- Et là c’est tatie Yvonne, à l’époque où cousin Jean-Pierre faisait son service militaire à Colmar. Tu l’as connue toi tatie Yvonne ?
- Euh, non…
- Et cousin Jean-Pierre
- Non, plus
Qui n’a jamais vécu ces après-midi sépia passées au côté d’un aïeul armé de moult albums photographiques, à grignoter des gâteaux secs-mous, à voir des visages, écouter des vies de personnes inconnues. C’était parfois un peu languissant. Mais on est aujourd’hui rudement content d’avoir conservé ces archives de famille. Certes, on ne reconnaît pas forcément le grand-oncle Alfred qui était parti faire fortune en Amérique, mais ces clichés, souvent flous parce que le petit ou la mamie n’a pas tenu la pose, sont propices à la rêverie généalogique. Et si Victor s’était marié avec Adélaïde, sa petite fiancée du village, plutôt qu’avec Renée rencontrée sur les bancs de l’école de médecine de Montpellier, serions-nous là pour en parler ?
En hommage donc à nos ancêtres, nos parents et proches, ainsi qu’aux longues soirées de vacances sans écrans, sans téléphone, ni même électricité (esprit du Butagaz es-tu là ?), je vous propose de dérouler le sommaire du n° 174 d’Arcanes sous forme d’un jeu des 7 familles.
Pour commencer, dans la famille Mitrailleurs je voudrais, le papa Rizzi, vous savez celui qui lors des anniversaires, mariages et autres célébrations, dégaine son Kodak pour un oui ou pour un non. Sur le moment c’est un peu épuisant, surtout pour lui, mais finalement on est bien content de recevoir ses tirages sous-exposés.
Ensuite, dans la famille Giscard, je voudrais l’arrière-petit-fils, Joseph, dernier rejeton d’une lignée de statuaires en céramique initiée par Jean-Baptiste. Nous lui devons l’entrée des archives de cette fabrique, installée rue de Colonne et active des années 1850 à la fin du 20e siècle, dans les collections municipales.
En ce qui concerne la famille Apostolique, étrange lignage composé uniquement d’hommes, je voudrais le père, mais il y en a tant. Appelons-le Hyacinthe qui, comme ses frères, tenait les registres de baptêmes, mariages et sépultures des paroisses sous l’Ancien Régime. Tâche qui fut poursuivie par les officiers d’état civil et qui est si utile aux généalogistes.
Dans la famille Tracemurs, je voudrais le neveu Urbain Vitry (1802-1863), architecte de la ville, dont l’oncle Jacques-Pascal Virebent occupa la même charge durant plusieurs décennies, sans parler des frères et beaux-frères de ces derniers, qui étaient aussi du bâtiment. Il semble que le népotisme n’était pas un vain mot chez les adeptes du compas et de l’équerre.
Dans la famille Chasseurs-d’os, je voudrais les arrière-grands-parents, Henri Begouën et Joseph Vézian, qui outre leurs gènes ont transmis la passion de la préhistoire à leur descendance ainsi que quelques grottes.
Pour terminer dans la famille Faiseurs-d’arbres, je voudrais tous les greffons et rejetons numériques qui vous permettront de réaliser votre généalogie « en chantant », comme dirait Michel.