En l'an 418, Toulouse devint la capitale du royaume wisigoth, d'abord dépendant de Rome puis totalement autonome. Cette parenthèse royale fut stoppée en 508 par la victoire d'autres conquérants venus de l'Est, les Francs, sur leurs cousins germains, obligeant nos amis Goths à une retraite en Espagne, forcés de plier leurs gaules gothes de peur de subir le calvaire, l'hallali goth ou la mort gothe (ou gothe mort, ça marche dans les deux sens). L'ambiance n'était plus à l'Allez, Goth, rie !
Mais avais-tu apporté des changements de visu, Goth ? Le plus évident fut certainement dans l'habillement et un goût plus marqué pour l'utilisation de deux accessoires, témoignage de l'art goth, ou plutôt du goth faste : les plaques-boucles et les fibules. Certes, les romains employaient déjà de gros ceinturons garnis de plaques, mais leur usage avait plutôt été réservé jusque-là aux militaires. Et les fibules étaient bien connues depuis la période gauloise, mais jamais elles n'avaient atteint la taille et la sophistication du décor (à gogo) que leur donnèrent ces barbares. Par chance, deux d'entre elles (les femmes goûtaient ces gotheries par paire) ont été retrouvées dans une tombe lors de fouilles sur le site de l'église primitive de Saint-Pierre-des-Cuisines en 1983 et sont maintenant conservées au Musée Saint-Raymond. Fabriquées en bronze et de forme ansée asymétrique, les appendices digités qui les ornent les rapprochent d'autres exemplaires découverts dans les lointaines contrées danubiennes visitées par ces envahisseurs avant leur goth trip en Gaule.
Dernier écart goth sur ce sujet (en essayant de ne pas faire de coquille), une autre innovation importante de cette époque fut l'adoption progressive de l'inhumation habillée. Cette coutume amenait les défunts, non seulement le Gaule gotha mais aussi les gens du peuple, à être enterrés avec tout leur costume. Elle offre ainsi plus de chances aux archéologues d'en retrouver les éléments les moins fragiles c'est-à-dire les parures métalliques, en explorant, toujours à la merci d'un lumbago, d'anciens cimetières (de Wisigoths ou autres Goths) où quelquefois aussi un Lombard gît, alors que ces deux peuples ont eu des destins bien séparés. A chacun son ego. D'ailleurs ne dit-on pas faire le distinct Goth, ou un isolement par Lombard-Goth ?