Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

Aux archives citoyens ! - juillet-août 2017


DANS LES ARCANES DE


Pont Saint-Pierre sur la Garonne. 24 mai 1929. Mise en place d'une poutre ; ouvriers au travail, éclairage public. Vue prise depuis le tablier du pont en direction de l'église Saint-Joseph-de-La-Grave. Louis Albinet. Négatif NB, verre, 13 x 18 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 6Fi18. Domaine public.

Archives ouvertes ?


juillet-août 2017

La ville de Toulouse vient de réaffirmer sa démarche d'ouverture des données publiques et des œuvres gérées par les établissements patrimoniaux. Le 23 juin dernier, le conseil municipal a, en effet, voté à l'unanimité les règles de réutilisation des informations publiques, œuvres produites et reçues par les Archives, la Bibliothèque, les Musées Saint-Raymond, des Augustins, Paul-Dupuy et Georges-Labit et le MATOU, musée de l'affiche de Toulouse.

Grâce aux licences libres choisies (ODbL et Creative commons 4.0 BY SA), la plupart des données et des œuvres peuvent être partagées librement sous réserve de partage à l'identique et donc de les garder ouvertes.
Toute personne souhaitant les publier, les modifier et les partager est libre de le faire sous réserve de respecter les règles indiquées et d'apposer la mention de l'auteur et de l'origine (Auteur – Ville de Toulouse, Nom de l'établissement patrimonial, cote ou référence).

Attention, la réutilisation d'informations publiques comportant des données à caractère personnel est subordonnée au respect des dispositions de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés.
En outre, les œuvres sous droits n'entrent pas dans le champ du libre partage.

Les œuvres entrées dans le domaine public sont totalement ouvertes, sous réserve d'indiquer la mention déjà citée.

Profitez de la fermeture annuelle de la salle de lecture, jusqu'au 31 juillet, pour consulter la base de données en ligne et découvrir la richesse de nos fonds !

ZOOM SUR


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Gare Matabiau, 64 boulevard Pierre-Sémard. 1904-1905. Vue d'ensemble de l'aile droite de la gare en cours de construction. Au premier plan : tas de pavés, rambarde du Canal du midi ; au fond : les bâtiments en cours de construction et échafaudages. Pierre, Henri, Désiré Laffont - Ville de Toulouse, Archives municipales, 18Fi243. Domaine public.

Gare !


juillet-août 2017

1905 : des échafaudages se dressent contre des murs blancs, neufs. Des pavés se pressent contre une balustrade qui semble clore la scène, comme pour être au plus près, voir ce qu'il va se passer. On les sent aux abois, tendus vers ce chantier impressionnant, incrédules. Oui, un événement incroyable se prépare, on en voit les coulisses. On distingue même un attroupement d'ombrelles venues spécialement se placer aux premières loges. La gare, oui, la vieille gare Matabiau va être très prochainement engloutie. Ou habillée d'une nouvelle parure. On lui a déjà passé la manche droite, bientôt la tête va disparaître, ou plutôt son fronton triangulaire à base interrompue surmontant un édicule bordé de deux pilastres. Ce dernier est flanqué de deux tables où sont inscrits les noms des villes que la ligne de chemin de fer relie : Bordeaux et Sète (qu'on écrivait Cette, avant 1928).

La première gare, inaugurée en 1856, est en travaux car ses dimensions ne suffisent plus à réguler le flot continu des voyageurs qui ne cesse de croître, préfigurant sans doute les ballets de pas chassés et croisés qui fleurissent depuis le milieu des années 1930. Un nouveau bâtiment, manteau vibrant de blancheur et d'opulence, est donc ajouté. Il emmitoufle tant le précédent qu'il finit par le faire disparaître. La gare que nous connaissons est achevée en 1906, elle a complètement digéré la précédente, conservant toutefois un souvenir des grandes arcades sur la façade extérieure du bâtiment des arrivées, ainsi que sur la façade postérieure, donnant sur les voies.

Pour en (sa)voir plus : aux archives, diantre ! Et en ligne s'il vous plaît : vous pouvez y consulter une vue du premier édifice. Et chemin (de fer) faisant, de fil en fibre (optique), vous pouvez vous promener sur Urban-hist, et découvrir d'autres illustrations, ainsi qu'une notice complète sur la gare Matabiau.

DANS LES FONDS DE


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Bicentenaire de la Révolution française, 1789-1989. Carte postale couleur à caractère publicitaire, 14 x 9 cm. Édition Guy : Paris (1989). – Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4381.

Une bibliothèque en [r]évolution


juillet-août 2017

Ah le 14 juillet ! Ses défilés, ses concerts, ses feux d'artifice… Vous comprendrez qu'on évitera soigneusement d'expérimenter cette dernière facette de la fête nationale dans notre bibliothèque. Toutefois, pour rester dans le sujet, nous pouvons vous proposer une approche plus « classique », comme une sélection d'ouvrages et de revues sur la Révolution française.
D'ailleurs, en parlant de « révolution », notre base de données est en train de connaître certaines améliorations, pour l'instant invisibles du grand public, mais qui vont permettre d'échanger des informations sur nos collections avec d'autres institutions patrimoniales. Un projet de portail régional commun est même en préparation. Mais chut… nous vous en reparlerons bientôt.
Alors, en attendant, n'hésitez pas à profiter de la pause estivale pour consulter notre catalogue en ligne et, pourquoi pas, à venir nous rendre visite en salle de lecture !

Fac-similés de cartes de clubs révolutionnaires toulousains. - Ville de Toulouse, Archives municipales, 190W142/1.

Révolution'air !


juillet-août 2017

Les archivistes ont parfois leurs raisons que la raison ignore… ! Au hasard de mes pérégrinations dans nos magasins d'archives, je suis tombée un jour sur une boîte dont le contenu m'a plus qu'étonnée : un ensemble hétéroclite d'objets commémoratifs du bicentenaire de la Révolution française (aérosol judicieusement nommé « Parfum de Liberté », boîtes d'allumettes, sachets de sucres, cartes de jeu, tickets de métro parisien, serviette en papier, … !).

 Fac-similés de cartes de clubs révolutionnaires toulousains. - Ville de Toulouse, Archives municipales, 190W142/2.En poussant mes recherches un peu plus loin, il s'est avéré que cette boîte était issue d'un versement des Archives municipales elles-mêmes (les archives des Archives en quelque sorte). L'un de mes prédécesseurs, à une époque où je n'étais pas encore née, avait consciencieusement collecté un florilège de goodies (comme on dirait de nos jours) célébrant cet événement historique. Un seul d'entre-eux est véritablement en lien avec les fonds des Archives municipales : un fac-similé de cartes de clubs révolutionnaires toulousains dont l'original est effectivement conservé dans nos locaux dans le dossier 4S46. La boucle est bouclée !

DANS MA RUE


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Donjon du Capitole, les Archives municipales : salle du rez-de-chaussée avec sa voûte et les rayonnages d'archives, 1946. Photographie N&B, 13 x 18 cm. – Ville de Toulouse, Archives municipales, 2Fi1350.

Une tour pour protéger le trésor des capitouls


juillet-août 2017
Les consuls, constitués en assemblée pour la gestion de la ville depuis le milieu du 12e siècle, chargent en 1205 le notaire Guilhem Bernard, de transcrire tous les documents anciens touchant aux libertés fondamentales de la cité obtenues au fur et à mesure que s'affirme l'indépendance municipale (privilèges, coutumes, rachats de droits féodaux, statuts de la commune, propriétés, …). Deux recueils, un concernant le Bourg, l'autre la Cité, sont alors rédigés.
La conservation de ces documents, preuves irréfutables de ces droits difficilement acquis, était une nécessité pour les consuls, parfois en grande difficulté face aux rois, comtes ou seigneurs tentant de récupérer ou de contourner des privilèges concédés par leurs ancêtres !
 

 

Cette pratique est reprise de façon systématique 90 ans plus tard avec la rédaction des Annales manuscrites de la ville consignant chaque année les actes accomplis par les consuls durant leur charge. Cet ensemble, partiellement détruit à la Révolution, forme de nos jours une collection exceptionnelle de 12 grands livres racontant 500 ans de l'histoire capitulaire.
Au 16e siècle, moment où la ville est en pleine expansion économique, les édiles, qui se font alors appeler capitouls, décident de construire un bâtiment dont l'étage supérieur est réservé à la protection de ces documents : la tour des Archives. Bâtie entre 1525 et 1530, elle accueille au rez-de-chaussée une salle d'assemblée pour les capitouls, et à l'étage une pièce où est conservé ce trésor inestimable. Pour plus de sûreté, ce niveau n'est accessible que depuis l'extérieur par l'intermédiaire d'une tour d'escalier érigée en 1532 et d'un pont couvert reliant l'une à l'autre.


Entièrement restauré par l'architecte Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc dans le dernier quart du 19e siècle, cet édifice est occupé, depuis 1948, par l'office du tourisme.

SOUS LES PAVÉS


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Trophée de l'ancienne porte narbonnaise, copie du dessin de Servais Cornouaille publié par Antoine Noguier en 1556, extrait de Bernard Dupuy des Grais, Historia Tolosae, 1719-1720, Bibliothèque municipale de Toulouse, Ms 1254.

A-t-on trop fait pour célébrer la victoire ?


juillet-août 2017
Pour exalter la vertu guerrière, on avait l'habitude de présenter aux citoyens du monde romain un trophée après chaque victoire. Originellement, on choisissait un arbre qui était habillé avec les armes pris aux ennemis : casques, cuirasses, boucliers, lances… Mais pour pérenniser et diffuser ce message, on passait souvent au stade de la représentation, que ce soit sur des pièces de monnaies ou des bâtiments publics, où apparaissait aussi quelquefois l'image des vaincus dépouillés de leurs vêtements, assis et entravés au pied du tronc qui portait les preuves de leur défaite.
A Tolosa, c'était sur le fronton de la porte dite narbonnaise, à l'entrée sud de la ville romaine, que l'on pouvait voir un tel tropaeum sculpté dans la pierre. Enfoui et caché après l'Antiquité, il ne fut redécouvert que vers 1555, lorsqu'on entreprit de démolir le Château narbonnais qui avait remplacé, durant le Moyen Âge, la porte antique de même nom. Ce monument fut détruit dans la foulée mais, heureusement pour nous, décrit et représenté en gravure par Antoine Noguier dans son « Histoire tolosaine » de 1556, produisant ainsi le plus ancien rapport de fouille archéologique disponible pour Toulouse.

EN LIGNE


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Bâtiment des Archives municipales de Toulouse. 2 rue des Archives. 29 juillet 2016. Entrée des Archives, extrait du reportage photographique de 64 clichés de l'intérieur et l'extérieur du bâtiment des Archives. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num33.

Déconnectez-vous, bougez-vous, on fait le reste


juillet-août 2017

On ne cesse de nous parler de dématérialisation, d'en vanter les mérites et de nous promettre de pouvoir accéder à tout depuis notre fauteuil ou notre transat de plage. Le progrès, qu'il soit souhaitable ou pas, il faut faire avec : on suit la vague ou on surfe dessus.

Mais il ne faut pourtant pas croire qu'on va tout vous apporter, là, à domicile, sur un plateau entre votre joystick, votre zapette et votre modem (je crois qu'on dit box maintenant). On a désormais la chance infinie de pouvoir payer nos impôts en ligne, sans même bouger le petit doigt ; on peut faire nos achats et même vider notre compte bancaire via un écran, puis notre dîner (et pas qu'une pizza) peut nous être livré sans même qu'on ait eu à se lever du fauteuil de la journée.
C'est beau le progrès.

Les Archives n'échappent pas au progrès non plus (quelquefois même elles le précèdent, mais ça on en reparlera), et derrière votre écran vous avez accès directement aux délibérations des capitouls puis du maire depuis le 14e siècle jusqu'au 21e, à tout l'état civil, de quoi remonter jusqu'à François 1er si besoin, aux cadastres successifs de la ville [2. FINANCES, IMPOTS, CADASTRE], à des milliers d'images anciennes, vous avez même accès à l'intégralité du procès Calas et aux bas-fonds.
Vous avez fait le tour de tout ça ? Malheureux ! Ce n'est rien, ce n'est qu'une fraction des archives de la ville que nous conservons dans notre réservoir de mémoire.
Alors cet été, laissez de côté votre boîte à pizza, débranchez-vous et prenez le chemin des Archives dès la réouverture le 1er août.
En salle de lecture, vous verrez des gens, des vrais. Vous toucherez du papier (pas la peine de le tripoter non plus) et peut-être même un bout de parchemin. La maison vous offrira même un crayon de bois collector. Et puis vous entrerez dans un monde virtuel que votre ordinateur ne peut même pas imaginer : celui qui vous permet de faire revivre le passé, celui des rues encore pavées, des remparts qui ceignent la ville, celui des veaux et poulets qui déambulent rue de la Pomme ou ailleurs.