Gâteau des rois chez les Ariègeois, 1960, tirage N&B, 10,5 x 14,5 cm. Emile Godefroy – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 19Fi6526
janvier 2026
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C'est pas de la tarte !
Il est fascinant de constater combien les traditions ont la vie dure. On associe généralement le rite de la galette des rois au culte des trois mages de la tradition chrétienne. Mais son origine est à chercher ailleurs, dans l’héritage païen romain. En effet lors des fêtes Saturnales, qui se déroulaient lors de la semaine du solstice d’hiver, un esclave était désigné seigneur d’un jour et pouvait durant cette période exaucer tous ses souhaits.
Comme souvent, le syncrétisme aidant, la tradition a été intégrée au nouvel ordre religieux et l’éphémère monarque est devenu le symbole des mages Melchior, Gaspard et Balthazar devenus à cette occasion rois. Choisi par l’entremise d’une fève, là aussi provenant des usages du vote à la romaine, dissimulé dans un gâteau le fugace souverain à vu son pouvoir s’amenuiser nettement.
Avec les années la tradition s’est sécularisée et la galette s’est progressivement émancipée du signifiant religieux. Mais il existe des particularités locales. Ainsi, au nord d’une ligne allant de La Rochelle à Grenoble la frangipane règne en maître, alors que dans le sud la brioche fait de la résistance. J’ai récemment réalisé combien celle que l’on appelle par ici la « Limoux » de par sa forme circulaire et son centre évidé, décorée de fruits confits aux multiples couleurs, ressemblait effectivement à une couronne royale ornementée de pierres précieuses.