Le 10 avril 1814 se livrait sous les murs de Toulouse, la dernière bataille de l’Empire. D’aucuns ont pu la qualifier d’absurde car elle se déroula quelques jours après l’abdication de Napoléon 1er. En outre, cet affrontement s’acheva sans que l’on sache vraiment qui avait gagné ou perdu du maréchal Soult, commandant des armées impériales et du duc de Welington à la tête des troupes de la coalition anglo-hispano-portugaise.
Ces derniers feux de l’Empire ont involontairement jeté une ombre sur une autre bataille qui eu lieu sur le même théâtre plus de mille ans auparavant. C’est en effet le 9 juin 721 que le duc Eudes d’Aquitaine, aidé par des mercenaires vascons, ainsi que de combattants francs de Neustrie et de Bourgogne, mirent en déroute pour la première fois l’armée du gouverneur omeyyade Al-Samh ibn Malik al-Khawlani qui assiégeait Toulouse. Victoire qui fut presque aussi importante que celle de Charles Martel à Poitiers neuf ans plus tard mais un peu oblitérée par cette dernière.
Enfin, La Bataille de Toulouse est aussi le titre d’un roman de l’écrivain toulousain José Cabanis où le narrateur souhaite utiliser la bataille impériale comme point de départ d’un cycle romanesque mais demeure obsédé par la femme qui vient de s’éloigner de lui. Apprenant que son ouvrage était en lice dans la lutte pour l’obtention d’un prix littéraire en 1966, l’auteur fit savoir au jury du grand prix de l’Académie française qu’il n’était pas intéressé, pour préserver ses chances d’obtenir le Goncourt. Grand mal lui en prit car il n’eut ni l’un ni l’autre, mais reçut finalement le prix Renaudot. En littérature comme ailleurs, pour atteindre ses objectifs, c’est une bataille après l’autre.