping en trois étoiles, moderniser l'équipement et étendre la capacité d'accueil (jusqu'alors fixée à 600 campeurs), en 1991, il a été décidé de confier à un professionnel, par contrat de concession, l'ensemble des missions de construction, d'exploitation et de développement des activités de camping caravaning. C'est ainsi que la Société Financière Midi-Pyrénées s'est vue confier la délégation de service public de cet établissement pour une durée de 30 ans.

Lettre adressée à sa majesté l'empereur Napoléon III par J. Roaldès, ancien conseiller municipal au sujet de la construction d'un pont devant la gare de Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Z449/1 (détail).

Quand les valises tombaient dans le canal


janvier 2018

Après maintes discussions et incertitudes sur son emplacement, la gare Matabiau fut inaugurée le 31 août 1856, en présence de l'archevêque Mgr Rioland, qui bénit 4 locomotives ornées de drapeaux, consacrant la ligne Bordeaux-Cette. La compagnie ferroviaire du midi s'était engagée à édifier un pont afin de permettre la circulation entre la ville et la gare, mais devant l'ampleur et le coût des travaux, la construction pris du retard. De ce fait, de nombreux voyageurs, ne pouvant s'offrir l'omnibus qui empruntait les contre-allées Louis Napoléon pour acheminer les voyageurs en ville, marchaient tout droit en sortant de la gare et tombaient dans le canal avec leurs valises.

Déjà en novembre et décembre 1857, plusieurs voyageurs furent repêchés sains et saufs mais leurs valises furent perdues ou bien détériorées. Malheureusement, le drame prévisible s'avéra et, le 20 janvier 1858, un soldat du 93e régiment qui venait d'Afrique se noya. La liste des incidents s'allongea encore le 11 février 1859. C'est ainsi que Le Journal de Toulouse relata que « vers 6 heures du soir, Gustave Saver, sergent fourrier au 88e régiment était tombé dans le canal en sortant de la gare et que heureusement il savait nager ».

C'en était trop, M. Roaldès, ancien conseiller municipal décida d'agir et envoya une requête à Napoléon III, empereur des Français et à M. Boselli, préfet du département. Sans doute fut-il entendu puisqu'en 1860 la construction du pont Bayard (aujourd'hui du 19 mars 1962) fut décidée et confiée à l'ingénieur Urbain Maguès.

Détail du plan de la façade Sud-Ouest de la résidence l'Orée du Bois (extrait du permis de construire délivré en 1974). Ville de Toulouse, Archives municipales, 614W422.

À l'Orée du bois


décembre 2017
En juin 1974, la ville de Toulouse accorde le permis de construire à la SARL MAP Saurat, une société civile immobilière familiale, pour la construction d'une résidence  étudiante située 71 rue Aristide Maillol, à deux pas de la nouvelle université du Mirail. Elle se distingue alors par sa forme, car construite sur le modèle d'un tripode de 9 étages, et par le nombre de logements (399), essentiellement des studios.
Malgré un si joli nom, tout n'est pas rose à l'Orée du Bois… Est-ce d'ailleurs pour cela, qu'en 1987, l'assemblée générale des copropriétaires change le nom pour devenir Les Castalides ? Assez rapidement la résidence souffre d'une mauvaise fréquentation et d'une gestion inadaptée. Vandalisme, insécurité, squats, trafic de drogue, insalubrité sont le lot quotidien des habitants. Dans ce contexte, un arrêté municipal d'urgence pour l'évacuation de l'immeuble est pris le 26 août 2013. En parallèle, la ville de Toulouse entreprend le rachat progressif des logements dans le but de démolir la résidence. Une démolition initialement prévue pour l'automne 2017...
Croix en bois de carolin, détail d'un dessin accompagnant la déclaration de cambriolage au couvent des Jacobins en 1967. Ville de Toulouse, Archives municipales, 332W82.

Croix de bois, croix de fer...


décembre 2017

« Si je mens, je vais en enfer ! ». C'est certainement ce que s'est dit un vieux monsieur l'an dernier avant de passer de vie à trépas. Cinquante ans plutôt, cet individu dont nous tairons le nom, participe à un cambriolage au Couvent des Jacobins. Il en profite pour dérober, entre autres objets du culte, une croix de procession en bois de carolin. En 2016, à l'aube de sa vie et pris d'atroces remords, il décide de confier ce qui subsiste de son larcin à un prêtre.
Pierre Esplugas-Labatut, adjoint au maire en charge des musées de Toulouse, expliqua alors à la presse que la preuve de ce vol avait été trouvée parmi les documents des Archives municipales de la ville.
Nous vous invitons aujourd'hui à découvrir les pièces de cette affaire conservées aux Archives dans le dossier portant la référence 332W82. En téléchargeant le fichier pdf, vous pourrez ainsi consulter :
- la copie pelure du courrier rédigé par Denis Milhau, conservateur du musée des Augustins, adressée au commissaire du 1er arrondissement, le 31 janvier 1967,
- la liste des objets dérobés,
- les croquis de ces derniers,
- et deux photographies de Jean Dieuzaide montrant un fragment sculpté et la fameuse croix en situation.

Encore un exemple de l'intérêt de bien gérer ses archives !

 

Catalogue de la XXX° Exposition Canine Internationale. C-A-C, Toulouse 26 octobre 1958. Parc des Expositions. XI° quinzaine de Arts Ménagers. Imp. A. Gomes. Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Z370/1.

Quant la canne devient canine à quatre pattes.


novembre 2017

Notre engouement pour ne pas dire notre passion pour nos amis à quatre pattes est assez récente. En effet, il fallut attendre mai 1863 pour que les Parisiens puissent assister à la première exposition canine organisée en France.

Cette manifestation se déroulait au jardin d'acclimatation du bois de Boulogne, à Paris. Le but était de réunir une collection de chiens aussi complète que possible afin de distinguer les races pures, utiles ou d'agrément et les croisements à conserver. Bien qu'elle se déroule sous l'égide de Napoléon III, elle intéressa assez peu les Français, et ce n'est qu'en 1881 que la société centrale canine vit le jour. Les  débuts furent modestes car contrairement à l'Angleterre, les Français étaient indifférents à l'élevage de chiens de pure race. D'ailleurs, la société ne sera reconnue d'utilité publique que le 28 avril 1914.

A Toulouse, dès la fin des années 20, une exposition canine internationale fut organisée annuellement, révélant ainsi tout l'intérêt que nous portons désormais à nos animaux de compagnie. Le don de Madame Hermet nous permet de feuilleter une jolie collection des catalogues officiels de ces expositions, allant de 1958 aux années 2000.

Vie des Archives. Archives municipales de Toulouse, 2 rue des Archives. 26 mai 2016. Reportage de 341 clichés sur la vie des Archives de Toulouse réalisé pour la journée internationale des Archives du 9 juin 2016. Ici est illustrée la recherche documentaire, dans un magasin plein. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4num12/95.

Un festival de cannes !


novembre 2017

A l'heure où tout se calcule, la canne, cette ancienne mesure remplacée par le système métrique, pourrait être réhabilitée le temps d'une lecture.

Les Archives municipales, c'est plus de 800 ans d'histoire : quelle distance, n'est-ce pas ? C'est d'autant plus vrai que, mises bout à bout, les archives conservées dans notre bon vieux réservoir de Bonnefoy représentent désormais la distance qui nous fait, à vol d'oiseau, traverser Toulouse, depuis sa limite avec Portet-sur-Garonne, jusqu'à ses confins avec Launaguet et l'Union. Alors, combien de cannes ? Grosso modo, sous l'Ancien Régime, on comptait 725 cannes. Et comme l'administration se modernise, on vous le donne en kilomètres : 14,5. Pour les sportifs des randos vélos, c'est une heure de bécane.

Avec la prise en charge des PACS par les mairies, ce sont 130 mètres de dossiers actifs que le tribunal d'instance va transférer aux services communaux… soit la longueur de la rue de Cannes !

Face à un tel volume, l'archiviste chicane, puisque ce sont désormais en moyenne 200 cannes (vous convertirez vous-mêmes) de dossiers et maquettes qui concourent chaque année à repousser nos statistiques, hélas bien plus extensibles que nos murs. Des murs qui ont une capacité de conservation de 2734 m², soit 1367 cannes carrées. Tempête dans un verre d'eau... ou hurricane dans un réservoir ?

Attention danger !


octobre 2017

Affiche annonçant une enquête publique sur l'établissement d'une porcherie au quartier de Périole, 1902. Ville de Toulouse, Archives municipales, dossier EC23, 119W3.Fin 19e, le bureau de l'Hygiène de la mairie de Toulouse est chargé de donner son avis sur les installations classées, à savoir toutes les industries susceptibles d'être dangereuses, insalubres ou d'incommoder leur voisinage immédiat.

Cette surveillance, organisée par les préfectures dans l'intérêt de la salubrité et de la sécurité publique, remonte à la fin du 18e siècle, lorsque l'explosion de la fabrique de poudre de Grenelle entraîna la mort de près de 1 000 personnes.
À Toulouse, les dossiers d'inspection des installations classées nous permettent d'avoir un panorama des activités artisanales et industrielles présentes sur le territoire depuis plus d'un siècle. On redécouvre par exemple les métiers de la fin du 19e siècle, à une époque où les vacheries, laiteries et porcheries étant en plein cœur des villes et où vous pouviez avoir une usine de fabrication de peignes et boutons en os au pas de votre porte, ce qui suscitait, quelques fois, des frictions entre les différents protagonistes.

C'est ainsi qu'en 1907, les voisins d'un chiffonnier établi rue de l'Industrie attirèrent l'attention de la municipalité en ces termes : « Il se dégage journellement des odeurs nauséabondes provoquées par les dépôts d'os et de peaux de lapins fraîches, [établissant] un véritable foyer d'infection ». Charmant !


Liens vers les fonds concernant les installations classées : 119W ; 274W ; 293W ; 755W ; 813W ; 1157W

Bourdon (?) écrasé dans un registre ancien. Ville de Toulouse, Archives municipales.

Attention le bug !


octobre 2017

Il vole, il vole le bourdon. Mais celui-ci était mal avisé lorsqu'il a entrepris de se poser sur la page de garde d'un registre laissé ouvert, En effet, le malheureux ne se doutait pas que le commis en charge de la tenue du livre veillait et que, dans un éclair, ce dernier aller refermer brusquement le volume !
Pim, paf ! Fixé pour l'éternité au registre...

Mieux encore, cet employé aux écritures du moulin du château Narbonnais qui, a réussi le tour de force d'en avoir cinq d'un coup. Oui, cinq ! Alors qu'il inscrivait les entrées de blé et le millet en cette année 1735, cinq mouches vinrent innocemment s'y poser. 14Z110 - cimetière de mouchesD'un coup magistral, elles y furent joliment aplaties pour l'éternité - ou presque. Il faut dire que nos commis du moulin s'était longuement entraîné auparavant, car une grande partie de ce "Livre des mistures", est un véritable cimetière de mouches !
Et si d'aventure un bug vrombissant se trouvait dans une salle de lecture d'archives ou de bibliothèque, là, à tournicoter et vous agacer, à vous déconcentrer dans votre recherche, de grâce ne vous prenez pas pour le vaillant petit tailleur du conte de Grimm, qui a réussi le tour de force d'en avoir sept d'un coup, respectez les documents (et éventuellement le monde animal).

Cartes de chômeurs extraites du fonds 164W des Archives de Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales.

Le chômage à la carte


septembre 2017

Le fonds municipal de chômage de la ville de Toulouse a été créé en 1927 et cessera toute activité en 1969. Les archives de cet organisme viennent d'être reclassées et constituent le fonds 164W, désormais consultable par tous.

Ces documents livrent aux chercheurs une formidable source pour l'étude de l'histoire sociale toulousaine, mais aussi un panorama des dépressions économiques qui auront pu frapper le pays et plus particulièrement la ville. On y perçoit clairement l'essoufflement de certains secteurs d'activités, comme la chute d'entreprises locales.

Finalement, ces archives permettront peut-être de tordre le cou à certaines idées reçues, car les femmes y figurent en aussi grand nombre que les hommes, preuve s'il en est de l'importance des femmes dans le monde du travail, impulsée par la mobilisation générale de la première guerre mondiale.
 

Florilège de pièces d'un dossier individuel, fonds 164W des Archives de Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales. On pourra y consulter trois types de documents :

- les volumineux registres d'inscription des chômeurs entre 1932 et 1968 ;
- une sélection de cartes individuelles d'allocataires et de bénéficiaires de secours. Roses pour les femmes, ocres pour les hommes et vertes pour les étrangers, ces cartes ont été patiemment triées, amoureusement dépoussiérées et tendrement conservées afin de suppléer aux lacunes de certains registres d'inscriptions (ceux des années 1934, et 1937 à 1939).
- et finalement des échantillons de dossiers individuels où se mêlent divers formulaires d'inscription, de radiation, de réinscription, des rapports d'enquête sur la moralité des demandeurs, les certificats de travail de précédents employeurs, les cartes de pointage, etc.

Pour découvrir ce fonds d'archives, munissez-vous de votre carte de lecteur, et on vous donne rendez-vous tôt le matin en salle de lecture.

Menu du banquet offert par des élèves le 17 janvier 1914, conçu par le Grand-Hôtel et Tivollier. Toulouse : Imprimerie Cléder (1914), Ville de Toulouse, Archives municipales, 14Fi205 (détail).

Au menu de la bibliothèque...


septembre 2017

Ah… septembre ! Le temps de la rentrée des classes, des Journées du Patrimoine, de l'arrivée de l'automne... Bref, le dur retour à la réalité après des vacances bien méritées. Alors, pour reprendre en douceur, ce mois-ci le chef vous propose :
• une sélection d'atlas (la forme ultime de la carte en bibliothèque...),
• une séquence souvenir, avec la présentation de notre collection d'une revue régionale consacrée aux cartes postales anciennes,
• un assortiment de menus toulousains, collectionnés avec ferveur par André Hermet (pour se mettre l'eau à la bouche),
• et, pour terminer sur une note festive, mais néanmoins avec modération, une monographie sur le vignoble aquitain, qui éclairera peut-être votre choix lors de la prochaine foire aux vins...

Et si vous souhaitez prolonger l'expérience en mitonnant à votre tour quelques mets dignes de figurer sur la carte, n'hésitez pas à consulter notre catalogue en ligne : vous y trouverez certainement l'inspiration !

Fac-similés de cartes de clubs révolutionnaires toulousains. - Ville de Toulouse, Archives municipales, 190W142/1.

Révolution'air !


juillet-août 2017

Les archivistes ont parfois leurs raisons que la raison ignore… ! Au hasard de mes pérégrinations dans nos magasins d'archives, je suis tombée un jour sur une boîte dont le contenu m'a plus qu'étonnée : un ensemble hétéroclite d'objets commémoratifs du bicentenaire de la Révolution française (aérosol judicieusement nommé « Parfum de Liberté », boîtes d'allumettes, sachets de sucres, cartes de jeu, tickets de métro parisien, serviette en papier, … !).

 Fac-similés de cartes de clubs révolutionnaires toulousains. - Ville de Toulouse, Archives municipales, 190W142/2.En poussant mes recherches un peu plus loin, il s'est avéré que cette boîte était issue d'un versement des Archives municipales elles-mêmes (les archives des Archives en quelque sorte). L'un de mes prédécesseurs, à une époque où je n'étais pas encore née, avait consciencieusement collecté un florilège de goodies (comme on dirait de nos jours) célébrant cet événement historique. Un seul d'entre-eux est véritablement en lien avec les fonds des Archives municipales : un fac-similé de cartes de clubs révolutionnaires toulousains dont l'original est effectivement conservé dans nos locaux dans le dossier 4S46. La boucle est bouclée !

Bicentenaire de la Révolution française, 1789-1989. Carte postale couleur à caractère publicitaire, 14 x 9 cm. Édition Guy : Paris (1989). – Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4381.

Une bibliothèque en [r]évolution


juillet-août 2017

Ah le 14 juillet ! Ses défilés, ses concerts, ses feux d'artifice… Vous comprendrez qu'on évitera soigneusement d'expérimenter cette dernière facette de la fête nationale dans notre bibliothèque. Toutefois, pour rester dans le sujet, nous pouvons vous proposer une approche plus « classique », comme une sélection d'ouvrages et de revues sur la Révolution française.
D'ailleurs, en parlant de « révolution », notre base de données est en train de connaître certaines améliorations, pour l'instant invisibles du grand public, mais qui vont permettre d'échanger des informations sur nos collections avec d'autres institutions patrimoniales. Un projet de portail régional commun est même en préparation. Mais chut… nous vous en reparlerons bientôt.
Alors, en attendant, n'hésitez pas à profiter de la pause estivale pour consulter notre catalogue en ligne et, pourquoi pas, à venir nous rendre visite en salle de lecture !

Le Miroir : entièrement illustré par la photographie, Paris : (s.n.), 4e année, n° 40, 30 août 1914, première de couverture (détail). Ville de Toulouse, Archives municipales, PRE6/40.

Quand la presse reflète l'actualité d'une époque


juin 2017

Celles et ceux qui ont un jour entrepris de faire des études d'histoire contemporaine le savent bien : hormis les sources primaires, que constituent les documents d'archives, il existe une autre mine remarquable d'informations, dont la richesse mérite bien un dépouillement souvent fastidieux : la presse.

Nationale ou locale, généraliste ou spécialisée, elle est toujours, et par essence, le reflet d'une société à un moment donné, le témoignage d'une époque.

Malheureusement, cette ressource est très fragile. La netteté de l'impression est parfois approximative, la qualité du papier souvent médiocre et les encres typographiques particulièrement acides. Sans parler des pliages divers et successifs, des conditions de livraison et de réutilisation éventuelle, qui peuvent l'altérer définitivement et rendre plus difficile sa conservation.

Pour essayer de préserver ce qui peut l'être avant l'autodestruction programmée, la Bibliothèque nationale de France a lancé depuis quelques années un plan de numérisation des titres de presse à l'échelle du pays. Avec ses partenaires, comme le pôle associé Midi-Pyrénées, elle organise le traitement des collections expédiées sur ses chaînes de numérisation, consultables ensuite dans Gallica.

C'est ainsi qu'un hebdomadaire national, « curieusement » nommé Le Miroir, est devenu accessible en ligne. Notre collection l'est ainsi devenue à son tour.

Boucherie des Puits-Clos, projet de transformation de la devanture, 1947. Ville de Toulouse, Archives municipales, 708W3 (détail).

Miroir, mon beau miroir !


juin 2017

Dis-moi qui a la plus belle enseigne ! Telle était la supplique quotidienne des agents du service de l'Esthétique Urbaine.

Ce service, rattaché à la Direction de l'Urbanisme, avait pour mission de se prononcer sur les modifications de devantures de commerce, les poses d'enseignes, et plus généralement sur tous les travaux susceptibles d'impacter l'apparence générale de la cité.

Une minuscule fiche de renseignements à remplir, un plan du projet, voire quelques photos de l'état initial à joindre au dossier, et le tour était joué ! Pas de chichi, avec le Bureau d'Esthétique, ça passe ou ça casse !

 

Porte de la Commutation au jardin des Plantes, le long de l'avenue Frédéric-Mistral. Fin 19e siècle. Vue de la porte prise depuis le jardin ; au premier plan, une femme avec une ombrelle, tenant un enfant par la main. Photographie N&B, 9 x 12 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi5337 (détail).

Mamma mia !


mai 2017

Je dois vous arrêter tout de suite : nous ne parlerons ni de comédie musicale, ni de variétés suédoises, ni même de cuisine italienne… Il faut dire que pour tous ces domaines, bien qu'intéressants, je n'ai guère de ressources à vous proposer dans la bibliothèque des Archives. Désolée, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
En revanche, si vous cherchez quoi offrir à votre maman pour sa fête prochaine, je peux vous faire quelques suggestions… : un beau livre sur les Archives (et pourquoi pas ?), un ouvrage retraçant l'œuvre et la carrière de la plus grande femme photographe toulousaine du 20e siècle, un petit manuel de recettes (réservé tout de même aux initiés) ou bien encore, pour les It-Mums, un guide pointu sur la mode (à travers les siècles). De quoi sortir un peu des sentiers battus… même si, personnellement, un joli bouquet de fleurs reste une valeur sûre.
Mais au fait, et moi, quel sera mon cadeau ?

Diableries, n° 65 : Une nuit en enfer. A. Block (Paris), photographie stéréo N&B, 8,5 ₓ 17 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 46Fi1412 (détail).

L'Enfer n'existe pas


mars 2017

Cela fait maintenant plusieurs années que je vous parle régulièrement de la bibliothèque des Archives : de ses ouvrages, de ses collections, de son catalogue. Elle n'aura bientôt plus de secrets pour vous.

Elle reste pourtant un petit paradis hors du temps, où des ouvrages du 16e siècle cohabitent avec d'autres à peine parus, tout juste sortis des presses, dans une sorte d'osmose thématique et scientifique. Ce qui les lie, c'est l'histoire de Toulouse et de ses habitants, de sa culture et de ses industries.

Elle ne connaît pas la censure. Bien sûr, elle fait l'objet d'une politique d'acquisition raisonnée : elle ne peut en effet viser à l'universalité. Mais on n'exclut pas un livre à cause de sa mauvaise réputation… : il n'y a donc pas d'Enfer dans notre bibliothèque. Les seules restrictions qui s'appliquent concernent l'état de conservation du document : s'il est trop mal en point pour être consulté en salle de lecture, il devient alors incommunicable.
Mais cet état n'est pas forcément définitif. Après un passage à l'atelier de restauration et/ou de numérisation, il peut regagner son statut, physiquement ou virtuellement.

Alors, n'hésitez pas à consulter notre catalogue en ligne : tous nos ouvrages vous y attendent !

Classes transplantées - Classes de Neige à Aulus. 13 février 74 [sic]. Colonie de vacances de la Ville de Toulouse, Aulus-les-Bains, Ariège. Direction de la Communication - Ville de Toulouse, Archives municipales, 15Fi1925 (détail).

Blanc comme neige...


février 2017

Ah elles sont belles, nos jolies petites têtes blondes (et pas que blondes d'ailleurs) ! Elles en ont bien de la chance de pouvoir partir en classes de neige, d'admirer la montagne ariégeoise recouverte de son blanc manteau !
Cette photo a été prise par le service des techniques de communication de la mairie de Toulouse en 1974. Elle illustre la contribution de la ville aux excursions sportives des jeunes Toulousains au cours des années soixante-dix et quatre-vingts.
Un fonds d'archives papier, le 40W, vient compléter ce reportage photographique. Malheureusement, ce versement a été transmis en 1988 aux Archives municipales sans avoir été inventorié au préalable. Il a été rapidement noyé dans la masse des archives contemporaines (nous en sommes maintenant au versement 1238W !) : seules les informations inscrites sur les chemises nous renseignent sur leurs contenus : « classes transplantées ; classes rousses ; classes de neige ; classes vertes ; ... ».

En attendant une description plus précise, nous espérons que ces informations vous auront donné envie de découvrir la folle aventure des classes de neige toulousaines !